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 Le FMI ne nous apprend rien de nouveau. Nous savons que nous devons relever des défis sociaux urgents et que, pour ce faire, nous devons agir sur notre politique ...

” Le FMI ne nous apprend rien de nouveau. Nous savons que nous devons relever des défis sociaux urgents et que, pour ce faire, nous devons agir sur notre politique économique” déclare Abderrahmen Fendri, expert en économie à la suite de la publication du rapport du conseil d’administration du Fonds monétaire international où il prévient que la Tunisie sera confrontée à des défis économiques et sociaux « urgents » après la transition politique en cours dans le pays et devra « transformer » son économie. L’économiste constate que « les exigences de la Révolution ont contraint nos gouvernants (anciens et actuels) à se montrer généreux pour contenir les mouvements de protestation et de revendications ». “Nos gouvernants, ayant découvert l’ampleur du chômage et de la pauvreté, ne pouvaient pas, au lendemain de la révolution, ignorer les conditions difficiles de certaines couches sociales. Seulement, les aides sociales, les augmentations salariales (découlant de négociations sociales portant sur les salaires, de titularisations d’occasionnels éternels, etc…) et la création d’emplois improductifs ne pouvaient que donner lieu à une inflation galopante”, explique t-il dans une déclaration à Africanmanager.

D’après lui, l’absorption de l’excédent de liquidités ne pouvait pas se faire grâce à l’élévation des taux d’intérêts. Plusieurs raisons l’expliquent: le taux d’intérêt agit sur l’épargne et la propension à consommer alors que l’excédent de liquidités est provoqué par une consommation (pour subvenir à des besoins primaires) devenue possible alors qu’elle ne l’était pas. L’arbitrage n’est pas entre économiser et consommer, il est entre consommer ceci ou plutôt cela.

Donc, l’inflation provoquée consciemment était quasiment inévitable, sauf que le phénomène ne pouvait pas perdurer dans le temps, puisque la situation actuelle qui devait être conjoncturelle tend à devenir structurelle au risque d’entamer sérieusement la compétitivité de l’économie du pays. A ce propos, il note également que “nous voyons maintenant comment les revendications et contestations ont évolué d’une demande, par ailleurs légitime, d’une source de revenu, à une contestation de la dégradation du pouvoir d’achat suite à la cherté de la vie.

Interrogé sur la position du FMI, qui n’a pas manqué d’appeler à contenir l’inflation tout en encourageant le gouvernement à remédier aux vulnérabilités du secteur bancaire, mettre en place une réforme du marché du travail et du système d’éducation, Abderrahmen Fendri affirme que la solution est forcément multidimensionnelle. Selon lui, l’économie c’est comme le cube magique à 6 facettes en six couleurs différentes et ” pour harmoniser les couleurs de chacune des facettes, on doit évoluer de manière coordonnée et agir sur les 6 facettes en même temps”, explique-t-il avant d’ajouter que ” les non initiés cherchent souvent à uniformiser les facettes l’une après l’autre, or, à peine une facette est harmonisée, supposée avoir été “achevée”, elle est chamboulée pour tenter d’harmoniser la facette suivante”

Abderrahmen Fendri estime que le modèle de développement doit être revu de manière intégrale et coordonnée.

D’abord, il n’y a pas de développement si l’économique se développe aux dépens du social et/ou du politique. Un peuple opprimé, des inégalités entre les régions, des libertés bafouées, des injustices sociales sont autant de facteurs handicapants pour le développement économique ; d’où le caractère intégral nécessaire à la refonte du modèle de développement.

Ensuite, le plan de développement doit être coordonné en un plan à politiques et plans d’actions complémentaires et œuvrant dans le même sens.

A titre d’illustrations, le système éducatif ne doit pas produire des cadres de haut niveau si l’économie du pays est tournée vers une industrie de sous-traitance utilisant une main d’œuvre bon marché et peu qualifiée.

” Le système fiscal doit être taillé selon les orientations tracées ; actuellement, par exemple, nous servons des subventions aux industriels, lesquelles subventions sont indexées sur le coût de l’investissement” souligne l’expert qui explique que ” si un industriel investit dans un équipement d’automatisation pour réduire le recours à la main d’œuvre, il peut prétendre à des subventions en récompense de son effort de destruction d’emplois”. Ne faudrait-il pas que les subventions soient indexées sur le nombre d’emplois à créer. La fiscalité ne devait-elle pas réagir au déficit de la balance commerciale de plus en plus élevé. Ne faudrait-il pas instituer un droit de consommation sur l’importation des produits de deuxième nécessité et / ou ayant leur équivalent produit localement. Est-il normal que la Tunis post-révolution, dont les équilibres économiques sont fragilisés voire menacés importe des boissons gazeuses par exemple ?

Aussi, la politique monétaire doit, selon l’expert, cesser de maintenir le taux d’intérêt très bas ; un tel taux ne permet pas de booster l’épargne. Par contre, pour inciter à l’investissement, d’autres solutions peuvent être envisagées (l’Etat peut prendre en charge une fraction du taux d’intérêt par exemple). “Le marché financier a un rôle à jouer dans ce domaine. Ne fallait-il pas créer un fonds d’investissement qui aurait repris sous forme d’apports en nature les participations confisquées et qui aurait ouvert son capital au public sous forme d’offre publique de souscription (OPS). Qui n’aurait pas souscrit à une émission qui offre la possibilité de devenir indirectement actionnaire au capital d’Ennakl ou de Tunisiana. L’argent collecté par le fonds pourrait alors être recyclé dans l’économie”

Wiem Thebti

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