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Tunisie, syndicale, UTT, CGTT

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Sans vouloir être d’un quelconque côté politique

Sans vouloir être d’un quelconque côté politique, force est de constater que la Tunisie pourrait très bien se passer de politique, mais pas d’économie. Cette dernière ne peut pourtant pas se faire avec les grèves et sans paix sociale.

Quelques semaines après l’apaisement des relations sociales, entre Gouvernement, Ennahdha et UGTT, la tension sociale reprend, faussement parfois il est vrai, les chemins de la baisse. Les derniers chiffres de la DG de l’inspection du travail pour les 4 premiers mois de cette année, indiquent ainsi à qui voudrait bien les croire, une baisse de 43 % du nombre des grèves. Ils indiquent aussi une baisse de 51 % du nombre des entreprises concernées par les grèves et une baisse de 38 % du nombre des jours perdus. Les chiffres indiquent même une baisse de 63 % du nombre des grèves sauvages. Faussement réalistes sur la baisse de la tension sociale en Tunisie, les chiffres indiquent aussi que les services de l’inspection générale du travail en Tunisie n’avaient enregistré, durant les 4 premiers mois de cette année 2012, que 310 préavis de grèves contre 233, en pareille période de 2011.

Il est, cependant, très important de faire remarquer que ces chiffres ne concernent que les grèves professionnelles, c’est-à-dire celles observées par des personnes déjà employées dans une société et qui font préavis. Les chiffres, comme nous l’indique le DG de l’Inspection du Travail, Kamel Omrane lui-même, ne portent pas sur le reste des mouvements sociaux, qui pourraient, par exemple, arrêter le travail, même s’il n’y a pas annonce de grève.

C’est ainsi que les chiffres du ministère tunisien des Affaires sociales sur les régions les plus concernées par les grèves, ne font même pas état de Métlaoui ou d’Oum Laarayes et ne rapportaient qu’UNE SEULE grève à Gafsa, pendant les 4 derniers mois. Gafsa qui est pourtant LA ville qui n’arrête pas de faire grève et où la production de la CPG (Compagnie des Phosphates de Gafsa), n’arrive toujours pas à reprendre, depuis des mois. C’est ainsi aussi, toujours selon les chiffres, faussement vrais, du ministère des affaires sociales, que les services de l’Inspection du travail ne recensent que quatre grèves dans tout le secteur des mines et carrières. Ils n’ont certainement pas entendu parler- et ils avaient raison, cela se compte en centaines de millions DT-, des gigantesques pertes de la CPG à cause des grèves, des sit-in et des mouvements sociaux de tous genres à Gafsa, Métlaoui, Oum Laarayes ou Errdayef qui n’ en finissent pas d’ arrêter le travail de tout le secteur des mines.

Surenchère de l’UTT et de la CGTT.

Il y a lieu aussi de noter, à propos de ces chiffres, qu’ils ne font pas la différence entre grève avalisée par l’UGTT ou l’un de ses deux autres concurrents. Tout comme le gouvernement tunisien, ces chiffres ne reconnaissent pas toujours le pluri-syndicalisme. La Révolution a certes abattu le parti unique, mais pas encore le syndicat unique, et c’est précisément cette question qui pèse désormais sur la situation sociale en Tunisie.

La presse tunisienne ne reçoit en effet plus, depuis plusieurs semaines, de préavis de grèves de la part du principal syndicat ouvrier, l’UGTT, si l’on ne tient pas compte de la grève du personnel de la présidence de la République tunisienne, les 7 et 8 mai. Ses syndicats de base dénoncent, sortent des communiqués, retardent des grèves. Son SG rencontre les dirigeants du pays, plus qu’il n’annonce de grèves. Côté UGTT, en définitive, si ce n’est pas la fin des grèves, c’est au moins la trêve, même partielle. Pleinement reconnue comme l’unique partenaire social, pour le public et le privé, la centrale syndicale ouvrière temporise et discute. Ce n’est pas le cas des deux autres syndicats, nés mais non encore reconnus après la Révolution, l’UTT d’Ismaïl Sahbani et la CGTT de Habib Guiza. Ces deux dernières centrales syndicales inonderaient presque, depuis quelques semaines les rédactions de préavis de grèves. Ces derniers émanent de la CGTT, très entreprenante sur le sujet, et frapperont prochainement, la compagnie Tunisair et surtout l’Hypermarché Carrefour du Groupe Chaïbi. Les trois syndicats étant représentés dans de telles entreprises, on se demanderait ce que voudraient de plus leurs syndiqués que n’ont pas les syndiqués de l’UGTT qui n’annonce aucune grève dans ces deux entreprises. On se demanderait donc, si certains syndicats ne seraient pas en train de faire de la surenchère sociale, un moyen de pression sur un Gouvernement qui rechigne encore à les reconnaître comme partenaires dans les négociations sociales. Les grèves, c’est bon. En abuser, ça craint !

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