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Tunisie, Ennahdha, Chariâ

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Dans un communiqué

Dans un communiqué, qui ressemblait à s’y méprendre à une réponse indirecte au « Amal 1 » de Béji Caïed Essebssi à Monastir, le parti Ennahdha sort dimanche un communiqué laconique dans lequel «le mouvement a décidé de maintenir l’article premier de la Constitution de 1959 ». Contacté par l’agence d’information officielle Tap, le chargé de l’information du mouvement Ennahdha, Mohamed Néjib Gharbi a précisé que la décision de maintenir l’article premier de la Constitution de 1959 a été prise au terme des travaux du comité constitutif du mouvement au regard de “l’unanimité dont il fait l’objet auprès de toutes les catégories de la société tunisienne”.

Le comité constitutif du mouvement Ennahdha s’est réuni, samedi et dimanche 24 et 25 mars, sous la présidence du président du Mouvement Rached Ghannouchi et du président du comité Fethi Ayadi. Cette décision est intervenue après de “longues et profondes discussions”, a ajouté la même source.

L’article premier de la Constitution tunisienne adoptée, le 1er juin 1959, stipule: “La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain: sa religion est l’Islam, sa langue l’arabe et son régime la République”

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La dernière version du journal «Al Fajr»

La dernière version du journal «Al Fajr», organe  du parti islamiste tunisien Ennahdha, a publié le document présenté, mardi 28 février 2012, à la Constituante par le groupe Ennahdha au sein de l’Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour la Tunisie de l’après Ben Ali.

A la lecture de ce document, on se rend compte que le parti au pouvoir n’en démord pas encore de sa farouche volonté d’installer en Tunisie un régime islamiste et un Etat où la Chariâ sera la source principale de toute loi et de tout règlement. Dans ce document articulé autour de 5 axes, on ne retiendra que les plus significatifs et intéressants dans la stratégie que suit Ennahdha pour imposer la Chariâ.

          Pas de séparation Etat/Religion.

A la lecture de ce document, par ailleurs, confirmé par les dernières déclarations de Rached Ghannouchi lors d’un  Forum public, il est impossible de passer à côté de cette obstination de ne pas séparer l’Etat de la Religion.

«L’Islam n’a jamais connu, ni dans ses textes ni dans son histoire, de séparation entre la religion et la politique ou entre le temporel et le spirituel. La politique est un catalyseur qui est promu au rang de culte. La religion ne peut être une affaire personnelle, mais une affaire publique et une façon de vivre. La séparation entre la religion et l’Etat contredit le message de l’Islam et tout appel à leur séparation est une atteinte à la pensée islamique». Ainsi parlait Ennahdha dans son document. A plus d’un égard, ce qui est énoncé dans ce document contredit totalement certaines autres déclarations,  volontairement lénifiantes  pour les partenaires économiques essentiellement de la Tunisie et pour ses clients et les investisseurs. La fusion de la religion avec l’Etat contredit ou contredira tout ce qu’Ennahdha pourrait dire sur le respect de la liberté de religion.

Et le même document d’ajouter que «(…) La religion est une méthode totale pour la vie qui touche à la vie des particuliers, des affaires de la famille, de la situation sociale, des fondements de l’Etat et des relations avec le reste du monde». La fusion est ainsi imaginée, par Ennahdha, totale et ne laisse le champ libre à aucune autre explication que celle d’installer un Etat islamique à l’iranienne où le religieux sera l’unique guide de toute la politique et de toute la vie dans le pays.

          La Chariâ, même sous d’autres noms.

Dans ce document relatant, comme dans le titre de l’article d’El Fajr, la vision d’Ennahdha pour la nouvelle Constitution, Ennahdha évite de parler de la Chariâ. Elle parle de «principes de l’islam». Il en dit cependant qu’il doit être «un système qui doit être reconnu comme un composant civilisationnel de premier ordre, comme une réalité politique et comme pouvoir dans les lois fondamentales de l’Etat et ses lois, comme une présence dans l’éducation, la culture et une nécessité pour le développement économique (…)». Le document évite de parler de Chariâ et évoque «une constitution qui  respecte le référentiel législative ou tachriiste التشريعية المرجعية, de manière  éviter la contradiction entre les principes du Coran et la Sounna du Prophète». Ecrits en langue arabe, les noms et les adjectifs sont différents, comme lorsque le document parle de «référentiel islamique », mais le terme Chariâ en reste le dénominateur commun et le vocable qu’Ennahdha veut éviter de prononcer sans vouloir le faire oublier.

          Le jeu des votes dans la Constituante finira par adopter l’impensable.

Dans les élections du 23 octobre dernier, Ennahdha avait obtenu 90 sièges dans l’Assemblée Constituante composée de 217 élus. Ce parti est aussi allié avec le «Congrès pour la République» (CPR, gauche nationaliste) qui a 30 sièges (13,82%) et Ettakattol  avec 21 sièges (9,68%). A eux trois, c’est un front de 141 sièges sur 217. Ennahdha est fortement présente aussi dans la commission de rédaction de la prochaine Constitution dont le rapporteur est un Nahdhaoui qui s’était illustré lors du rapport de la commission de la mini-constitution où son parti avait fini par faire passer tout ce qu’il voulait, malgré les plaintes et complaintes du reste de l’opposition.

Nous ne voyons ainsi aucune barrière qui puisse  éviter que la proposition d’Ennahdha pour la prochaine Constitution passe. Quand bien même certains membres de la troïka gouvernante pourraient voter contre le projet de cette Constitution où la Chariâ sera présente d’une manière ou d’une autre et sous une appellation ou une autre, Ennahdha semble avoir déjà réussi à amadouer plusieurs membres d’l Aaridha. Ceux- là finiront par boucler les 2/3 de la démocratie que ne pourra réfuter personne, même pas les parties étrangères qui pourraient, comme la France, essayer de dealer.

On dira, bien sûr, que les Tunisiens sont plus intelligents que tout cela et qu’ils sauront toujours dire non. Croisons les doigts, même si ce n’est pas un geste de musulman !

Khaled Boumiza

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