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Tunisie, Iadh Ben Achour, instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution

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La haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a vécu non sans avoir marqué de son empreinte un moment essentiel de l’histoire contemporaine de la Tunisie. En tirant sa révérence  au terme de huit mois de travaux certes diligents mais comme souvent non exempts d’altercations, d’éclats et d’esbroufes, l’instance a indiscutablement balisé la voie vers l’élection de la Constituante, en mettant en place le dispositif juridique qui y mène. Toutefois, il est quelque peu difficile de se persuader, à l’instar de son président, Yadh Ben Achour, qu’elle a été par excellence un espace privilégié pour la liberté d’expression en Tunisie postrévolutionnaire.

Sans qu’il y ait lieu de recenser les territoires où ses membres se sont pris  à pérorer et à remuer les idées sans aucune préoccupation pratique, l’honnêteté commande de lui devoir justice d’avoir assuré le lien entre un événement crucial et une échéance qui ne l’est pas moins, nommément la Révolution du 14 janvier et le scrutin du 23 octobre. A ce titre, elle a comblé pour l’avoir géré autant qu’elle pouvait le faire, un passage à vide dont les conséquences auraient pu être désastreuses pour l’ordonnance générale du vécu révolutionnaire et même de la transition politique.

Pour autant, l’instance a-t-elle réalisé les objectifs dont elle était comptable ? Voilà une interrogation qu’il est inévitable de poser alors que la réalisation des objectifs, putatifs ou réels de la Révolution, n’a de cesse d’alimenter le scepticisme du grand nombre. Une tâche ambitieuse mais rarement aboutie, serait-on tenté de penser au regard de l’ampleur des enjeux qui en font l’une des clefs essentielles de l’ordre nouveau projeté et porté par la communauté nationale en son entier. Le fait est que c’est là que la Révolution devrait révéler tout son sens aux yeux d’un peuple gagné par la lassitude , au reste, légitime, de voir de politiciens plus acquis à la surenchère verbale pour s’arroger le droit et le pouvoir de parler en son nom  pour mieux le séduire qu’à adresser les nouveaux chantiers qui émergent et les perspectives immédiates et à moins court terme qui puissent remporter son adhésion. D’autant qu’une nation n’est pas réductible à des légions de votants dont on sollicite les suffrages, sans plus.

On s’étonnerait presque de ne pas voir des membres de l’instance ou si peu prendre sur eux de soulever les problèmes qui importent et qui ont servi de déclencheur à la Révolution, en l’occurrence le chômage, les disparités régionales, l’injustice sociale et l’absence de perspectives pour les jeunes, artisans premiers de ce soulèvement qui a balayé en cinq sec un régime d’oligarques habités par la rapacité financière et continuellement prompts à sévir contre toute velléité d’expression libre . Et c’est, par bien des côtés, légitime que ces jeunes  crient sur toutes les fréquences que la Révolution leur a été confisquée par les politiques, et cela se conçoit aisément au regard du peu qui été réalisé à leur bénéfice et de l’abondance des promesses qui leur sont faites à tout bout de champ.

Il reste que la haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, et c’est là son autre mérite majeur, a été une sorte de machine à produire du consensus au prix cependant de criantes omissions qui jettent quelques ombres sur son rendement général. Certes, aux termes du décret-loi qui l’a instituée, elle n’a pas vocation à légiférer, étant juridiquement un organe exclusivement consultatif, mais, en l’absence d’une structure habilitée à remplir pareil office, il  pouvait être  dans ses pratiques de combler ce vide même si sa constitution n’était pas sortie des urnes. Et il ne peut pas être injuste de lui faire grief de ne pas avoir préparé un projet de constitution. Pour cause de manque de temps, peut-être !

S’il lui a incombé de ratifier sept décrets-lois de première grandeur dont ceux relatifs à l’élection de l’assemblée constituante, à l’organisation des partis politiques et l’exclusion des responsables membres de l’ex-RCD d’assumer des responsabilités politiques, cela suffirait à sa tâche  dans des circonstances politiques, sécuritaires, économiques et sociales extrêmement difficiles.
Pour autant, ceci l’habiliterait-il à aller au-delà de son mandat initial sous la forme d’une commission à la disposition de la prochaine assemblée constituante,  comme l’a laissé entendre Iadh Ben Achour ? La question vaut d’être posée.

Mohamed Lahmar

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