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plan économique

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C’est manifestement au plan économique que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est le plus attendu. Après quelques semaines, il a commencé à s’y investir sans cependant entrer dans le vif du sujet. Samedi, il a réuni un parterre d’acteurs économiques du pays, certes pour solliciter leurs avis sur ce qu’il importe de faire pour relancer la machine économique grippée et surtout ce qu’ils peuvent et entendre faire pour sortir de l’ornière, mais essentiellement pour leur égrener des préconisations, appels et exhortations, les incitant à investir dans les régions de l’intérieur. C’était comme s’il s’employait à prêcher des convaincus, alors que tout le monde attendait des mesures pratiques et concrètes à la faveur desquelles il sera loisible de s’atteler à la tâche et donner à l’acte d’investir toute la pertinence et la garantie au sceau desquelles il doit être frappé.
Il est vrai que l’architecture globale de la thérapie économique n’est pas encore au point, nécessitant diagnostics, minutieuse élaboration, arbitrages, financements et bien d’autres mécanismes, mais il y a des urgences qu’il y a rigoureusement lieu de gérer par des dispositifs tout aussi urgents et appropriés alors qu’une rentrée politique, sociale et économique pas comme les autres arrive à grands pas. Et il est essentiel pour le gouvernement de l’anticiper même avec les moyens du bord, pour ne pas se retrouver dans la posture de sapeur-pompier, occupé uniquement à chercher des approches réactives pas toujours efficaces et décisives.
Gouverner, c’est prévoir, a-t-on l’habitude de dire et la lucidité de faire. S’y ajoute nécessairement de l’imagination, beaucoup d’imagination, en sortant des sentiers battus dans lesquels se sont enserrés les multiples gouvernements qui se sont succédé depuis janvier 2011, et qui, faute de donner aux Tunisiens même une esquisse d’issue à leurs multiples et graves problèmes, n’ont fait que les laisser en l’état voire les aggraver. Certes, il y a de « douloureuses mesures » qu’il sera inévitable de mettre en œuvre, il est vrai aussi que de très fortes résistances vont devoir les contrer, mais, il est tout aussi impérieux que l’Etat sache et puisse avoir les moyens de sa politique. Et ceci ne peut reposer que sur le socle de l’autorité qui est naturellement la sienne, que lui reconnaissent  la Constitution et les lois du pays et qu’il est sommé d’exercer, surtout lorsque la sécurité économique et sociale de la Nation est en péril. C’est en effet notoirement le cas depuis des années, et les pouvoirs publics, très souvent frileux et pusillanimes, ont fréquemment et au bout du compte, capitulé devant la montée des revendications, d’ailleurs pas toujours fondées. C’est de la rigueur, raisonnée et raisonnable, que le gouvernement a besoin pour faire passer ses décisions incontestablement nécessaires pour permettre au pays d’aller au charbon, faire ce qu’il a à faire pour se donner les moyens de se redresser.
La priorité des priorités
Youssef Chahed a élevé la relance au rang de priorité des priorités. C’est dans l’ordre des choses dans un pays où la croissance flirte avec la valeur nulle, où le chômage n’a pas bougé d’un iota et empire même, où la corruption n’a rien perdu de son caractère endémique, où L’Etat, avec des caisses qui fondent comme beurre au soleil, peine à garder son train et vaquer à ses obligations, un Etat qui s’endette encore et toujours,  non pour lancer des projets créateurs d’emplois mais pour payer ceux qui en ont déjà. Un état des lieux qui appelle plus que les « mesures douloureuses » dont le nouveau chef du gouvernement a fait un crédo. Il faut que les Tunisiens, les politiques, les syndicats, la société civile et tous les corps nationaux s’affranchissent de toutes les formes de démission dans lesquelles ils ont pris l’habitude de végéter au risque de laisser leur pays en friches et à l’abandon.
Tout en ne doutant point que Youssef Chahed réalise combien sont graves les défis auxquels son gouvernement fait face, il a l’obligation ardente de sonder par tous les biais les moyens de relever, surtout de bien les relever, en affirmant qu’il lui appartient d’être aux commandes du bateau-amiral, loin, bien loin des menées des partis politiques aux sombres desseins électoraux et aux menées qu’ils fomentent insidieusement pour se maintenir au pouvoir ou le conquérir.

