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Jamais dans nulle  république et à plus forte raison celle de ladite «révolution du jasmin » ou encore du «printemps arabe», on n’aura vu une armée de policiers violer toutes les lois qu’ils étaient censés protéger et faire respecter, et envahir de force le symbole de l’autorité de l’Etat qu’est le palais du gouvernement à la Kasbah. Une action, dont les conditions et les slogans ressemblaient plus à une tentative de putsch policier qui ne disait pas son nom qu’à une manifestation pour revendiquer une augmentation salariale. Les forces de l’ordre qui scandent «Dégage» au chef du gouvernement sur le perron de son siège, cela ne peut s’appeler autre chose qu’une tentative de putsch policier, le second corps armé du pays.

Des forces de l’ordre, théoriquement gardiens du temple de la démocratie dont la devise est «ordre, liberté, justice et dignité» qui s’insurgent de la sorte, c’est d’abord une atteinte flagrante à la Constitution. L’article 36 de la constitution de 2014 l’affirme, «le droit syndical est garanti, y compris le droit de grève. Ce droit ne s’applique pas à l’Armée nationale. Le droit de grève ne comprend pas les forces de sécurité intérieure et la douane». Faire grève ou même menacer de le faire est une atteinte à la Constitution. Revendiquer son droit, cela doit se faire dans l’ordre et sans atteinte à l’autorité de l’Etat que les manifestants ont bafouée et foulée aux pieds. Et lorsque le gardien de l’application des lois les foules, il donne la preuve qu’elles peuvent être impunément bafouées et devient, lui, disqualifié pour les faire appliquer et encore moins en exiger l’application au nom de la même autorité de l’Etat qu’il venait de bafouer. Des policiers qui ont aussi usé de la force pour franchir les barbelés, envahir une enceinte du palais du gouvernement, normalement strictement interdite de passage, jusqu’à introduire un gros véhicule pour manifester bruyamment leur colère sur son toit.

Enfin la dignité, celle du symbole de cet Etat qu’est le chef du gouvernement, dont les manifestants policiers demandaient la tête en scandant «dégage», ensuite celle des membres du cabinet du même chef du gouvernement qu’ils ont traités de tous les noms.  Enfin et pas des moindres, cette violation flagrante des dispositions de l’état d’urgence. Comment serait-il alors possible d’en vouloir  à d’autres manifestants de le faire. Tout cela, sans compter «l’incitation au trouble » et l’atteinte à l’ordre public que les mêmes forces de l’ordre sont censées protéger.

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A voir les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux de cette manifestation d’agents de l’ordre qui «scandent  des slogans politiques et profèrent des menaces et des propos blasphématoires», comme l’affirme le communiqué de la Primature, en dit long sur le désordre des forces de l’ordre qui piétinent l’ordre et les lois et renvoient forcément  l’image d’une «République bananière».

Des images qui appellent certaines mesures. La première a déjà été prise par la présidence du gouvernement  qui a déclaré, dès samedi dernier, «avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis 1, aux fins d’engager des poursuites judiciaires contre les dirigeants du Syndicat national des forces de sécurité intérieure », qui seront «poursuivis pour avoir envahi les locaux de la primature à la Kasbah, scandé des slogans politiques, brandi des menaces de désobéissance et proféré des propos immoraux qui portent atteinte au prestige de l’Etat et à ses institutions ».

Il faut rappeler que ces forces de l’ordre étaient en sit-in depuis jeudi place de la Kasbah pour des revendications sociales et professionnelles. Des revendications qui ont déjà été satisfaites lors de discussions, antérieures avec un autre syndicat des mêmes forces de l’ordre. Mais comme le syndicalisme est aussi devenu pluriel, c’est manifestement à une surenchère que se livrent désormais les différentes organisations syndicales du corps sécuritaire, organisateurs de l’invasion de la Kasbah, dite aussi «conquête du lampadaire».

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