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L’espace politico-médiatique, qui adore fabriquer des sujets qui cristallisent tous les regards des citoyens, tient son dada du moment : Le portrait-robot du prochain chef du gouvernement. Lazhar Akremi, dirigeant et membre constitutif de Nidaa Tounes, après avoir scellé le sort de l’actuel chef du gouvernement, Habib Essid, y est allé de sa vision de l’oiseau rare hier lundi 06 juin 2016 sur Mosaïque Fm. Ce mardi, sur Express Fm, c’est au tour de l’éminent statisticien Hassen Zargouni, directeur général de Sigma Conseil, de mettre son grain de sel dans le débat en livrant sa conception de cet être, c’est le cas de le dire, hors normes pour présider aux destinées de la Tunisie. Et le moins qu’on puisse dire est que Zargouni a bien chargé la barque du prochain occupant du palais de la Kasbah.

Le directeur de Sigma a déclaré que le candidat idéal doit nécessairement être intègre, libre de toute influence des lobbies et sans aucun lien avec des personnalités corrompues susceptibles de peser dans ses décisions. Il a ajouté que le prochain Premier ministre devra faire la démonstration de sa rigueur, beaucoup de rigueur et de son abnégation pour pouvoir débloquer et mener à leur terme les projets de développement et d’intérêt public.
« Le chef du gouvernement se veut être un stratège qui se fie aux indicateurs à travers la mise en place d’un tableau de bord, il doit aussi exceller dans la communication en rendant compte au peuple de l’avancement de toutes les actions à entreprendre et des résultats prévus et obtenus », a-t-il déclaré.

Le fondateur du parti Al Joumhouri, Ahmed Néjib Chebbi, sur Express Fm ce matin, a proposé ses services pour ce job hors normes de chef du gouvernement, si on veut bien le lui confier. En a-t-il les épaules ? Nous n’allons pas trop épiloguer sur ce point, chacun se fera son opinion. Et puis par ailleurs vous pouvez toujours temporiser avant de faire votre choix, d’ici peu il y aura une pléthore de postulants pour cette fonction très ingrate mais étrangement très convoitée. Allez savoir pourquoi. Peut-être un brin de masochisme chez les candidats, ou bien un pouvoir d’attraction du fauteuil de Premier ministre plus fort que les désagréments qui lui sont inhérents. Mais la question que nous nous posons, ici et maintenant, c’est est-ce que la Tunisie n’est pas en train de filer du mauvais coton en s’accoutumant à ces coups de fouet – changements institutionnels – pour trouver les ressorts de sa marche vers l’avant, un peu comme quand on a besoin d’une bonne tape pour se réveiller.

La pente glissante des chocs psychologiques

Le propos était de Rached Ghannouchi, leader du mouvement Ennahdha. En évoquant la proposition du président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour un gouvernement d’union nationale, il a déclaré que finalement ça pourrait être un choc psychologique positif pour le pays. C’est un peu court comme argumentaire. S’il suffisait de procéder à des chocs pour faire avancer une nation, cela se saurait. Et puis par ailleurs des thérapies par le choc, le pays en a eues. Le gouvernement de Mehdi Jomaa, après les errements et les tâtonnements au sommet de l’Etat, sous la Troïka, c’en était une. Les élections qui s’en sont suivies, avec le choix d’une majorité pour piloter le pays, c’en était une. Le dialogue national sur l’emploi dont on a dit ici même que ça n’allait déboucher sur rien pour des tas de raison, c’en était une. Et maintenant cette affaire de gouvernement d’union nationale…

Le souci avec les chocs psychologiques, c’est que, comme tous les médicaments dont on abuse, ça finit par perdre son effet thérapeutique. En l’occurrence pour le cas qui nous préoccupe, la Tunisie a reçu beaucoup de chocs psychologiques pour le résultat que l’on sait. La preuve, on est obligé de recommencer, avec la tentation très forte de renverser la table pour la dresser de nouveau, en changeant le commandant du bateau. Si on regarde cela par l’autre bout de la lorgnette, il est possible qu’on ait affaire à une crise politique latente, larvée et d’autant plus dangereuse qu’elle ne fait pas de bruit, qu’on a l’impression qu’on maitrise encore les choses, puisqu’il suffit de couper des têtes, les plus hautes, pour que tout redevienne possible, comme dans la cour des miracles.

Puisque le jus est tiré et qu’il semble qu’il faille le boire, reste à savoir si ces tractations autour de la désignation d’un nouveau Premier ministre vont s’éterniser. Le cas échéant ce serait le pire service qu’on puisse rendre à l’économie de ce pays déjà exsangue et qui vit des perfusions des institutions internationales. Sans parler de la stabilité sociale et sécuritaire. Par ailleurs une incertitude politique prolongée, entretenue par ce goût immodéré des dirigeants tunisiens pour les conciliabules, le dialogue au lieu de se jeter corps et âmes dans cette montagne de travail qui les attend, serait d’un très mauvais effet chez les partenaires étrangers dont la Tunisie dépend tant.

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