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Sur le plan économique, l’année 2015 était réellement une année ratée, les attentats du Bardo et de Sousse ainsi que d’autres facteurs sur lesquels il n’y a pas lieu de revenir ont frappé de plein fouet les fondamentaux de notre économie, qui malheureusement n’a pu profiter ni de la baisse des cours des matières premières et du pétrole, ni de la récolte exceptionnelle et record de l’huile d’olive. Une croissance désespérément faible, des investissements en chute libre, tout comme l’épargne et le cours du dinar, un déficit de la balance commerciale…

Tout l’espoir a été porté sur l’année 2016, censée mettre fin à cette spirale de la « médiocrité des performances économiques », un espoir confirmé par le FMI et la Banque Mondiale déclarant un raffermissement de la croissance. Celle-ci enregistrera un rebond significatif grâce à un regain des exportations et des investissements, ce qui laisse entendre, selon les données budgétaires, que l’année 2016 sera une année de décollage. Le sera-t-elle réellement au vu des résultats enregistrées à mi parcours, c’est-à-dire au titre des six premiers mois de l’année 2016 ?

L’analyse des résultats de l’exécution du budget au 30 juin 2016, ci-après présentée, nous permettra de répondre à cette question.

  • RESSOURCES PROPRES ET DEPENSES DE FONCTIONNEMENT

La variation de ces indicateurs peut s’analyser comme suit :

30 Juin%
20162015
Ressources Propres 10.92310.1597,5%
Recettes fiscales9.3059.2750,3%
Recettes non fiscales1.61888483%
Dépenses de Fonctionnement10.2148.64918%
Rémunérations publiques6.8055.75418,3%
Biens et services541548-1,4%
Interventions et transferts1.8301.46525%
Intérêts des dettes1.03888217,6%

De ce tableau, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :

  • L’excédent des ressources propres sur les dépenses courantes n’est que de 709 MD (contre 1.510 MDT en 2015), cet excédent est censé couvrir les dépenses d’investissement et le remboursement du principal de la dette s’élevant respectivement à 2.304 MDT et 1.424 MDT.
  • Les recettes non fiscales incluent des recettes provenant des biens confisqués (70 MDT), des recettes de privatisation (397 MDT) et des produits de la concession 4G (431 MDT).

N’eussent été ces ressources exceptionnelles, l’excédent des ressources propres sur les dépenses courantes aurait été négatif. Cela est expliqué principalement par la modicité de l’augmentation des ressources fiscales, qui n’a été que de 0,3%, confirmant mes dires dans un précédent article : « les recettes fiscales rentrent mal ».

  • Les recettes fiscales au 30 juin 2016 représentent 45% des celles budgétisées au titre de toute l’année 2016, contre 50% en 2015. Cela est d’autant plus inquiétant que les recettes fiscales au titre de la TVA ont enregistré une baisse de 0,8% par rapport à 2015. Cet indicateur nous fournit déjà une idée sur ce que sera le taux de croissance du premier semestre 2016.
  • La palme d’or dans l’envolée des dépenses de fonctionnement de l’administration, revient comme à l’accoutumée, aux rémunérations publiques avec un montant de 6.804 MDT et une augmentation de 18,3% par rapport à 2015. Ce montant représente :
  • 52% du montant budgétisé au titre de 2016
  • 62% des ressources propres, contre 57% en 2015.
  • Le montant des rémunérations servies durant les 12 mois de toute l’année 2010 (6.825 MDT).
  • DEFICIT BUDGETAIRE

L’excédent des ressources propres sur les dépenses courantes, ci-avant déterminé, ne couvre pas les dépenses d’investissements et le remboursement du principal des emprunts. De ce fait, il a été fait recours à des ressources d’emprunt et de trésorerie pour un montant de 3.148 MDT.

