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Tunisie, Ben Ali, Régente de Carthage

par -
Abderrahmane Ladgham

Abderrahmane Ladgham, ministre chargé des dossiers de la corruption et de la bonne gouvernance, a affirmé que le gouvernement confisquera le livre de Leila Ben Ali « Ma vérité » ainsi que tous les revenus y afférents en Tunisie et ailleurs, rapporte le journal Al Maghreb qui ajoute que «la confiscation portera sur les revenus que l’auteur en tirera, et que le gouvernement est sérieux dans sa démarche.

Cette déclaration intervient, dans une conjoncture tunisienne où chacun et plus d’un y sont pourtant allés de leurs vérités sur ce qui s’est passé, en cette journée du 14 janvier. Politiciens, anciens hommes politiques des deux régimes de Bourguiba et de Ben Ali, des policiers, des gardes du corps, des hommes de main et même des majordomes y ont donné de la voix pour dire la vérité.

Il semble cependant, comme le dit le dicton, que la seule vérité autorisée soit celle des vainqueurs, même si elle est diffamatoire.

Cette démarche, de pure censure, même si elle s’abrite derrière le voile pudique de la confiscation, rappelle à ne pas s’y tromper la censure exercée par Ben Ali et tous ceux qu’on accuse maintenant de cela [Suivez notre regard], des livres de «Notre ami Ben Ali» et la «Régente de Carthage». Des livres que la Tunisien était obligée d’importer sous cape ou d’essayer d’en télécharger dangereusement les premières copies PDF.

Le ministre, il l’a peut-être oublié,… de la bonne gouvernance, s’est déclaré, « étonné de voir certaines librairies envisager de distribuer et de commercialiser l’ouvrage en Tunisie ». Bonne gouvernance, signifie bien gouverner, et cela n’a jamais rimé avec interdiction du droit au savoir, quel qu’il soit et avec censure.

Venant d’un scientifique [le ministre est médecin], syndicaliste, signataire de l’appel pour le Conseil national des libertés du temps de Hassib Ben Ammar et pour la Fondation de la Ligue des droits de l’homme et du fils d’une des illustres figures du régime bourguibien, cette décision rappelle la Tunisie des libertés acquises par le sang, au bon souvenir des ministères de l’information et de l’intérieur, où les départements les plus actifs étaient ceux de la censure et dont les employés couraient d’un kiosque à l’autre, dans les rues de Tunis et de Paris, pour rassembler journaux et livres, et dépenser sans compter l’argent de l’ATCE (Agence Tunisienne de Communication Extérieure) pour racheter les livres écrits sur Ben Ali et sa femme !!

Déni de la vérité de «l’autre» ou nouvelle pierre dans la mare de la liberté ?

Le ministre a certes indiqué, au quotidien tunisien en langue arabe Al Maghreb, que « tout en demeurant attachés à la liberté d’opinion et d’expression, la question mérite d’être examinée du point de vue moral, d’autant que, même en Europe, il ya des ouvrage qui ne sont pas vendus pour des considérations morales ». Cela n’en ressemble pas moins à un déni de vérité et à une nouvelle pierre, jetée dans la mare, jusque-là trouble, des libertés, celle publique et celle de l’information.

Il nous semble, en effet, que ceux qui s’étaient vu confisquer cette liberté par Ben Ali, de lire et de prendre connaissance de ce qu’en disent les autres et d’échapper ainsi au cercle vicieux de sa propre propagande et à la quadrature du cercle de l’information qu’il fabriquait, et lui aussi était le vainqueur en son temps, pour le peuple. Il nous semble, aussi, que ce peuple et non ses dirigeants qui avaient, comme tout le monde durant 23 ans, la tête baissée, de gré, par peur, par ’autocensure, ou de force, a bien le droit d’apprendre et de lire une autre vérité, même si elle est tronquée, différente de celle que les actuels dirigeants lui servent sur les plateaux TV et les livres qu’ils veulent bien voir publiés.

Au ministre Ladgham, comme à tous ceux de son gouvernement ou des partis qui sont dans le Gouvernement Jbali, nous nous permettons de rappeler que c’est le peuple qui leur a donné, comme à nous tous, la liberté qu’ils veulent maintenant de nouveau confisquer. Nous nous permettons aussi de lui rappeler que le peuple qui a fait la Révoltpon du 14 janvier, saura mieux que lui faire la différence entre la graine et l’ivraie et saura faire la différence dans les vérités de Leila Trabelsi, entre la réalité, l’intox et les mensonges pour mieux la condamner !

Cher ministre de la …bonne…gouvernance, permettez-nous de vous dire «Otez vos mains des libertés et ne salissez pas vos mains, comme ceux que vous dénonciez, par la censure» !!

Khaled Boumiza

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