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Taxe, voitures, Elyès Fakhfakh,

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« Il ne s'agit plus certainement d'un simple détail. L’affaire ne cesse de prendre de l’ampleur. Taxation ! Redevance ! Imposition ! Fisc ! Charge ! Augmentation ! Majoration ! Des termes qui reviennent en boucle

« Il ne s’agit plus certainement d’un simple détail. L’affaire ne cesse de prendre de l’ampleur. Taxation ! Redevance ! Imposition ! Fisc ! Charge ! Augmentation ! Majoration ! Des termes qui reviennent en boucle, depuis plus de deux ans et plus encore depuis l’annonce de la nouvelle taxe sur les voitures. Les Tunisiens en sont massivement exaspérés ! On entend, toujours, des gens râler ! La classe moyenne, en particulier, se trouve au pied de mur ! Elle ne cesse de payer la facture, manifestement très chère, alors qu’elle a peine à remplir son coffin du jour. Les propriétaires des voitures de 4 chevaux et plus seront assujettis à une taxe supplémentaire, et ce à l’effet de renflouer la caisse générale de compensation. A partir de l’année prochaine, les voitures à partir des 4 et 5 chevaux seront soumises à une taxe supplémentaire variant entre 50 et 700 selon la puissance fiscale.

« Nous ne paierons pas, Monsieur Fakfakh »

Une campagne a été lancée, à cet effet, sur les réseaux sociaux, avertissant que les assujettis à cette taxe ne s’en acquitteront pas. Cette campagne de « désobéissance fiscale » baptisée « Nous ne paierons pas, Monsieur Fakfakh » est en train de gagner à sa cause des flux continus de contribuables mécontents de cette imposition « bizarre et étrangère aux Tunisiens et sans précédent en Tunisie ». Les « victimes » de cette taxe affirment que cette dernière aggravera la situation financière des ménages et que la possession d’une voiture n’est nullement la preuve que les propriétaires sont aisés , d’autant moins qu’une grande partie d’entre eux se sont endettés auprès des banques pour en disposer, outre les autres dépenses qui y sont associées, à savoir l’assurance, la vignette, la visite technique et les travaux de réparation occasionnés par l’état lamentable des routes et chaussées où l’Etat n’a fourni aucun effort , depuis la Révolution.

Sami Remadi, président de l’Association Tunisienne pour la Transparence Financière (ATTF) a posté, ce mardi, 12 novembre sur son mur ce qui suit: « Alors que la centrale syndicale tunisienne, l’UGTT est absorbée par le Dialogue national, tout en oubliant ses principales missions, le ministre des Finances, Elyès Fakhfakh veut qu’on paye pour son incompétence. Il veut augmenter les taxes sur les voitures de 50 à 700 dinars. Il veut bloquer les salaires. Il veut réduire les prêts. Il veut augmenter les impôts, les prix des matières premières et le prix du pain. Nous voulons qu’il parte ».

« Que le ministre des Finances parte avec son gouvernement »

Interrogé par les soins d’Africanmanager, Sami Remadi n’a pas dissimulé sa colère à l’égard de cette taxe : « C’est quoi cette taxe ? Il faut savoir que la vignette a été instituée pour les besoins de l’entretien de la voie publique », a-t-il dit, précisant qu’il n’est pas évident que seuls les plus riches possèdent les voitures les plus puissantes, car la classe moyenne en possède également. Il voit dans l’institution de la nouvelle taxe « le résultat de la faillite du système fiscal adopté » ajoutant qu’ « il n’incombe pas au contribuable de payer la facture et de renflouer les caisses de l’Etat ».

Sami Remadi en a imputé la première responsabilité au gouvernement d’Ali Laârayedh qui s’est éternisé au pouvoir, bien plus longtemps que ses précédents. Le gouvernement de Béji Caied Essebssi n’a pas été épargné non plus, ayant décidé les augmentations des salaires, lesquelles ont alourdi le budget de l’Etat : « J’aurais aimé que le gouvernement de Hamadi jebali ait annulé ces augmentations même par un décret, mais malheureusement, cela n’a pas été fait », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Au contraire, le gouvernement de Hamadi Jebali a suivi la même politique notamment avec les recrutements massifs dans la fonction publique, qui ont été faits selon l’appartenance partisane ».

Il a appelé, dans ce cadre, le ministre des Finances à « partir avec le gouvernement », et à désigner un spécialiste dans les finances publiques, précisant que la taxation n’est pas une solution et elle va léser la classe moyenne.

Il a cependant reconnu que le prochain gouvernement n’aura certainement pas une baquette magique, mais, au moins, il aura la possibilité de regagner la confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs étrangers, ajoutant que « si on ne va pas avoir recours à de grandes puissances pour injecter de l’argent sous forme de dons, le prochain gouvernement quel qu’il soit, tombera en faillite ». Selon lui, la Tunisie a besoin d’un plan de sauvetage, mais cela reste toujours tributaire des conditions sécuritaires dans le pays.

Les propriétaires des voitures sont endettés !

Quant à lui, Mohamed Salah Ayari, universitaire et fiscaliste, nous a précisé que l’objectif principal de cette redevance est d’alléger la compensation au niveau du carburant dont le montant à grimpé de 550 MD en 2010 à 3734 MD, selon les derniers ajustements de 2013, pour être estimé à 2500 MD dans le budget de l’Etat pour l’année 2014.

Il a précisé que bien que le déficit soit très néfaste sur la C.G.C et n’ait fait que se creuser au fil des années, les solutions auraient dû été envisagées dans le cadre d’une politique claire sur la base d’une étude approfondie afin d’éviter les défaillances actuelles et trouver des solutions radicales à ce gouffre qui ne fait qu’accentuer le déficit budgétaire.

Il a ajouté que si la redevance proposée paraît inévitable pour alléger un tant soit peu le fardeau de la C.G.C, il aurait été préférable d’épargner les voitures populaires dont la puissance fiscale ne dépasse pas 4 CV vapeur, surtout que les propriétaires de ces voitures sont généralement endettés et appartiennent aux couches sociales modestes qui arrivent difficilement à survivre avec l’augmentation des prix et eu égard aux conditions économiques très difficiles.

Khadija Taboubi

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