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L’exploitation de la première tranche du projet du réseau ferroviaire rapide (RFR) a été reportée pour juillet 2017 au lieu de juillet 2016. Plusieurs raisons sont derrière ce report. Dans une interview accordée à Africanmanager

L’exploitation de la première tranche du projet du réseau ferroviaire rapide (RFR) a été reportée pour juillet 2017 au lieu de juillet 2016. Plusieurs raisons sont derrière ce report. Dans une interview accordée à Africanmanager, Rachid Zaier PDG de la société RFR qui se charge du projet a expliqué que ce retard est dû principalement à la Révolution qui a amplifié les problèmes fonciers et a rendu difficile l’application des décisions de justice impliquant l’expulsion des habitants.

Des difficultés relatives essentiellement, aux droits d’expropriation, l’octroi de la mainlevée sur le domaine public au réseau ferroviaire ont entravé l’exécution du projet. A cela s’ajoute l’urgence d’appliquer la loi et les décisions de la justice pour enlever les kiosques et les constructions anarchiques installés sur le tracé du projet et faire sortir certains propriétaires qui ont obtenu leurs dûs mais refusent toujours de quitter les habitations qu’ils occupent.

Selon lui, plusieurs habitants ont été indemnisés depuis l’année 2010, mais ils ont refusé de quitter leurs domiciles. Ce scénario a été observé dans plusieurs régions notamment à Cité Helel et à Gobaâ. Selon le PDG l’un des tracés de projet a nécessité l’expropriation de 17 logements à cité Helel, soulignant cependant que tous les problèmes ont été résolus avec ces logements et il ne reste qu’un citoyen qui a refusé encore de quitter son domicile alors qu’il n’a pas de titre de propriété et ne peut pas être indemnisé sur un terrain qui ne lui appartient pas. Le terrain s’étale sur 150 m2.

Le problème se pose également avec trois stations de services à savoir Staroil, total et Shell qui nécessitent une déviation.

Il a précisé dans ce cadre, que l’Etat a mobilisé 25 Millions de dinars au titre d’indemnisation des propriétaires de terrains, or selon les prévisions de la société, les besoins sont évalués à 35MD. Le PDG indique que 135 dossiers relatifs à des affaires foncières ont été enregistrés à la Mannouba et 112 autres à Tunis, précisant qu’une bonne partie de ces dossiers a été résolue alors que d’autres sont toujours en cours.

Le PDG du RFR a affirmé, en outre, que le retard a été causé par les mouvements sociaux qui ont accablé l’es entreprises chargées de l’exécution du projet, affectant leur compétitivité et leur rendement. En outre, il a insisté sur la lourdeur et la complexité des procédures d’acquisition des terrains, citant l’exemple du décret d’expropriation des terrains sur la Ligne (A) qui tarde encore à voir le jour. A cela s’ajoutent les difficultés dues à la déviation des réseaux de la SONEDE, de la STEG et de l’ONAS.

En dépit de ces difficultés, Rachid Zaier a reconnu que les choses sont en train d’évoluer, et ce depuis plus de 7 mois, notamment après la création d’une commission nationale chargée du suivi des projets bloqués et la création d’un comité de pilotage de projet au niveau du ministère du Transport chargé du suivi des aspects juridiques du projet. Les gouverneurs notamment de Tunis et de la Mannouba sont de plus en plus impliqués dans ce projet , indique le PDG du RFR, estimant que le démarrage du RFR en 2017 est un grand pas pour la Tunisie.

Evoquant la deuxième tranche du projet, le PDG nous a indiqué que les études pour la deuxième tranche du projet sont en cours et que sa mise en exploitation est prévue pour l’année 2021.

S’agissant des pertes, il a indiqué que ce projet aurait procuré à l’Etat des investissements d’une valeur de 27 millions de dinars par an suite à la minimisation du recours à l’utilisation des bus. Ce projet aurait également réduit les heures de transport pour les voyageurs, d’environ 29 millions d’heures par an.

En effet, quelque 2 millions d’habitants devraient bénéficier de ce projet ferroviaire qui s’étend sur 86 kilomètres et comporte trois stations principales : Place Barcelone, Tunis Marine et la station de Moncef Bey.

Créée en 2007, la société du Réseau Ferroviaire de Tunis (RFR) est chargée de la poursuite des études des réseaux de transport collectif du Grand Tunis et de la réalisation du RFR pour le développement d’un système de transport collectif performant. L’objectif est de répondre à la forte demande de déplacement, développer un système de transport multimodal et participer à la réduction de la part du transport individuel qui est de nature de réduire la pollution, à protéger les espaces publics.

L’idée est de mettre en exploitation une première tranche du réseau de 18,5Km qui s’étale sur 5 lignes à savoir la Ligne (A) : Tunis-Hammam Lif Borj Cedria : (23 Km), la Ligne (C) : Tunis Moncef Bey -Fouchana-Mehamdia : (19,5km), la Ligne (D) : Tunis Moncef Bey-Manouba-Gobâa-Mnihla : (19,2Km), La ligne (E) : Tunis Barcelone-Ezzouhour-Zahrouni-Essijoumi (12,9Km) et la Ligne (C+F) : Tunis Moncef Bey-Charguia-Aéroport-l’Ariana Nord (10,5Km).

Le projet porte également sur la création de trois principaux Pôles d’échange à la place de Barcelone, Tunis Marine et Tunis Moncef Bey. Le projet prévoit également, la réalisation de 16 stations secondaires de liaison, aux abords de la ville lesquelles vont contribuer à développer les liaisons entre le réseau ferroviaire rapide, les bus, et le métro léger.

Il s’agit aussi de construire une dizaine de parcs relais périphériques de dissuasion d’une capacité de 6000 places de voitures environ. Le coût total de ce projet est de 3200 millions de dinars.

Les travaux de la première tranche du projet de réseaux ferroviaire rapide sont en cours de réalisation et s’étalent sur 18,5 Km de voie ferrée. Il est composé de la ligne D et E. La première tranche de ce projet devait lier la station de Barcelone à celle du Bardo et de la Mannouba sur une longueur de 12,2 kilomètres, ainsi qu’entre la station de Barcelone et Sidi Hsine- Bougatfa sur une longueur de 6,3 kilomètres.

Le projet est financé par l’Etat tunisien à hauteur de 40% et un consortium des bailleurs de fonds à savoir l’AFD, la BEI, le Kreditanstalt fur Wiederaufbeau KFW et l’Union européenne à hauteur de 60%.

Le délai prévisionnel pour la mise en exploitation de la première tranche est prévu pour juillet 2017 au lieu de juillet 2016.

Khadija Taboubi

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