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La Tunisie d’Ennahdha a célébré

La Tunisie d’Ennahdha a célébré, mercredi 23 octobre 2013, dans le sang et la douleur, le 2ème anniversaire de l’arrivée du parti islamiste au pouvoir en Tunisie. Après Chambi, Goubellat et après Sidi Ali Ben Khlifa et Rouhia, c’est dans la localité de Sidi Ali Ben Oun, que tombent encore Gardes Nationaux (corps de police paramilitaire dépendant du ministère de l’Intérieur) qui sont en 1ère ligne et deviendraient presque la «chair à canon» de la lutte antiterroriste engagée depuis quelques mois par la Tunisie. A faire un décompte macabre, on arriverait à quelque 50 corps, parmi les élites de l’armée et de la GN, sans compter ceux qui ont été amputés de la jambe sous les mines et ceux qui ont été blessés par le balles terroristes. Des morts qui suscitent désormais plusieurs questions. Des questions qui n’entament en rien l’appui inconditionnel de toute la population tunisienne à ses vrais martyrs. Des questions qui s’affirment de plus en plus, depuis les premiers soupçons d’une connivence d’Ennahdha avec les extrémistes, depuis le fameux «Ce sont nos enfants et qui annoncent une nouvelle culture» du leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi.

1. Piqués deux fois de suite dans la tanière du même scorpion !

Le massacre des 6 GN à Sidi Ali Ben Oun, a été perpétré après celui de Goubellat. Dans les deux cas, les GN y seraient allés sur la base d’une information donnée par un informateur ou un délateur salafiste. Dans les deux cas, les GN se feront avoir, seront attendus de pied ferme, surpris et tués !

«Un croyant ne saurait être piqué deux fois de suite dans la tanière d’un scorpion», disait un Hadith sharif du Prophète de l’Islam, pour reprendre un axiome tunisien. Et pourtant, par deux fois successives, les GN tunisiens y étaient allés, sans précautions et manifestement sans avoir au préalable vérifié ou recoupé l’information, au moins sur site. Pourquoi ?

2. Un commandement qui ne prend toujours pas au sérieux son adversaire !

L’épouse d’un des GN tués mercredi à Sidi Ali Ben Oun, s’était demandée, hier soir, sur une chaîne TV privée, pourquoi son mari avait été envoyé au front, seulement armé d’un pistolet et surtout, sans gilet pare-balles comme cela s’est confirmé aussi lors des tirs essuyés par les forces de l’ordre à Menzel Bourguiba. Pour ce dernier évènement tragique, officiellement, c’était des jeunots et des éléments sans expérience. L’un des blessés de Menzel Bourguiba répondra au porte-parole du ministère de l’Intérieur (MI), ce jeudi, sur les ondes d’une radio privée tunisoise, pour expliquer que la précision des tirs, à partir d’un véhicule qui roule à grande vitesse, ne peut être que le fait d’un professionnel.

Entre l’ancien porte-parole du même MI, qui disait qu’il ne s’agissait que de personnes normales pratiquant du sport, lorsqu’on lui parlait des premiers éléments djihadistes aperçus sur le mont du Chambi, les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé. Cette attitude, toujours candide (réelle ou feinte) face au cancer du terrorisme, ne saurait conduire qu’à de nouveaux massacres dans les rangs des forces de l’ordre tunisiennes. Pour l’instant, cela voudrait aussi dire que le Commandement de ces forces, minimise, candidement ou à dessein, les forces adverses !

3. Une attaque en groupe réduit et des renforts qui arrivent après 2 heures !

Par deux fois, à Goubellat comme à Sidi Ali Ben Oune, c’est un petit groupe de GN qui a été envoyé au front. A Sidi Ali Ben Aoun, des informations non officielles font état de renforts qui ne seraient arrivés sur place que deux heures après la tuerie des 6 GN. A quoi rimerait une telle stratégie qui a déjà fait des victimes ? Les GN étaient-ils tellement pressés qu’ils se seraient enhardis à partir sans couverture ? Les renforts n’auraient-ils pas été mis sur le qui-vive et pourquoi cela n’a pas été fait ainsi ? Les renforts manqueraient-ils de moyens de transport héliportés ou simplement rapides, pour arriver tard comme des flics dans un mauvais film policier ?

4. L’énigme Abou Iyadh. Il est partout et nulle part !

L’autre question, c’est Seifallah Ben Hassine ou Abou Iyadh. Au début et bien avant l’attaque de l’ambassade US en Tunisie, l’homme n’arrêtait pas de traiter l’ancien ministre de l’Intérieur, l’actuel chef du gouvernement, vertement de tous les noms et de le menacer ouvertement. En face, Ali Larayedh restait placide. En mars 2012, il lui disait déjà ««Garde tes distances et ne dépasse pas tes limites. Tu écris ta fin politique». Cinq mois plus tard, la menace est plus précise, lorsqu’il lui dit « si tu ne tires pas la leçon de ce qu’il est advenu du président déchu, tu serviras toi aussi de leçon pour les autres ». En septembre 2012, c’est à la mosquée El Fath, qu’Abou Iyadh accusera Larayedh de «chercher une porte de sortie dans l’impasse de l’échéance du 23 octobre par l’escalade».

Seul Rached Ghannouchi répondra mollement au chef des terroristes d’Ansar Charia, que «la violence est une voie sans issue ». Auparavant, ce serait le pouvoir en place qui aurait exfiltré Abou Iyadh de la mosquée El Fath. Depuis, il court toujours et toutes les polices tunisiennes (le cherchent-elles en fait ?) ne mettront pas la main sur lui. Et pourtant, il aurait été aperçu, juste avant l’assassinat de Chokri Belaid, dans la voiture qui a servi dans la commission de cet attentat. Il aurait été aperçu ailleurs et un policier sécurisait même ses déplacements. Il aurait enfin tenu le congrès des Ansar, au vu et au su des autorités, à Sidi Ali Ben Oun même, selon des sources non confirmées. Des témoins oculaires nous ont affirmé par téléphone qu’Abou Iyadh était à Sidi Ali Ben Oun, au moment des affrontements. Pourquoi a-t-il été fait évader ? Qui a ordonné de le faire à la mosquée El Fatah ? Pourquoi personne ne le cherche en Tunisie ? Est-il réellement derrière tout ce qui arrive ? Est-il une simple marionnette entre les mains d’Ennahdha ou son bouc émissaire ?

Les questions se posent, mais le gouvernement, muet, rien ne l’indispose dans le combat pour lequel, de rien il ne dispose. Au dehors, opposition et Troïka s’opposent sur ce que les parrains proposent. A côté, la population découvre le pot aux roses, mais en arrive à la ménopause, à force de sclérose, et ne trouve personne qui en dispose et mette fin à la prose !

Ka. Bou

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