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UGTT, Béji Caïed Essebssi

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Que nos lecteurs nous excusent si nous sommes, dans cette libre pensée, sortis des règles du métier journalistique et  avons même pris position. Mais nous pensons qu’il fallait le faire. La Tunisie, notre Tunisie, ne mérite pas ce qui lui arrive.

Ils avaient menacé de le faire par ce fameux «vous reviendrez, nous reviendrons» et ils ont tenté de faire le sit-in 3 à La Kasbah, le 1er avril 2011 [comme un mauvais poisson d’avril], essayant ainsi de prendre en otage la place du gouvernement et paralyser l’action du gouvernement. Mais si les deux premiers sit-in ont été «l’œuvre» de l’UGTT qui a quelque peu fini par se ranger, c’est désormais le temps des barbus à La Kasbah, ce temple de l’action gouvernementale en faveur du peuple.

Sortant, en ce 1er avril 2011, de la conférence de presse du ministre des Finances, nous rencontrons les premiers éléments de ce sit-in en projet qui tentaient de rallier la place du gouvernement après avoir investi le centre ville de Tunis, en mouvement de protestation sauvage.

Ils étaient tous des barbus, habillés de djellabas, les têtes couvertes de ces couvre-chefs blancs distinctifs des islamistes de droite. L’un d’eux, le regard torve avait déjà  les bras prêts à en découdre avec les forces de l’ordre qui essaient de sécuriser la place du gouvernement.

A aucun moment, nous n’avions pu nous identifier ou nous reconnaître dans ce nouveau visage d’une révolution d’où les religieux étaient pourtant complètement absents et leurs dirigeants vivant grassement à l’étranger. Autant nous avions compris et même sympathisé avec les 2 premiers sit-in et leurs revendications politico-nationales et même avec les revendications sociales des autres, autant nous étions complètement perdus dans ce nouveau visage d’une Tunisie, méconnaissable pour ceux qui avaient vécu, paisiblement et pendant plus de 50 ans, avec le reste des religions existantes en Tunisie, avec les opportunistes des deux partis uniques de la Tunisie de Bourguiba et de Ben Ali et avec l’opposition tunisienne. Une Tunisie paisible, tolérante appliquant la parole de Dieu qui prêchait que «à vous votre religion et à moi la mienne».

Cela a même été le baume qui aura permis aux Tunisiens qui n’avaient pas fui, de supporter tous les affres du régime Ben Ali, de résister à son système mafieux et de réussir le dangereux exercice d’équilibrisme du journalisme indépendant, malgré les pressions et les  menaces de mort, de  l’intérieur du pays et non en allant se planquer chichement à l’étranger.

«Dans l’après-midi, des centaines d’islamistes se sont rassemblés près du ministère de l’Intérieur après la prière du vendredi. Brandissant un drapeau noir sur lequel était inscrit en blanc “La Ilaha Illa Allah” (Il n’y a de Dieu qu’Allah), de jeunes hommes barbus et de jeunes femmes voilées scandaient à l’aide hauts-parleurs des slogans à caractère religieux», témoignait le reporter de l’Associated Press. Le soir, la chaîne de TV Aljazeera, nous gratifiait de témoignages de manifestants, barbus et autres, appelant à «faire tomber le Président et le gouvernement transitoires».

Il est ainsi clair que ce 3ème sit-in visait à faire tomber dans l’eau trois mois d’efforts  de deux gouvernements ou plus pour remettre la Tunisie sur pieds et donner à ceux qui ont réellement fait la révolution, les chômeurs, les réponses tant attendues et ainsi ramener le calme dans tout le pays. Il est tout aussi clair que ces sit-inneurs barbus ont la ferme intention de paralyser l’action du gouvernement et d’amener le pays à déposer bilan, usurpant la voix du peuple, refusant toute autorité autre que la leur, relevant chaque fois le plafond de leurs desideratas, pour faire table rase de tout ce que pourrait faire le gouvernement en place en faveur du reste du peuple et pour avoir le champ libre devant les solutions religieuses qui sont les leurs, celle de l’islam intégriste.  Tout cela, sous couvert de la liberté de manifester, même s’ils oublient que leur liberté s’arrête là ou commence celle des autres à travailler et sous la protection de ces ONG, de ces ligues et autres structures qui s’indigent de l’utilisation de la fermeté des forces de l’ordre et oublient que ces gens-là font violence à plus de 9 millions d’autres Tunisiens qui veulent travailler à remettre la Tunisie sur pieds.

L’exemple algérien est encore présent dans les esprits des Tunisiens, l’exemple de cet «islam» entré par le truchement de la démocratie et qui finit par la dictature sanguinaire de la religion unique, est encore trop présent pour qu’on l’oublie, même si ces religieux offrent, à dessein, une large palette d’islam, du plus dur au plus permissif, pour finir par se rejoindre par le biais des coalitions.
On y est donc encore une fois, et encore une fois en l’absence totale de cette majorité silencieuse que l’ancien Premier ministre avait vainement appelé de tous ses vœux jusqu’à en désespérer, jeter l’éponge et dire aux manifestants devant sa maison que «vous êtes arrivés trop en retard» et se retrouver en pâture à un corps, normalement partenaire de LA JUSTICE et qui fait actuellement feu de tous bois pour se refaire, lui aussi, une virginité.

Cette majorité silencieuse, certes plus aptes à travailler qu’à manifester, cette majorité silencieuse qui représente une minorité dans l’administration qui s’est remise au labeur, cette minorité qui ne se fait encore voir qu’à travers des réactions, à visage couvert ou découvert, sur notre site comme sur d’autres et sur les réseaux sociaux, va-t-elle encore se laisser voler ses espoirs en une Tunisie plurielle, vivant en paix avec tous, islamistes comme mécréants, juifs comme chrétiens, travaillant main dans la main pour un avenir meilleur en faveur d’une Tunisie, politiquement et économiquement réussie ?

Cette Tunisie de la majorité silencieuse va-t-elle lâcher Béji Caïed Essebssi comme elle l’a fait pour Ghannouchi ? L’Homme (Caïed Essebssi) n’est pas parfait, mais il connaît le jeu des uns et des autres et connait les enjeux. L’Homme ne fait pas l’unanimité, mais il reste ce qui peut arriver de mieux pour la Tunisie de cette période transitoire qui se met quotidiennement au travail, contrairement à cette Tunisie de l’ombre des barbus, pour bâtir une Tunisie meilleure que celle des Ben Ali et des Trabelsi, pour ses enfants ?
Cette Tunisie de la majorité silencieuse va-t-elle se décider à sortir pour un Kobba 2 et crier haut et fort son désir, sa volonté, de laisser travailler les bâtisseurs, en cravates et manches retroussées et de dégager les démolisseurs en barbes, le poing levé ?

Khaled Boumiza

Reseaux Sociaux

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