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La Sopat est une entreprise spécialisée dans la production de la viande de poulet

La Sopat est une entreprise spécialisée dans la production de la viande de poulet, de dinde et de la charcuterie ainsi que la transformation des produits de volaille, cotée depuis quelques années sur le marché alternatif de la Bourse de Tunis. L’entreprise vient d’être rachetée par l’homme d’affaires Kamel Belkhiria. Mardi dernier, son Commissaire aux Comptes (CC), s’en va annoncer au Conseil du marché financier qu’il «a eu connaissance d’informations qui pourraient, éventuellement, avoir un impact sur la situation financière de la société et sur le cours de la valeur» dont la cotation est vite suspendue. Le sujet semble donc grave, mais le CC reste discret et refuse d’aller plus loin dans ses révélations qui ne peuvent être que financières.

– Un sous-provisionnement qui aurait dû effacer le bénéfice.

De retour au rapport de ce CC pour l’exercice 2012 de la même Sopat, on découvre, pourtant, ce qui pourrait être le premier filon de ce qu’il aurait, peut-être, fini par vouloir dénoncer. Il indique ainsi que «les comptes clients (ndlr : de la Sopat) comprennent des créances ordinaires antérieures à l’exercice 2012 et des chèques et effets clients retournés impayés et dont le recouvrement nous semble être difficilement réalisable. Il estimait alors que «la couverture nécessaire du risque de non recouvrement de ces créances à 1 484 257 dinars, dont seulement un montant de 478 251 dinars, a été provisionné par la société » et donc une insuffisance de provision de plus de 1,006 MDT. Une insuffisance, si elle n’était pas couverte, «affecterait négativement le résultat de l’exercice».

Pire encore !«Les immobilisations financières comprennent, au 31 décembre 2012, un montant 2,700 MDT, à titre de prêt rémunéré à la société Nutritop» du même groupe. «La société Nutritop étant en règlement judiciaire et en l’absence d’évidences sur l’existence de garanties suffisantes, nous ne pouvons pas nous prononcer sur le caractère recouvrable dudit prêt », disait alors le CC.

– Du matériel vendu, livré et non enregistré et des actions vendues et non enregistrées.

Et le Commissaire aux comptes d’allonger encore plus la série de «cadavres dans le placard », découverts dans les livres de la Sopat. «La société a conclu en 2009 avec la partie liée, la société «Avitop», une promesse pour l’achat d’un parc roulant d’une valeur estimée par expertise directe, à 883 500 dinars. Le montant en question a été versé à la société Avitop dans sa globalité, au cours de l’exercice 2010, et les biens en question sont en exploitation effective par la Sopat. Mais le transfert de propriété de ces biens n’a pas eu lieu jusqu’au 31 décembre 2012. Cependant, la société a procédé à leur constatation comptable parmi ses immobilisations et a constaté l’amortissement relatif à ces biens, à partir du 1er janvier 2011 ». Voici ainsi des biens achetés, leur contrepartie financière donnée, mais leur propriété juridique non transférée à l’acheteur, ce qui est de nature, au minimum, à « fausser la valeur des immobilisations de la société», indiquait encore le CC.

Oubli ou cachoterie, «les cessions intervenues, au cours de l’exercice 2007, au profit de la société Lahmar Holding, de 52462 actions détenues par la Sopat dans le capital de la société «Foodcourt» n’ont pas donné lieu à l’enregistrement auprès de la bourse des valeurs mobilières de Tunisie », comme le voudrait la loi, découvrait aussi le CC. D’autres actions de cession d’actions, interentreprises du même groupe, demeuraient impayées à l’écriture du rapport du CC et avoisineraient les 2 MDT.

– 1,2 MDT pour le patron qui ne paie pas et un redressement fiscal de plus de 328 MDT.

Mais encore. «La société détient, depuis l’exercice 2006, une créance sur Mohamed Lahmar, partie liée et un des propriétaires de la Sopat, dont le solde, au 31 décembre 2012, s’élève à 2 528 358 dinars. L’échéancier conclu entre les deux parties et prévoyant un remboursement sur treize ans, n’a pas été respecté. Les montants échus et non payés, intérêts inclus, s’élèvent, au 31 décembre 2012, à 1 291 031 dinars. Aucune provision pour dépréciation de cette créance n’a été constatée par la société pour couvrir le risque de non recouvrement du montant correspondant», toujours selon le rapport des CC pour l’exercice 2012. Et ce dernier d’informer encore que «la Sopat [ndlr : le Pdg se faisait servir un salaire brut annuel de 139597 DT] a fait l’objet en 2010 d’un contrôle fiscal au titre du droit d’enregistrement qui a donné lieu à une notification d’une taxation d’office de 328 725 dinars.

Toutes ces «boulettes», découvertes depuis 2012 par le CC, auraient déjà dû alerter le CMF depuis l’année dernière. Leur nombre et leur taille, si cela s’avérait exact après le rapport que devra prochainement donner le CC au CMF, sembleraient avoir dépassé les limites pour le Commissaire aux comptes qui finit par parler. Le pire est donc à craindre !

Khaled Boumiza

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