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Tunis, Mahdi Jomaa, opposition

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Le 3 mars

Le 3 mars, le nouveau chef de gouvernement tunisien, devait tout dire de la situation économique héritée des deux gouvernements de la Troïka nahdhaouie que des économistes évaluent à plus de 76 MDT, rien qu’en accords d’augmentations salariales et primes diverses. Il a révélé lui-même le trou de plus de 10 milliards DT dans le budget. Manifestement, il n’en avait pas assez dit, car personne ne semble vouloir le croire quant au désastre économique qui se prépare et quant à l’état des caisses vides dont il a hérité.

En tout état de cause, cette adresse au peuple tunisien devait normalement être le prélude, comme il l’avait clairement laissé entendre, à de nouvelles réunions du Quartet qui l’a porté au pouvoir, pour discuter des mesures qu’il se doit de prendre pour remettre le pays sur les rails. Alors qu’il est en tournée dans les pays du Golfe pour demander l’aide à ceux qui n’ont rien donné à ses prédécesseurs, cela fera ce lundi quinze jours, sans que les 54 % de la population qui lui font confiance ne voient l’ombre d’une décision de nature à remettre l’économie en marche et le Tunisien au travail ou encore à désamorcer la tension sociale.

Au contraire, toute la Tunisie ou presque proteste, se met en grève fait ou prépare un sit-in. Les percepteurs du fisc font toujours grève, bien que faits actionnaires de l’Etat, les chômeurs qui veulent tous intégrer la fonction publique, annoncent un prochain sit-in à La Kasbah. Les agents de Tunisair préparent une grève, alors que les employés de Carrefour voudraient une part des bénéfices du groupe, les agents de Tunisie autoroutes se paient une grève à 400 mille DT. Les employés de la CNSS veulent dégager leur PDG, la ville d’Oum Laarayès proteste toujours contre les résultats du concours de recrutement chez une CPG qui n’en finit plus de perdre de l’argent et un nouveau jeune homme s’immole à Kasserine. Même les prostituées se mettent de la partie et trouvent réconfort et soutien auprès de l’ultra Adel Elmi et les bonnes relations UGTT-UTICA flambent.

Jadis partenaires au Quartet, Houcine Abassi et Wided Bouchammaoui se tourneraient presque désormais le dos. Le premier perd pied par rapport à la réalité économique et perd le contrôle de ses troupes et la seconde ne retient plus ses hommes devant les attaques des syndicalistes et le dénigrement de sa base que sont les hommes d’affaires lorsqu’un élu d’Ennahdha remet en selle une liste de crédits datant de 2003. Le torchon brûle entre les partenaires, et les partis politiques n’ont de soucis que pour les prochaines élections.

Loin de vouloir mettre la main à la pâte, l’opposition ne manifeste aucune hâte pour réunir le Quartet qui approuverait des décisions, économiques et financières, impopulaires et qui pourraient le desservir. L’opposition tunisienne se déchire, remet au goût du jour la loi sur l’exclusion et cherche des coalitions, mais refuse de parler du gouffre de la dette et de celui du déficit budgétaire. Une situation qui n’encourage plus le chef du gouvernement à mettre en chantier les mesures susceptibles de sauver le pays du précipice vers lequel il se dirige «comme la vieille femme emportée par la crue en poussant des you-you pour la bonne saison agricole qui s’annonce ». Des mesures, certes très impopulaires et à certains égards même incendiaires, mais dont chaque jour de retard les rend irréversibles et inapplicables.

En attendant, Mehdi Jomaa semble avoir choisi la même politique de ses prédécesseurs, Ali Larayedh et Hammadi Jbali, celle du train qui passe… Il laisse en l’état les mesures suspendues par Elyes Fakhfakh concernant les taxes et les prix, il dit oui pour tout ce que Larayedh avait accordé et en fait même plus comme pour les percepteurs d’impôts (une des cadres du ministère d’Elyès Fakhfakh nous précise que cette décision avait été bloquée par l’ancien ministre des Finances). Il envoie son ministre des Affaires sociales en pompier pour quelques grèves sans les éteindre complètement. Il ne termine pas la révision des nominations d’Ennahdha sans pouvoir remplacer les PDG à la retraite comme celui de Tunisair. Il n’augmente aucun prix sans pouvoir pour autant les baisser. Il n’augmente pas les salaires sans pouvoir dire non à l’augmentation du Smig. Il ne trouve pas de l’argent frais à injecter dans l’économie sans pouvoir réellement arrêter l’investissement oisif de certains salaires et dépenses de consommation. Il n’annonce aucun projet dans les régions et ne fait presque rien pour relancer ceux que les grévistes, les sit-inneurs et les piquets de grève cessent.

Il n’a certes qu’un mois et quelques jours d’âge en tant que chef de gouvernement, mais son attentisme comme celui de l’opposition, sont de nature à faire plus de mal que les mesures qui s’imposent, aussi drastiques puissent-elles être. Mehdi Jomaa s’en ira d’ici la fin de l’année ou un peu plus tard. Il risque pourtant de laisser la Tunisie dans un état plus délabré que celui dans lequel il l’avait trouvée. Rached Ghannouchi, comme Béji Caïed Essebssi ou Hammama Hammami, ne l’en dissuaderont certainement pas. Ils risqueraient ainsi de ne plus trouver de quoi promettre à un peuple qui sera ainsi beaucoup plus ans la mouise et le pétrin qu’il ne l’était avant lui !

