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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi consulte sans désemparer alors que son initiative de formation d’un gouvernement d’union nationale est décriée par les uns et portée aux nues par les autres, sans sembler susciter l’enthousiasme de l’opinion publique qui lui oppose tout au plus un haussement d’épaules furtif.

Une dizaine de jours après l’annonce en grande pompe de cette initiative, Habib Essid vaque peu ou prou à ses occupations de chef du gouvernement sans savoir s’il va encore le faire et pour combien de temps. Guère en reste, ses ministres ne savent plus à quel saint se vouer, s’il faut échafauder  des projets (personnels et d’intérêt public) pour l’avenir, sans parler de l’Administration qui ajoute ainsi à sa légendaire inertie la paralysie gouvernementale.

Autant dire que le suspense et le flou sont entretenus de main de maître en attendant que l’auteur de l’initiative nous sorte un autre lapin de son chapeau. Sera-t-il obligé de garder l’actuel locataire de la Kasbah sous la pression de son indéfectible partenaire, le chef du mouvement Ennahdha, mais aussi  de l’UGTT qu’il s’échinait à associer au gouvernement d’union nationale  au même titre que l’UTICA, qui ont toutes deux rejeté l’offre ? Changera-t-il de chef du gouvernement et lui substituer un autre, nouveau, pour une nouvelle politique, celle en cours depuis un an et demi n’ayant pas tenu ses promesses et s’étant même soldée par un échec ? Cette option serait celle qui trouve grâce aux yeux du président de la République autant de ce qui reste du parti dont il est le fondateur, mais qui demeure, selon la Constitution, la formation politique habilitée à désigner le chef du gouvernement.

Des informations circulent avec persistance prêtant à Caïd Essebsi le projet d’annoncer le prochain gouvernement avant la fin du mois de ramadan. D’autres sources affirment que le président de la République a déjà choisi le successeur de Habib Essid, ce qui ajoute à la touche cabalistique de l’entreprise. Un clair-obscur dans lequel le chef de l’Etat semble s’installer d’autant plus confortablement qu’il a en main l’essentiel des cartes dans la partie qui s’engage.

D’ailleurs, BCE ne semble pas s’embarrasser de changer son fusil d’épaule, allant même jusqu’à ne plus revendiquer la paternité de l’idée de formation d’un gouvernement d’union nationale, qui en chemin, a cessé d’être une initiative pour devenir une proposition, plus est, avancée par quelques composantes de l’échiquier politique et que le chef de l’Etat dit avoir reprise de préférence à la proposition appelant à la formation d’un gouvernement de salut. Il est vrai que le président de la République avait esquissé sous cette forme la question, mais il l’a fait lors de son interview à wataniya, de façon si subliminale que peu de gens arriveraient à saisir la nuance.

Un parfum de « deal » de Paris !

Les deux organisations nationales et non moins partenaires sociaux majeurs, l’UGTT et l’UTICA, ayant déclaré forfait, et affirmé, chacune à son échelle, qu’elles ne sont pas intéressées par une participation au gouvernement d’union nationale, il va falloir agencer les choses en accord avec le poids politique de chaque parti de la Coalition au pouvoir, et d’abord celui du mouvement Ennahdha, fraîchement requinqué par sa nouvelle virginité politique acquise lors de son dernier congrès. D’ailleurs, Le nouveau président du conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni a estimé “indispensable de prendre en considération le poids politique” du mouvement, formation majoritaire au parlement, dans la composition du gouvernement d’union nationale, proposé par Béji Caïd Essebsi, relayé en cela par  Rached Ghannouchi qui affirme que le mouvement « doit être représenté dans ce gouvernement en fonction de son poids électoral ». Un message certainement destiné aux deux autres partis de la Coalition, Afek et l’UPL, à la stature gouvernementale surdimensionnée par rapport à leur réel poids politique.

En tout cas, maints analystes voient dans  cet épisode de gouvernement d’union nationale un moyen pour permettre la mise en œuvre du deuxième volet de l’accord de Paris entre Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, aux termes duquel Ennahdha s’est contenté de n’avoir au gouvernement que deux représentants, un ministre et un secrétaire d’Etat, alors que le temps est venu que le parti de Ghannouchi figure « comme il se doit » au gouvernement pour lequel on choisira l’appellation d’union nationale.

Une reconfiguration qui s’appuie sur une représentation parlementaire bipolaire assez forte pour permettre au gouvernement projeté de remplir l’office qui lui est assigné, particulièrement à une année environ de la prochaine échéance électorale, celle des Municipales.

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