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Tunisie, gouvernement, Jbali, Mustapha Kamel Nabli, Finance

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«La Tunisie devra trouver

«La Tunisie devra trouver, cette année, 5 milliards de dollars américains en financement externe pour faire face aux besoins de sa balance des paiements et le refinancement de sa dette », a déclaré le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). «Le pays dépendra des institutions financières internationales,  la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne d’investissements, et des obligations, pour combler l’écart dans le déficit de balance des paiements d’environ 7%, a précisé Mustapha Kamel Nabli dans une interview accordée,  samedi dernier, au «Dow Jones Newswires». Plus tard, on apprendra que les besoins ont été ramenés par la loi de finances complémentaire à seulement 4,5 milliards DT, et ce pour arriver à un taux d’endettement de pas plus de 48 % et à un déficit budgétaire de pas plus de 6 %.

Mais même avec ces nouveaux chiffres, la déclaration du Gouverneur de la BCT résume l’état d’extrême expectative dans lequel se trouve, depuis la fin de l’année 2011, la Tunisie, désormais confrontée à d’énormes besoins financiers pour des ressources assez limitées, lourdement entamées par la Révolution et ses effets économiques, sociaux et sécuritaires.

En attendant l’une des solutions, préconisée par le gouvernement provisoire de Hamadi Jbali et «vendue» à Davos par le Gouverneur Nabli, les caisses de l’Etat ne semblent pas bien remplies. En effet, selon des informations officielles puisées par nos soins auprès de la BCT, le compte courant du trésor auprès de la banque des banques ne contiendrait pas plus de 359 MDT, au 26 janvier 2012. A ce compte, il faudra ajouter le compte en devises non dinarisées qui comporte le reliquat du crédit de la BAD dont il ne reste plus que 150 millions USD. L’Etat tunisien pourra compter aussi sur une somme équivalente à 500 MDT en revenus fiscaux et à un bénéfice de la BCT de quelque 200 MDT. A la calculette, cela ferait des ressources disponibles de 1,159 milliards DT. Une maigre somme, comparée aux besoins de 5 milliards DT tels qu’envisagés par le gouvernement provisoire qui voudrait déjà consacrer 1,3 milliards DT au développement régional et au moins 500 MDT aux dépenses purement sociales de toutes sortes en primes et indemnités pour les familles nécessiteuses et autres victimes de la Révolution.

Une prochaine sortie sur le marché international de la dette.

Entre les ressources disponibles (presque 1,6 milliards DT) et les besoins urgents (4,5 milliards DT), le gouvernement provisoire de Hamadi Jbali semble avoir déjà pris ses marques et décidé des choix à faire. Selon les informations dont nous disposons, en effet, la Tunisie compte avoir de nouveau recours à la Banque Mondiale et à la Banque Africaine de Développement, pour un crédit total de 1 milliard DT (500 MDT chacune), mobiliser 500 autres millions DT par la vente de bons de trésor à Qatar et surtout sortir de nouveau sur le marché international pour un montant qui pourrait varier entre 400 et 600 MDT. Une sortie assez risquée, de l’avis des financiers, surtout par rapport à la note souveraine dégradée chez presque toutes les agences de Rating. Mais aussi une sortie qui sera couverte par une enveloppe américaine de 30 MDT qui devrait couvrir le coût de la garantie. Tout cela ne remplira les caisses tunisiennes qu’à hauteur  de quelques autres 3,16 milliards DT. Par rapport aux besoins du budget tunisien, il restera pourtant un gap financier de plus d’un milliard DT à trouver.

Le gouvernement provisoire de Hamadi Jbali pourrait être tenté de recourir à ce qui reste de l’argent de la privatisation de Tunisie Télécom, normalement destiné à alimenter un fonds générationnel pour le futur de la Tunisie. Préférera-t-il l’immédiat au futur de ceux pour lesquels a été faite la Révolution ou cherchera-t-il d’autres moyens pour mobiliser le 1,5 milliard DT ? «Nos amis les Qataris» encourageront-ils leur ami Hamadi Jbali à préserver l’avenir en mettant, plus encore que les 500 MDT de crédit, la main dans leur poche, ou le pousseront-ils à ne préserver que l’avenir de son parti, et celui qu’ils soutiennent, d’Ennahdha ?

Khaled Boumiza

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