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Tarek Ben Hiba,

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Tarek Ben Hiba

Tarek Ben Hiba, membre de la coordination des assisses de l’immigration tunisienne qui regroupe des associations de France, de Suisse et de l’Italie, évoque, dans un entretien accordé à Africanmanager, les préoccupations des Tunisiens à l’étranger et l’inaction du gouvernement actuel à leur endroit. Pour lui, le départ du gouvernement est le meilleur scénario pour mieux traiter les différents dossiers. Interview.

Quelles sont les préoccupations actuelles de nos émigrés ?

L’inquiétude des expatriés par rapport à la situation politique, économique et sécuritaire actuelle de la Tunisie demeure la première préoccupation. Ces sont des Tunisiens qui ont des ont des familles qui vivent en Tunisie. Je pense qu’ils sont d’accord sur l’incompétence du gouvernement au pouvoir et son incapacité à assurer la sécurité.

Deuxième souci, celui relatif aux prestations inappropriées fournies aux immigrés, notamment les lois qui les régissent et qui n’ont pas encore changé. Pis, ils ont l’impression qu’ils ne bénéficient d’aucune attention de la part des autorités et due gouvernement en place. D’ailleurs, ils ont le sentiment qu’ils sont encore sous vers le régime de Ben Ali, c’est-à-dire les grandes messes, les réunions sans que rien ne soit fait à l’exception qu’on travaille avec les associations amis, et d’autres proches du parti islamiste.

Houcine Jaziri, actuel secrétaire d’Etat de l’immigration fait l’objet d’une vague de critique des immigrés malgré son insistance sur le fait qu’il a réussi à gérer le dossier de l’immigration ?

Il y une grande contradiction. Mais d’abord, je ne rien contre cet homme d’Etat que je connais et que j’ai défendu alors du temps qu’il était réfugié politique à Paris. C’était notre devoir de le défendre déjà. Personnellement, je n’ai rien contre lui.

Sur le plan politique, il faut apporter la preuve des acquis réalisés. En effet, il n’y a aucune nouvelle loi sur la politique de l’immigration déjà promulguée. L’office tunisien des résidents à l’étranger, véritable machine qui a servi l’ancien régime, s’inscrit dans la même démarche. La solution est de faire de cet office une structure indépendante avec un conseil d’administration incluant des associations et des syndicats. Pis, on continue de travailler de la même manière que sous le régime déchu. On continue aussi à appliquer les accords bilatéraux qui sont désavantageux qui ne respectent pas les travailleurs tunisiens à l’étranger. La Tunisie n’a toujours pas ratifié l’accord international de protection des immigrés et de leurs familles du 18 décembre 1990.

Concrètement et à l’exception des paroles, je ne vois pas des acquis accomplis pour les Tunisiens à l’étranger.

Dans ce climat de crise avec un parti islamiste qui tient encore à Ali Laarayedh à la tête du gouvernement, quel est le meilleur scénario pour sortir de l’ornière et même réussir à répondre aux attentes de cette population ayant beaucoup souffert sous le règne de Ben Ali ?

Je ne crois qu’il n’y ait de solution avec le gouvernement actuel. La meilleure chose qui puisse faire, aujourd’hui, est de partir rapidement en laissant la place à des ministres compétents capables de traiter les grands dossiers, notamment celui de l’immigration. Ceci devra se faire à l’abri des calculs partisans qu’on observe à l’heure actuelle

J’affirme que les associations démocratiques soutiennent déjà le Front du Salut et son appel qui prône la formation d’un gouvernement apolitique.

Quoi de neuf au sujet du conseil mis en place pour les immigrés ?

On maintient notre proposition espérant que, dans le nouveau module,il y aura des avantages pour ces Tunisiens. Au tout premier chef, il faut réaffirmer que les Tunisiens qui vivent à l’étranger sont une partie intégrante du peuple tunisien et que leurs droits politiques doivent être sauvegardés.

Comme vous le savez, un grand nombre des expatriés ayant la double nationalité n’ont pas le droit de postuler à la présidence de la République. Pourquoi est-on exclu de ce droit. Ne sommes-nous pas des tunisiens ? Inutile d’avoir plusieurs catégories de tunisiens, on est des tunisiens avec les mêmes droits.

Ceci concerne des milliers de Tunisiens vivant à l’étranger et qui sont exclus malheureusement de certains droits. Peut-être c’est symbolique, mais c’est important pour nous, et les jeunes expatriés tunisiens oublieront leur pays. Donc, la constitution pourrait apporter une contribution dans ce sens, sachant que sur 156 articles, il n’y a aucune disposition relative à l’immigration ou encore aux immigrés.

Votre message pour la Troïka au pouvoir ?

Je lui demande de partir assez rapidement pour qu’on puisse mettre en place un gouvernement capable de gérer les dossiers préoccupants. La crise est là et combien faut-il de dossiers pour que ce gouvernement parte ?

Wiem Thebti

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