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Parallèlement aux réunions à caractère pratique du dialogue national qui démarre lentement et à tâtons

Parallèlement aux réunions à caractère pratique du dialogue national qui démarre lentement et à tâtons, l’évènement de la semaine était aussi la conférence-débat organisée vendredi 11 octobre , par l’Association “Les amis du Djérid” à l’hôtel Africa pour cogiter sur l’impact de la suspension de Tunisair de ses vols internationaux vers et à partir de l’aéroport international Tozeur-Nefta. La compagnie nationale a invoqué un déficit budgétaire de 3 millions de dinars pour la seule année 2012.

Le rôle que s’apprête à jouer la société civile dans un tel dossier a donné à cette initiative toute son importance .Elle a en fait relayé, de Tunis, une série d’autres initiatives engagées sur place dans les villes de la région, à partir du 23 septembre, date de l’annonce de la décision de Tunisair. On a assisté à des mouvements de protestation contre la décision , mais aussi à une volonté de défendre les acquis de toute une région qui vit une détérioration de son cadre économique et de la dynamique sociale qui s’y rapporte , surtout devant la prolongation ,à chaque fois , de la période transitoire qui devrait apporter, à son issue, les éléments d’une solution aux problèmes chroniques du développement , accentués depuis , par les vicissitudes de la révolution .

Cette prise en charge de la société civile des problèmes de la région, mérite d’être mise en valeur parce qu’elle illustre la conviction de beaucoup d’intervenants que le gros doit être fait par la région elle-même.

C’est vrai que l’essor du Djérid à partir des années 1990 a été le fruit d’une politique volontariste de développement du segment tourisme saharien , initiée par le grand homme d’Etat, Mohamed Jegham ministère du Tourisme jusqu’à 1995, appuyé, sur place par un gouverneur –militant , Brahim Fridhi , mais le concept lui-même de ce projet , associant patrimoine culturel et produit touristique de la région revenait à un membre actif de la société civile, à savoir Abderrazak Chraiet . Le tourisme saharien comme produit spécifique comportait un projet pour sa ville Tozeur et pour tout le sud tunisien. Et grâce à la culture, il a œuvré à changer l’image du Sud. Il a été maire de Tozeur et a fait beaucoup pour son développement. Il avait l’ambition d’en faire une zone de shopping international : ” Si chaque pays a une formule magique, celle de la Tunisie se définit dans le commerce et la culture. Et Tozeur pourrait en être l’incarnation ” déclare-t-il à Jeune Afrique en mai 2008. La ville, qui a vu le trafic de son aéroport atteindre des records (son âge d’or se situe entre 1995 et 2001 ,disent les experts ) ,a commencé sa mutation à cette époque , se dotant d’une infrastructure touristique de qualité, et décrochant ,sans grande peine , le titre de la ” Ville la plus propre de Tunisie “. Jusqu’à la révolution, il ambitionnait d’en faire le carrefour culturel du Sud. Mais le tournant a été très mal négocié par cet artiste hors pair, doublé d’un opérateur économique pas toujours à la page. Et les difficultés économiques, financières et sociales qu’il a vécues depuis 2011 , étaient annonciatrices du déclin fatal de toute une région .

La réunion, mardi 24 septembre , tenue par le gouverneur de Tozeur avec les représentants de la société civile, les syndicats et les professionnels du secteur touristique pour examiner les moyens d’inciter Tunisair à revenir sur sa décision, a été relayée, donc ,par la conférence-débat organisée par l’Association des Amis du Djérid . La première a été engagée par les opérateurs économiques sur le terrain , mais la deuxième a été initiée par la société civile savante , qui était outillée par les chiffres et appuyée par l’expertise des connaisseurs Y ont participé des hommes d’affaires , des responsables publics du tourisme , d’éminents experts dans le transport aérien et le tourisme , des dirigeants de partis politiques de souche djéridienne et des gens de médias .

Le cadre d’action tracé par l’Association n’était ni la contestation des gens du terrain , ni la nostalgie de ceux qui sont attachés à un âge d’or révolu , ni encore l’attentisme illustré par l’attitude du ministère du Transport qui s’est contenté de demander le report de la décision de Tunisair , car ces attitudes ne peuvent nullement aider à résoudre les problèmes de la région . Seule la réflexion concrète, objective et outillée peut être d’un certain secours .Or l’Association des amis du Djérid n’est pas allée loin dans sa logique. Elle s’en est tenue à présenter les chiffres sur la base d’une méthode normative .Et les gens attendent d’elle de faire des études et d’en commander pour donner aux autorités propositions et recommandations concrètes qui aideraient à trouver des solutions aux problèmes concrets.

Des chiffres ont été fournis .Ils placent la problématique dans son cadre économique et social . L’aéroport était, jusqu’à tout récemment, le 3ème du pays de par sa taille et sa place dans le trafic aérien national .Il couvre une superficie de 690 hectares, utilisé essentiellement par les charters, et seules les compagnies tunisiennes Tunisair et Tunisair Express le desservent en vols réguliers. Son activité est fondamentalement liée au tourisme saharien , et sa haute saison correspond à l’automne et à l’hiver et va de septembre à avril.

Il une capacité de 400 000 de passagers par an, l’aérogare s’étend sur 6 500 m2. En 2006, il accueille 80 667 passagers. Les chiffres montrent que l’âge d’or de son activité remonte à la période 1995- 2001, qui correspond au grand démarrage du tourisme saharien sur de nouvelles bases.

Les mêmes chiffres indiquent également que 19 hôtels, d’une capacité d’accueil de 2637 lits, ont fermé ces deux dernières années dans la région du Djérid , soit l’équivalent de 35 % de la totalité de la capacité d’accueil, illustrant la profonde crise du secteur qui se traduit également pour les 4 premiers mois de 2013 par une régression de 9,2 % du nombre des touristes et un recul du nombre des nuitées à 11,8 % .

Les professionnels du secteur touristique estiment que la régression du secteur est due essentiellement à l’inefficacité du rôle du transport régional qui a isolé la région et l’a privée d’être une destination touristique préférée ,notamment après l’abandon des vols la reliant à des villes européennes comme Marseille, Madrid, Frankfort, Bruxelles, Milan et Genève. De ce fait, la redynamisation du secteur passe, à leurs yeux , par la valorisation du rôle de l’aéroport international Tozeur-Nefta .

Aboussaoud Hmidi

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