L’endettement additionnel (déblocage moins remboursement) s’élève à 1.724 MDT. Sachant que les recettes de cession des biens confisqués et de privatisation s’élèvent respectivement à 70 MDT et 397 MDT.

Le déficit budgétaire s’établit à 2.191 MDT, selon le document publié par le ministère des Finances. Ce déficit appelle les remarques suivantes :

  • La recette provenant de la concession 4 G s’élevant à 431 MDT a été considérée comme recette ordinaire et n’a pas été incluse, par conséquent, dans le montant du déficit budgétaire.

Or, si l’on considère cette ressource comme exceptionnelle à l’instar des recettes de privatisation, le déficit budgétaire aurait été de 2.622 MDT.

  • Le déficit budgétaire du premier semestre 2016 s’élevant à 2.191 MDT, représente 60% du montant du déficit de l’année 2016 (12 mois) prévu pour un montant de 3.664 MDT.
  • Le déficit budgétaire du premier semestre 2016 s’élevant à 2.191 MDT a enregistré une augmentation 2.005 MDT, par rapport à la même période de l’année 2015 s’élevant à 186 MDT.
  • LES RESSOURCES D’EMPRUNT

Les ressources d’emprunt (déblocages de la période) s’élevant à la clôture du premier semestre 2016 à 2.745 MDT, contre 1.390 MDT à la même période de l’année passée.

Les dettes publiques s’analysent comme suit :

20162015
fin juinfin décembre (selon budget)fin juinfin décembre
Encours Total de la Dette52.14350.35441.53946.107
Dette intérieure18.48517.02015.06816.209
Dette extérieure33.65933.33426.47029.898

De ce tableau, nous pouvons relever les constatations suivantes :

  • L’encours total de la dette au 30 juin 2016 (52.143 MDT) dépasse de 1.789 MDT le montant total budgétisé au titre de toute l’année 2016.
  • L’encours total de la dette au 30 juin 2016 a enregistré une augmentation de 25,6% par rapport à celui de la même période de l’année 2015, alors que l’augmentation prévue par le budget de l’année 2016, n’est que de 9,2%.

CONCLUSION

Les chiffres sont là, avérés et indubitables, ils parlent d’eux-mêmes et démontrent clairement et sans ambages que l’économie manque d’oxygène, et risque d’être totalement asphyxiée.

L’objectif de cette note n’est ni de dramatiser ni de semer la panique et l’angoisse parmi le peuple, déjà tétanisé et apeuré. Je n’ajouterai rien en répétant pour la énième fois que notre pays vit un marasme sans précédent et qu’il affronte un problème monstrueux d’un ETAT QUI FONCTIONNE TRES MAL.

Mon but étant de lancer un « massage de détresse » et d’appeler haut et fort les premiers responsables à la tête du pouvoir à agir vite, TRES VITE même. Ce n’est plus le temps des « spéculations » sur les noms, des tractations, des compromis, d’interminables concertations… On est sur un flacon de neige, faute de mesures prises dans les jours qui suivent, il fondera.

Faut-il rappeler l’adage disant « celui qui perd son temps se perd lui-même », en précisant que le temps de réaction ne se compte ni en mois, ni en semaines, mais plutôt en jours ! Cette crise qui atteint déjà son paroxysme nous enfoncera encore plus dans un gouffre sans issue si l’on ne réagit pas immédiatement et au plus vite.

Nos responsables pourront encore reprendre la main, mais ils ne le pourront pas très longtemps, lorsque la seule consolation sera de se rappeler la réaction du leader Bourguiba aux accords d’Oslo, qui avait dit : « Trop peu, trop tard ».

Fayçal DERBEL

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