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Tunisie, :égalitarisme, bons , mauvais, riches, les, poches, balancent.

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Avec la Révolution

Avec la Révolution, la Tunisie de l’après-Ben Ali a tout mis par terre et presque tout remis en cause. Et si elle ne l’a pas fait encore sur certains principes de base de son identité, de sa culture, de sa société, de son économie et de ses relations internationales, une partie de cette Tunisie tente  toujours de s’y prendre.Pour son identité, c’est tout le débat actuel au sein de la Constituante et chez les politiques, sur la religion. Manifestations et contre-manifestations dans les rues, bras de force et batailles idéologiques entre société civile et religieuse, menaces et excommunions, sont devenus le pain quotidien de cette nouvelle Tunisie.Pour la culture et la société, c’est cet autre débat sur les modes d’accoutrement, sur les bikinis dans les plages, les bars qu’on ouvre ou qu’on n’ouvre pas  et que le Chef du Gouvernement, lui-même haut dirigeant du parti islamiste en place depuis octobre 2011,  se voit obligé d’aborder sur toutes les chaînes TV et devant les instances internationales comme l’Union Européenne. Pour les relations internationales, c’est ce revirement vers les pays du Golfe, cette tentative de repli sur une unité maghrébine qui reste toujours une simple vue de l’esprit. C’est enfin cette tentative, jusque-là avortée, de revoir les conditions de partenariat avec une Europe qui est une destination majeure du commerce extérieur de la Tunisie.C’est plus complexe, sur le plan de l’économie. Il y a, d’abord, ces cris de tous bords, dès la fin de la Révolution, et pour l’expliquer en partie, que le modèle de développement du pays qui ne crée plus assez de nouveaux postes d’emplois pour le pays. Suivent, alors, les nouveaux chiffres, à l’insu de l’INS, pour le chômage que confectionne le ministère des Affaires sociales. L’Institut des statistiques n’ayant pas appris la leçon et ne voulant apparemment pas s’aligner sur la position du nouveau Gouvernement qui avait besoin de nouveaux chiffres pour appuyer ses nouvelles thèses économiques,  perd subitement et sur simple coup de  téléphone, son DG bientôt suivi par celui du CNI, l’informatique étant étroitement liée à la statistique. Indéniablement, l’actuel Gouvernement tunisien a en tête de changer le système économique en Tunisie qui avait pris, depuis quelques décennies, une coloration nettement capitalistique. La volonté de changement est visible dans l’intention annoncée d’équilibrer le développement régional. Dans le même sens (simple dommage collatéral de la Révolution ou volonté délibérée), l’abattage, à travers la confiscation et l’exclusion par les affaires en justice, de toute la classe riche qui s’était constituée pendant l’ère Bourguiba et  s’était renforcée, pour certains, pendant les 23 ans du régime Ben Ali. La corruption étant un virus tout aussi tenace que celui du Sida, une autre classe se met en place comme les dents des requins à la destruction de ses premières dents. Et si le Gouvernement, peut-être parce qu’il comprend  lui-même dans les rangs de son parti, des riches de l’ancien ou du nouveau régime, n’annonce pas clairement encore son intention, cette dernière est palpable  chez l’UGTT. A l’occasion de la signature du dernier accord salarial entre les hôteliers et le syndicat ouvrier, Houcine Abassi a clairement exprimé son désir de voir  les patrons étudier la possibilité, lors des prochaines négociations sociales, d’attribuer une partie de leurs bénéfices aux employés. Il faut ajouter à tout cela cette vague d’égalitarisme qui submerge toute la Tunisie, employés et régions. L’agriculture n’est plus sur  l’agenda des régions et toutes veulent désormais devenir industrielles. Tous les employés qui font grève, demandent augmentations, d’autres demandent  d’être alignés sur les salaires des autres. Volonté effrénée d’égalitarisme aussi dans la richesse. A la richesse confisquée de membres des anciennes familles de Ben Ali et devant l’immobilisme et la peur de ceux qui n’ont rien à se reprocher que d’avoir coopéré pour leur pérennité,  se substituent petit à petit les nouveaux riches. Des riches par le commerce de tout ce qui est interdit, par la corruption de ce qui restait des anciens corrompus et par la coopération avec les nouveaux venus. Tout cela, sans que le nouveau pouvoir en place n’arrive, ou ne se décide, à faire la différence entre bons et mauvais riches. Entre celui qui entasse sans partage (par la fiscalité, par la création et le réinvestissement) et qui doit payer et celui qui investit et réinvestit et crée de la richesse autour de lui et qui doit être encouragé. La refonte du modèle de développement tunisien passe aussi par là !

Khaled Boumiza 

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