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Le quotidien Achourouk rapporte que deux grandes manifestations

Le quotidien Achourouk rapporte que deux grandes manifestations, en soutien à celle de lundi à Tunis, ont été organisées, à Monastir et Sousse. Dans cette ville côtière, la manifestation aurait été conduite, selon le journal, par Ahmed Brahim et se serait déroulée, tout comme à Monastir, dans le calme. La même source rapporte qu’un des slogans qui ont été scandés disait que «Le peuple veut faire tomber le gouvernement».

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3 jours après la commémoration du 1<sup>er</sup> anniversaire de la Révolution en Tunisie

3 jours après la commémoration du 1er anniversaire de la Révolution en Tunisie, la situation sociale et économique revient au point zéro, alors que la situation politique laisse percevoir de mauvais indices d’une fissure de la coalition gouvernementale, dont il ne reste plus stables que les sièges des trois présidences.

Moins d’un mois après la prise officielle des fonctions du gouvernement, Nahdhaoui et provisoire, de Hamadi Jbali, la Tunisie connaît une nouvelle flambée de mouvements sociaux, en grèves, préavis de grèves, Sit-in, coupures de routes, arrêts de la production et impossibilité pour certains gouverneurs de gérer les situations dans leurs régions respectives, tel que celui de Gafsa qui campe dans un hôtel de la ville ou celui de Siliana qui donne sa langue au chat et annonce qu’il n’attend plus que d’être démis après que le ministre de l’Intérieur lui a refusé sa démission. Pourquoi ce retour au point zéro de la situation ?

Deux explications, principalement, à cela.

– D’abord, un rapport de forces qui n’a pas pu être définitivement tranché en faveur du gouvernement Jbali, entre l’autorité du gouvernement et celle de la Rue. Depuis qu’on n’a pas arrêté de lui dire que c’est sa descente dans la rue qui a fait la Révolution, le Peuple ne veut plus en démordre et tient à chaque fois [Rappelons-nous le slogan, «si vous revenez, nous reviendrons » de La Kasbah2], à réaffirmer ce pouvoir face à ceux dont on lui dit et redit que c’est lui qui les a mandatés. L’affirmation du pouvoir de la Rue ou du Peuple se fait actuellement au travers d’une désobéissance civile à tous les niveaux et des demandes, sans cesse renouvelées, de lui donner ce qu’il veut. Face à cette désobéissance, un nouveau pouvoir qui n’a pas su, ou n’a pas pu, «prendre le taureau par les cornes» et imposer, concrètement, la primauté de la loi. A titre d’exemple, cet état d’urgence qui n’a servi qu’à faire entourer les ministères de souveraineté de barbelés et disposer alentour les camions de policiers et de militaires. L’état d’urgence interdit pourtant tout rassemblement et édicte un tas d’autres interdictions, qui n’ont jamais été suivies d’effet. Au contraire, le nouveau pouvoir en place et le gouvernement de Hamadi Jbali se sont jusqu’ici contentés de menaces, toujours voilées, d’application de la loi. Ils ne l’ont jamais fait et la Rue a compris son jeu, ne les croit plus et, désormais, les défie. Presqu’un mois après la prise du pouvoir d’Ennahdha, c’est ainsi la Rue qui fait la loi, non le gouvernement !

– Ensuite, un Peuple à qui on avait promis monts et merveilles, du plus réel au plus insensé. Un peuple qui a accepté d’être berné, lorsque tous les partis politiques ont volontairement détourné les élections d’octobre, de la Constitution vers le gouvernement et qui revendique maintenant haut et fort ce qu’Ennahdha lui avait promis, et ce pour lequel il lui avait donné ses suffrages.

Une fois au gouvernement, Ennahdha a dû faire des compromis, des concessions et a surtout dû faire face aux réalités, dont elle avait fait un complet déni pour les raisons électorales que tout le monde soupçonnait. Les chiffres et les mauvaises habitudes sociales du Tunisien ont la vie dure. Jbali se rend alors compte que «la plus belle des femmes ne peut donner que ce qu’elle a» et que toute vache laitière a besoin de reprendre des forces pour continuer de donner son lait, faute de quoi, elle ne sera plus bonne qu’à l’abattoir. C’est le cas de l’économie tunisienne et de ses capacités financières. La Rue a attendu à peine le temps de son impatience et de sa retenue, pendant les gouvernements Caïed Essebssi. L’absence de toute autre autorité que la sienne, l’urgence de ses besoins en monnaie sonnante et trébuchante à tous les niveaux, des Martyrs aux vivants, de ceux qui ont déjà un emploi aux chômeurs, le Peuple veut maintenant qu’on lui donne ce qu’on lui avait promis. Tout le monde sait que le gouvernement ne pourra pas. A moins que le gouvernement n’impose désormais son autorité, par la force … de la loi, le risque d’un nouveau «dégage» deviendrait donc [Nous ne le souhaitons franchement pas] possible.

A tout cela s’ajoute la fissure, de plus en plus visible, qui déchire le mur de la coalition gouvernementale. Sur différents dossiers, et notamment ceux de l’information et de la politique étrangère, car ils sont les dossiers les plus récents, la coalition de la Troïka a montré ses limites, même si on pouvait toujours appeler cela une simple divergence démocratique des opinions. Comme le bébé que tout le monde cajole et qui en profite, use et en abuse, la Rue perçoit parfaitement cette fissuration de la coalition politique et tente d’en tirer le plus de parti possible. Cela, d’autant plus, qu’aucun Politique n’est pour l’instant sorti dire au Peuple la vérité, toute la vérité, sur les capacités de l’économie tunisienne. Tout cela fait encore que c’est la Rue qui commande. «Le Peuple veut » et le gouvernement ne peut pas, ni lui donner ce qu’il veut, ni lui dire qu’il ne peut pas !

Khaled Boumiza

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