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Le Premier ministère a annoncé

Le Premier ministère a annoncé, samedi dernier, de nouvelles nominations à la tête de plusieurs établissements d’information. A l’exception de l’établissement de la Radio nationale où cela ne pouvait  tarder, les nouvelles nominations ont, en fait, touché les anciens médias publics, la télévision, le journal « La Presse » et l’agence d’information TAP (Tunis Afrique Presse).

Ces nominations signent la fin de la période de grâce donnée par le nouveau pouvoir en place pour un secteur qu’il n’a cessé de critiquer et de dénigrer depuis sa prise totale de tous les instruments du pouvoir.

Dans son discours de politique générale, le 22 décembre 2011, le Chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jbali avait assuré que «le gouvernement veillera à ce que l’information reste libre, indépendante et pluraliste. Le temps de la censure est révolu.» Il se ravise cependant quelques jours plus tard dans une déclaration à la Radio Nationale, en affirmant que «ces institutions [gouvernementales selon la question de la journaliste que Jbali ne rectifie pas et indique que c’est une question importante] ne représentent pas maintenant la volonté populaire que constituent les résultats des élections [du 23 octobre 2011]». Il s’était ravisé ensuite une seconde fois pour préciser que «nous ne voulons pas que ces institutions tombent entre des mains auxquelles  le peuple n’a pas donné ses voix ». Jbali avait certes aussi dit [Double langage] auparavant, que «maintenant, l’orientation stratégique est la liberté de la presse et il n’y aura donc pas de tutelle sur la presse. L’indépendance signifie qu’il y aura une instance indépendante, comme en France et ailleurs, qui supervisera ces institutions nationales [il corrigera donc à ce niveau]. Cette instance sera élue et représentative et aura son autonomie». Quelques jours après, c’est le chef du parti au pouvoir, Rached Ghannouchi qui accuse, à Bab Bhar, la presse d’être derrière une campagne systématique  organisée contre Ennahdha. «L’information, écrite et audiovisuelle est dans sa majorité destructrice et n’est pas imbue de nationalisme (الإعلام في عمومه مخرب وليس له ميزان وطني). Débute alors toute une campagne de dénigrement de la presse tunisienne et notamment la TV Nationale qui sera accusée d’être anti Ennahdha comme le déclare, ce dimanche, l’ancien PDG, Mokhtar Rassaa.

Nous pensons aussi que c’est à ce moment qu’a germé l’idée de retourner la veste pour ce qui concerne toutes les déclarations faites par le gouvernement et le parti du gouvernement sur la liberté et l’indépendance de la presse.

Nous avons travaillé, depuis 1982 et jusqu’à 2011, dans le secteur de la presse publique. Bourguiba, comme Ben Ali, avaient toujours fait usage d’une intelligente duplicité dans le langage à propos de la liberté de la presse en l’accusant de non patriotisme chaque fois qu’elle essayait de s’affranchir de la tutelle, indirecte au début, et devenue par la suite directe morale et matérielle. Pendant plus de 50 ans, l’information a été comprise par les pouvoirs successifs de Bourguiba et de Ben Ali comme un instrument de propagande indispensable au pouvoir en place. Toute l’opposition, reconnue ou non, avait  toujours accusé cette presse d’être à la solde de Ben Ali et avait toujours réclamé l’indépendance et la liberté de ces mêmes institutions qu’elle accuse maintenant, à son tour, de non patriotisme parce qu’elle ne s’était pas mise à la solde du parti au pouvoir (1,7 millions de voix à la Constituante sur plus de 11 millions d’habitants) en guise de préliminaires pour la passer sous la tutelle directe du pouvoir en place et en faire l’instrument de propagande dont la «minorité-majoritaire» d’Ennahdha a besoin pour pouvoir gouverner et régner et pouvoir, lorsque son gouvernement le décide, dire au peuple d’aller voir ailleurs, de lui cacher ce qu’elle ne veut pas qu’il sache et de l’embrigader dans la direction qu’elle veut, sans qu’il se pose de questions et sans qu’il ait, par le biais d’une presse libre et indépendante du gouvernement en place, matière à penser autrement que ce que lui dit le Chef du gouvernement et son porte-parole.

Toute la place média de la Tunisie d’après Ben Ali avait placé  de grands espoirs dans  les premières déclarations de Hamadi Jbali à sa prise de fonctions. L’ensemble de la presse tunisienne avait cependant commencé à déchanter. La dernière décision du Premier ministère, c’est-à-dire le Chef du gouvernement,  Hamadi Jbali, de franchir le Rubicon vers l’annexion pure et simple des institutions d’information signe un flagrant  retour en arrière. Il est tout aussi désolant de constater que, comme chaque fois dans sa précipitation à prendre le pouvoir entier et sans partage, le gouvernement Nahdhaoui piétine les convictions qui avaient fait de lui l’élu d’un peuple et d’une Révolution qui avait brandi comme slogan la rupture avec le passé. Dans cette même précipitation de s’emparer de tous les pans du pouvoir, dont le 4èmpilier restera la presse, le Chef du gouvernement dépasse ce qu’avait pu faire celui qui l’avait mis en cellule pendant plus de 15 ans, pour justement un article de presse publié dans le journal Al Fajr. Le Chef du gouvernement est ainsi allé jusqu’à nommer les rédacteurs en chef de deux journaux et le directeur de l’information de la TV Nationale. Cela se traduira, sans aller jusqu’à douter de la probité de quelque collègue journaliste que ce soit , par la mise sous tutelle directe, contrairement à ce qu’il avait solennellement promis devant la Constituante du peuple dont il tire sa légalité, du Chef du gouvernement et de son cabinet et de parer  l’information des seules couleurs du gouvernement d’Ennahdha.

Nous pensons qu’embrigader, encore une fois, les médias dans un seul et unique sens idéologique, refaire d’eux  le simple haut-parleur de la propagande politique d’un seul parti ou d’une majorité-minoritaire, si nationalistes soient ses objectifs et si nobles soient ses desseins, ne rendra pas service à Ennahdha toujours sous les projecteurs des instances internationales qui s’occupent des droits de l’homme et de la liberté de la presse et sous la loupe des pays qu’elle courtise pour l’aider dans la réussite de cette nouvelle expérience politique.

En faisant du samedi 7 janvier, une semaine avant le premier anniversaire de la Révolution qui lui a permis de passer de la prison au gouvernement, même s’il n’a pas complètement respecté la volonté de cette Révolution, le jour noir de la liberté de la presse en Tunisie, Hamadi Jbali n’aura-t-il pas ainsi trahi la parole donnée à ses électeurs ? Le Chef du gouvernement provisoire tunisien n’aura-t-il pas ainsi trahi la promesse donnée au syndicat des journalistes, à l’INRIC et à toutes les instances et personnalités nationales et internationales  qu’il avait rencontrées , lui et son parti, pour les  tranquilliser sur les desseins démocratiques et non liberticides du projet Nahdhaoui pour la Tunisie ?

Khaled Boumiza

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