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Tunisian Foreign Bank, Tunisie

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La Tunisian Foreign Bank, banque de droit français, est le nouveau nom de l’Union Tunisienne de Banque. Sa création date de l’ère Ben Ali. Son avènement a suivi  une restructuration de son capital où la BCT (Banque Centrale de Tunisie) détient désormais 13,16 %, la STB (Société Tunisienne de Banque) 43,4 % et la Banque de l’Habitat 43,4 %, pour ne citer que ces trois principaux grands actionnaires. Cette création répondait alors à un besoin de doter la Tunisie d’un outil financier à l’étranger et à la quête d’une meilleure mobilisation de l’épargne des Tunisiens résidant à l’étranger. Le 9 mars 2011, Mehdi HADDAD est désigné nouveau PD G de la TFBank où il a remplacé Habib Sfar qui reprenait alors la BTK à Tunis.

Cette nouvelle banque, ce n’est pas nouveau, n’a pas toujours été en bonne santé. A l’exception de 2007 et 2008 où son résultat net (RN) était respectivement de 303 mille euros et de 320 mille euros, le RN de cette banque, dont le siège est à Paris, a toujours été négatif et déficitaire. A fin décembre 2010, le RN de la TFB était déficitaire de 10,815 millions d’euros (27,173 MDT). Un déficit multiplié presque par dix par rapport aux réalisations de l’année 2009 où le RN était négatif de -1,957 millions d’euros  (3,831 MDT).

Le produit net bancaire s’inscrit en progression de 6,5 %, s’établissant à 7,186 million d’euros, contre 6,750 millions d’euros à fin 2009. «Toutes activités confondues, les produits d’exploitation bancaire baissent de 16,3 % et les charges d’exploitation bancaire de 43,1 %, dans un contexte marqué par la poursuite de la baisse des taux d’intérêt», explique le management  au sujet du bilan de la banque. Le chiffre d’affaires, hors taxes, qui allait croissant depuis 2006 (12,997 millions d’euros) et jusqu’à 2008 (17,2 millions d’euros), s’affaisse, en 2009, à 11,8, puis à 9,9 millions d’euros, en 2010. Dans le rapport du commissaire aux comptes français, on ne retrouvait aucune remarque sur la gestion de la banque et même aucune réserve.

Ceci n’empêche pas la BCT, actionnaire de la TFBank, de diligenter un audit sur les comptes et la gestion de la banque. Cet audit a mis  à nu un certain nombre d’irrégularités, en matière de gestion et des finances de la banque. «Un audit a été fait par la BCT en tant qu’actionnaire de la TFB. Cet audit a démontré des irrégularités dans la gestion de la banque Tunisian Foreign Bank, des irrégularités qui ont été portées à la connaissance de la banque en question », nous confirme ainsi le gouverneur de la BCT, Mustapha Kamel Nabli, dans une interview exclusive, confirmant ainsi tous les bruits qui circulaient à Tunis à propos de cette banque française de capital tunisien. «La TFBank, après réunion de son conseil d’administration et délibération, a décidé de porter l’affaire devant la justice qui suit son cours».

Questionné par nos soins sur la nature de ces irrégularités, Mustapha Kamel Nabli reste discret sur les dépassements et malversations découverts, l’affaire étant déjà entre les mains de la justice tunisienne sur plainte de la nouvelle direction. Il confirme cependant que «ces irrégularités, relevées par notre audit, sont des irrégularités dans la gestion de la banque et des malversations financières, et il y a des opérations qui ont porté préjudice à la banque qui sont du ressort de la Justice».

Le gouverneur de la BCT a par ailleurs précisé, en réponse aux dernières critiques à lui faites par la Commission d’investigation sur la corruption, lors de son dernier point de presse, à l’occasion de la publication de son dernier rapport, que «la BCT a coopéré, de façon normale et continue, avec la Commission d’investigation sur la corruption ». Et d’ajouter, à propos du dossier de la TFBank, puisque c’est ce dossier qui avait été demandé par la Commission d’investigation sur la corruption, que «ce dossier n’est pas lié aux affaires de corruption de la famille de l’ancien président et ne fait donc pas partie du travail de ladite Commission. C’est un nouveau dossier normal, et qui suit son cours à la justice », avant de s’étonner de la réaction de la Commission sur la corruption en indiquant que «c’était un peu étonnant de voir certains membres de la Commission parler ainsi de la coopération de la BCT qui a été complète et continue depuis les premiers jours de son travail».

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