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« Les marchés de capitaux ne jouent pas encore un rôle déterminant dans la mobilisation de l’épargne et le financement de l’économie réelle »

« Les marchés de capitaux ne jouent pas encore un rôle déterminant dans la mobilisation de l’épargne et le financement de l’économie réelle », c’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’universitaire Moez Labidi et rendue publique lors des journées de l’entreprise qui ont eu lieu récemment à Sousse. Intitulée « Dynamiser le marché obligataire : quels dividendes pour l’économie tunisienne?», l’étude a révélé qu’en 2012, les fonds mobilisés sur le marché financier contribuent, seulement, à hauteur de 6.6 % au financement de l’investissement privé.

L’étude a montré, en outre, que les difficultés rencontrées par le secteur bancaire qui sont liées principalement à une faible rentabilité, une sous-capitalisation, un déficit de gouvernance, un système d’information peu développé et une défaillance au niveau de la supervision, justifient l’intérêt d’une réflexion sur l’opportunité de dynamiser le marché obligataire pour contribuer à l’amélioration de la performance macro-économique.

Le marché obligataire tunisien se présente comme un marché sous-développé , illiquide et il ne parvenant pas à remplir les conditions nécessaires pour intégrer les indices mondiaux. Même à l’échelle régionale, le marché obligataire tunisien est souvent devancé par les principaux marchés arabes alors qu’il peut contribuer efficacement à l’amélioration de la visibilité macroéconomique, souligne l’étude .

Selon Moez Labidi, le dynamisme du marché obligataire serait déterminant pour alléger les conditions de financement des entreprises tunisiennes, et moderniser leurs techniques de gestion du risque de taux, faisant savoir, cependant, la réticence des entreprises, à l’égard du marché des titres de dette ; réticence qui s’explique d’abord, par leur méconnaissance du produit obligataire, ensuite, par l’ignorance des stratégies de gestion obligataire et enfin, par les facilités de crédits offerts par les banques.

Il a affirmé, que la réhabilitation du marché obligataire impose un certain nombre de conditions et que les entreprises doivent gagner la bataille de la bonne gouvernance, et surtout de la transparence, pour surmonter les exigences des émissions obligataires.

Du côté des souscripteurs, Moez Labidi a appelé à plus de professionnalisme pour abandonner le comportement de « Buy & Hold » pour les titres de dette, et réussir la transition vers une gestion dynamique des titres obligataires, fondée sur une valorisation « mark-to-market » du portefeuille.

Du côté des autorités de régulation, il a recommandé plus de fermeté dans l’application des textes de loi, plus de formation pédagogique pour vulgariser le fonctionnement du marché obligataire au grand public, et plus de souplesse au niveau des procédures d’émission d’un emprunt obligataire.

Le dynamisme du marché obligataire serait d’un grand intérêt pour accélérer l’assainissement du secteur bancaire, et les banques tunisiennes peuvent en profiter à plusieurs niveaux.

Il a ajouté que la viabilité du projet démocratique dépendra de la capacité des autorités à engager les réformes de structure (grands travaux d’infrastructure, système éducatif, modernisation de l’économie, …), indispensables pour réduire les déséquilibres régionaux, et hisser l’économie tunisienne vers un nouveau modèle de développement.

Le dynamisme du marché obligataire pourrait contribuer à rendre l’économie tunisienne plus attractive pour les capitaux étrangers. Néanmoins, pour séduire les investisseurs de portefeuille, Moez Labidi a appelé à ce que ce dynamisme, cohabite avec une stabilité politique et une solidité des fondamentaux, nécessaires pour garantir plus de visibilité dans le climat des affaires, et pour encourager les opérateurs à se positionner sur les titres longs négociés sur ce marché. Et de préciser que la solidité des fondamentaux (absence de pression inflationniste et stabilité du taux de change) est indispensable et pourrait attirer les investisseurs étrangers vers les obligations en monnaie nationale. D’une part, ces entrées de capitaux sur le marché obligataire pouvaient renflouer les réserves de change du pays et soutenir le dinar tunisien, et d’autre part, les opérations d’achats de titres publics exerceraient des pressions baissières sur les taux à long terme.

Il a affirmé, dans le même ordre d’idées, que le marché obligataire pourrait concurrencer le secteur bancaire sur le terrain du financement des grands projets d’investissement. Ce qui est de nature à déclencher des pressions baissières sur les taux d’intérêt à long terme qui ne peuvent que booster l’investissement productif et la croissance économique.

Selon Poez Labidi , la Tunisie est confrontée à un certain nombre de défis. Face aux exigences de la révolution (réduction des inégalités sociales et régionales, grands travaux d’infrastructure, bonne gouvernance …) des réformes structurelles doivent être mises en place, au plus vite, pour créer un climat propice à l’initiative privée et aux affaires. Ces réformes, nécessitent le plus souvent une mobilisation non négligeable de capitaux, et le plus souvent en devises. Or le secteur bancaire tunisien n’est pas en mesure de surmonter ce défi comme il se doit . D’où l’intérêt à développer le marché obligataire pour l’épauler dans cette opération.

Et d’ajouter que jusqu’à aujourd’hui, les banques publiques contrôlent près de 40 % du marché bancaire. « Le secteur semble être épuisé, certes par des décennies de mauvaise gouvernance, mais aussi par des décennies de quasi-monopole du financement d’une économie en développement », a-t-il dit, soulignant que l’absence d’un marché financier dynamique explique, en partie, l’épuisement du secteur. « De ce fait, l’aménagement de ce marché, et surtout le compartiment obligataire de ce marché, est aujourd’hui plus qu’une urgence, pour épauler le secteur bancaire dans le financement de l’économie », a-t-il ajouté.