Khaled.

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Le 3 mars

Le 3 mars, le nouveau chef de gouvernement tunisien, devait tout dire de la situation économique héritée des deux gouvernements de la Troïka nahdhaouie que des économistes évaluent à plus de 76 MDT, rien qu’en accords d’augmentations salariales et primes diverses. Il a révélé lui-même le trou de plus de 10 milliards DT dans le budget. Manifestement, il n’en avait pas assez dit, car personne ne semble vouloir le croire quant au désastre économique qui se prépare et quant à l’état des caisses vides dont il a hérité.

En tout état de cause, cette adresse au peuple tunisien devait normalement être le prélude, comme il l’avait clairement laissé entendre, à de nouvelles réunions du Quartet qui l’a porté au pouvoir, pour discuter des mesures qu’il se doit de prendre pour remettre le pays sur les rails. Alors qu’il est en tournée dans les pays du Golfe pour demander l’aide à ceux qui n’ont rien donné à ses prédécesseurs, cela fera ce lundi quinze jours, sans que les 54 % de la population qui lui font confiance ne voient l’ombre d’une décision de nature à remettre l’économie en marche et le Tunisien au travail ou encore à désamorcer la tension sociale.

Au contraire, toute la Tunisie ou presque proteste, se met en grève fait ou prépare un sit-in. Les percepteurs du fisc font toujours grève, bien que faits actionnaires de l’Etat, les chômeurs qui veulent tous intégrer la fonction publique, annoncent un prochain sit-in à La Kasbah. Les agents de Tunisair préparent une grève, alors que les employés de Carrefour voudraient une part des bénéfices du groupe, les agents de Tunisie autoroutes se paient une grève à 400 mille DT. Les employés de la CNSS veulent dégager leur PDG, la ville d’Oum Laarayès proteste toujours contre les résultats du concours de recrutement chez une CPG qui n’en finit plus de perdre de l’argent et un nouveau jeune homme s’immole à Kasserine. Même les prostituées se mettent de la partie et trouvent réconfort et soutien auprès de l’ultra Adel Elmi et les bonnes relations UGTT-UTICA flambent.

Jadis partenaires au Quartet, Houcine Abassi et Wided Bouchammaoui se tourneraient presque désormais le dos. Le premier perd pied par rapport à la réalité économique et perd le contrôle de ses troupes et la seconde ne retient plus ses hommes devant les attaques des syndicalistes et le dénigrement de sa base que sont les hommes d’affaires lorsqu’un élu d’Ennahdha remet en selle une liste de crédits datant de 2003. Le torchon brûle entre les partenaires, et les partis politiques n’ont de soucis que pour les prochaines élections.

Loin de vouloir mettre la main à la pâte, l’opposition ne manifeste aucune hâte pour réunir le Quartet qui approuverait des décisions, économiques et financières, impopulaires et qui pourraient le desservir. L’opposition tunisienne se déchire, remet au goût du jour la loi sur l’exclusion et cherche des coalitions, mais refuse de parler du gouffre de la dette et de celui du déficit budgétaire. Une situation qui n’encourage plus le chef du gouvernement à mettre en chantier les mesures susceptibles de sauver le pays du précipice vers lequel il se dirige «comme la vieille femme emportée par la crue en poussant des you-you pour la bonne saison agricole qui s’annonce ». Des mesures, certes très impopulaires et à certains égards même incendiaires, mais dont chaque jour de retard les rend irréversibles et inapplicables.

En attendant, Mehdi Jomaa semble avoir choisi la même politique de ses prédécesseurs, Ali Larayedh et Hammadi Jbali, celle du train qui passe… Il laisse en l’état les mesures suspendues par Elyes Fakhfakh concernant les taxes et les prix, il dit oui pour tout ce que Larayedh avait accordé et en fait même plus comme pour les percepteurs d’impôts (une des cadres du ministère d’Elyès Fakhfakh nous précise que cette décision avait été bloquée par l’ancien ministre des Finances). Il envoie son ministre des Affaires sociales en pompier pour quelques grèves sans les éteindre complètement. Il ne termine pas la révision des nominations d’Ennahdha sans pouvoir remplacer les PDG à la retraite comme celui de Tunisair. Il n’augmente aucun prix sans pouvoir pour autant les baisser. Il n’augmente pas les salaires sans pouvoir dire non à l’augmentation du Smig. Il ne trouve pas de l’argent frais à injecter dans l’économie sans pouvoir réellement arrêter l’investissement oisif de certains salaires et dépenses de consommation. Il n’annonce aucun projet dans les régions et ne fait presque rien pour relancer ceux que les grévistes, les sit-inneurs et les piquets de grève cessent.

Il n’a certes qu’un mois et quelques jours d’âge en tant que chef de gouvernement, mais son attentisme comme celui de l’opposition, sont de nature à faire plus de mal que les mesures qui s’imposent, aussi drastiques puissent-elles être. Mehdi Jomaa s’en ira d’ici la fin de l’année ou un peu plus tard. Il risque pourtant de laisser la Tunisie dans un état plus délabré que celui dans lequel il l’avait trouvée. Rached Ghannouchi, comme Béji Caïed Essebssi ou Hammama Hammami, ne l’en dissuaderont certainement pas. Ils risqueraient ainsi de ne plus trouver de quoi promettre à un peuple qui sera ainsi beaucoup plus ans la mouise et le pétrin qu’il ne l’était avant lui !

Khaled Boumiza.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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