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La politique

La politique, l’économie, la diplomatie, les beaux-arts et bien d’autres secteurs sont régis par des règles qui font leur spécificité et déterminent leur nature propre. L’activité dans chacun de ces secteurs répond donc à des exigences bien particulières, que les parties prenantes se doivent de respecter pour réussir.

Le secteur économique et les activités qui s’y attachent, sont encadrés par des lois contraignantes que l’entreprise économique aussi bien que les responsables de la planification et de la gestion macroéconomique sont tenus de s’y conformer rigoureusement, sous peine de provoquer des déséquilibres générateurs de crises et de pénuries.

Ces lois se vérifient dans les périodes d’évolution normale des sociétés et des économies. Leur effet peut être parfois suspendu, lorsque les sociétés traversent des phases exceptionnelles, comme les révolutions ou les grandes crises, mais on doit s’y conformer, dès les premiers signes du retour à la normale, en vue d’entamer les efforts pour redresser les déséquilibres et les anomalies et permettre aux lois de l’évolution d’agir pleinement.

Le retard pris par la société tunisienne pour revenir à une évolution normale, a amené les gouvernements successifs depuis la révolution (Mohammed Ghannouchi, Béji Caïd Essebsi, Hamadi Jebali et Ali Laarayedh), à adopter des politiques qui ne tiennent pas compte des règles qui régissent les secteurs les plus importants . Le chômage, et son paradigme l’emploi qui sont la résultante des politiques de développement, sont devenus avec les programmes “Amal» et “la prime pour la recherche de l’emploi ” de simples mesures sociales, qui ne tiennent pas compte de la réalité économique. Les équilibres financiers des entreprises publiques réalisés, depuis deux décennies, au prix de grands sacrifices de la collectivité nationale, ont été négligés sous la pression de l’environnement de ces entreprises, et de la centrale syndicale, l’UGTT. Les normes de la production et leur corollaire, la productivité dont la hausse d’un plan quinquennal à un autre , était un des objectifs nationaux ,sont devenus un sujet tabou qu’on ne doit pas évoquer ni devant les partenaires sociaux , ni devant l’opinion publique .

Le problème de la hausse des prix, qui se décline dans une spirale vertigineuse de l’inflation , n’a cessé de désarçonner le Gouvernement , la Banque Centrale et échauder le citoyen, poussant le Gouvernement Laarayedh à adopter des mesures de réduction artificielle ,allant de 5 à 25% ,des prix de 9 produits de base (pomme de terre , œufs ,produits laitiers et fromage ,eaux minérales, viande ovine et bovine ,huiles végétales non subventionnées ,conserves de thon et détergents ). Or , ces produits qui pèsent beaucoup dans le couffin de la ménagère, ne sont pas subventionnés ,et sont l’apanage des secteurs concurrentiels , dont les principaux opérateurs sont des privés , soumis à la loi de l’offre et de la demande , et subissant de plein fouet les contrecoups de la l’instabilité interne ,et la récession économique internationale .Ces réductions des prix décidées par l’administration comme au temps du collectivisme socialiste, vont certainement provoquer des effets négatifs sur les statuts et les performances de ces entreprises .

On est, donc, en train de remédier à un mal dans la société et chez le citoyen ( l’inflation et la cherté de la vie) , en provoquant une nouvelle maladie chez l’entreprise privée soumise à la concurrence et à la loi du marché .

Les mesures qui devraient être prises à ce niveau, toucheraient l’importation partielle de quelques produits, la constitution de stocks régulateurs, l’aide aux producteurs pour produire plus et moins cher, et non pour bloquer les prix et les baisser par des décisions administratives .

Les dégâts que va subir le secteur privé qui opère dans l’agroalimentaire et dans l’élevage, vont nécessiter une contrepartie financière ou fiscale , ce qui va réduire d’autant sinon davantage les recettes de l’Etat , et lui imposer de nouveaux sacrifices pour subventionner cette politique volontariste .

Ces mesures s’ajoutent à des séries de décisions et mesures adoptées depuis la révolution, en vue de réagir à chaud à des situations difficiles à gérer. Seulement, ces choix ,qui avaient , lors de leur adoption , un caractère momentané et passager , sont en train de se transformer , sous l’effet de la prolongation de la période transitoire , et de l’instabilité qui va avec , en mesures durables .

Le provisoire qui dure, mais qui demande toujours plus des correctifs budgétaires, et un engagement financier supplémentaire de l’Etat. Cette politique économique volontariste devrait s’inscrire, soit dans une incapacité de discerner les priorités et les exigences pour sortir du cercle vicieux endémique et handicapant (cherté de la vie , revendications salariales ) , soit relever d’un choix délibéré qui élude la logique économique et sa loi d’airain , pour sacrifier ce qui reste d’efficace et de pertinent dans l’économie tunisienne, sur l’autel d’une campagne électorale qui ne dit toujours pas son nom .

Aboussaoud Hmidi

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