Kh.T

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« Les marchés de capitaux ne jouent pas encore un rôle déterminant dans la mobilisation de l’épargne et le financement de l’économie réelle »

« Les marchés de capitaux ne jouent pas encore un rôle déterminant dans la mobilisation de l’épargne et le financement de l’économie réelle », c’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’universitaire Moez Labidi et rendue publique lors des journées de l’entreprise qui ont eu lieu récemment à Sousse. Intitulée « Dynamiser le marché obligataire : quels dividendes pour l’économie tunisienne?», l’étude a révélé qu’en 2012, les fonds mobilisés sur le marché financier contribuent, seulement, à hauteur de 6.6 % au financement de l’investissement privé.

L’étude a montré, en outre, que les difficultés rencontrées par le secteur bancaire qui sont liées principalement à une faible rentabilité, une sous-capitalisation, un déficit de gouvernance, un système d’information peu développé et une défaillance au niveau de la supervision, justifient l’intérêt d’une réflexion sur l’opportunité de dynamiser le marché obligataire pour contribuer à l’amélioration de la performance macro-économique.

Le marché obligataire tunisien se présente comme un marché sous-développé , illiquide et il ne parvenant pas à remplir les conditions nécessaires pour intégrer les indices mondiaux. Même à l’échelle régionale, le marché obligataire tunisien est souvent devancé par les principaux marchés arabes alors qu’il peut contribuer efficacement à l’amélioration de la visibilité macroéconomique, souligne l’étude .

Selon Moez Labidi, le dynamisme du marché obligataire serait déterminant pour alléger les conditions de financement des entreprises tunisiennes, et moderniser leurs techniques de gestion du risque de taux, faisant savoir, cependant, la réticence des entreprises, à l’égard du marché des titres de dette ; réticence qui s’explique d’abord, par leur méconnaissance du produit obligataire, ensuite, par l’ignorance des stratégies de gestion obligataire et enfin, par les facilités de crédits offerts par les banques.

Il a affirmé, que la réhabilitation du marché obligataire impose un certain nombre de conditions et que les entreprises doivent gagner la bataille de la bonne gouvernance, et surtout de la transparence, pour surmonter les exigences des émissions obligataires.

Du côté des souscripteurs, Moez Labidi a appelé à plus de professionnalisme pour abandonner le comportement de « Buy & Hold » pour les titres de dette, et réussir la transition vers une gestion dynamique des titres obligataires, fondée sur une valorisation « mark-to-market » du portefeuille.

Du côté des autorités de régulation, il a recommandé plus de fermeté dans l’application des textes de loi, plus de formation pédagogique pour vulgariser le fonctionnement du marché obligataire au grand public, et plus de souplesse au niveau des procédures d’émission d’un emprunt obligataire.

Le dynamisme du marché obligataire serait d’un grand intérêt pour accélérer l’assainissement du secteur bancaire, et les banques tunisiennes peuvent en profiter à plusieurs niveaux.

Il a ajouté que la viabilité du projet démocratique dépendra de la capacité des autorités à engager les réformes de structure (grands travaux d’infrastructure, système éducatif, modernisation de l’économie, …), indispensables pour réduire les déséquilibres régionaux, et hisser l’économie tunisienne vers un nouveau modèle de développement.

Le dynamisme du marché obligataire pourrait contribuer à rendre l’économie tunisienne plus attractive pour les capitaux étrangers. Néanmoins, pour séduire les investisseurs de portefeuille, Moez Labidi a appelé à ce que ce dynamisme, cohabite avec une stabilité politique et une solidité des fondamentaux, nécessaires pour garantir plus de visibilité dans le climat des affaires, et pour encourager les opérateurs à se positionner sur les titres longs négociés sur ce marché. Et de préciser que la solidité des fondamentaux (absence de pression inflationniste et stabilité du taux de change) est indispensable et pourrait attirer les investisseurs étrangers vers les obligations en monnaie nationale. D’une part, ces entrées de capitaux sur le marché obligataire pouvaient renflouer les réserves de change du pays et soutenir le dinar tunisien, et d’autre part, les opérations d’achats de titres publics exerceraient des pressions baissières sur les taux à long terme.

Il a affirmé, dans le même ordre d’idées, que le marché obligataire pourrait concurrencer le secteur bancaire sur le terrain du financement des grands projets d’investissement. Ce qui est de nature à déclencher des pressions baissières sur les taux d’intérêt à long terme qui ne peuvent que booster l’investissement productif et la croissance économique.

Selon Poez Labidi , la Tunisie est confrontée à un certain nombre de défis. Face aux exigences de la révolution (réduction des inégalités sociales et régionales, grands travaux d’infrastructure, bonne gouvernance …) des réformes structurelles doivent être mises en place, au plus vite, pour créer un climat propice à l’initiative privée et aux affaires. Ces réformes, nécessitent le plus souvent une mobilisation non négligeable de capitaux, et le plus souvent en devises. Or le secteur bancaire tunisien n’est pas en mesure de surmonter ce défi comme il se doit . D’où l’intérêt à développer le marché obligataire pour l’épauler dans cette opération.

Et d’ajouter que jusqu’à aujourd’hui, les banques publiques contrôlent près de 40 % du marché bancaire. « Le secteur semble être épuisé, certes par des décennies de mauvaise gouvernance, mais aussi par des décennies de quasi-monopole du financement d’une économie en développement », a-t-il dit, soulignant que l’absence d’un marché financier dynamique explique, en partie, l’épuisement du secteur. « De ce fait, l’aménagement de ce marché, et surtout le compartiment obligataire de ce marché, est aujourd’hui plus qu’une urgence, pour épauler le secteur bancaire dans le financement de l’économie », a-t-il ajouté.

Kh.T

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