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UGTT, Mustapha Kamel Nabli, Hamadi Jbali,

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Quelques jours après avoir menacé de faire descendre dans la rue 35 mille personnes pour défendre le dossier des intérimaires

Quelques jours après avoir menacé de faire descendre dans la rue 35 mille personnes pour défendre le dossier des intérimaires, la centrale syndicale UGTT (Union Générale des Tunisienne du Travail) met encore sa machine de grève en branle et fait sien, par le biais de la Fédération Générale des Banques et des Etablissements Financiers (FGBEF), un communiqué dont le contenu et les demandes prêtent, pour le moins, à étonnement. Cela, d’autant plus que ce mouvement intervient après une tentative avortée de la mise sous coupe réglée de la BCT par le gouvernement et après des attaques médias et tentatives de pressions dont avaient fait l’objet certaines banques et leurs dirigeants. Et même si on ne sait pas encore qui était derrières ces attaques, l’adhésion de l’UGTT à certaines demandes contenues dans le communiqué de la FGBEF dont nous avons reçu copie, pose la question de savoir exactement ce que voudrait l’UGTT ?

On passera, en effet, sur les demandes, telles que contenues dans ledit communiqué, relatives au mécontentement de certains cadres de la BCT  quant au résultat des promotions et leur incidence financière alors que le pays fait face à une baisse substantielle de ses ressources financières. On s’arrêtera par contre sur ce que le communiqué de la FGBEF brandit comme un principe, celui de «couper avec les symboles de la corruption et les anciennes figures» en soulignant  en gras, dans le communiqué, les termes de «compétence de probité».

Ce que toute la Tunisie savait du gouverneur de la BCT, c’est que c’est une grande compétence, certes issue du Sahel, mais tunisienne, que l’appel de la Nation avait fait revenir de la Banque Mondiale où il officiait lorsqu’il avait à un certain moment [au moment où il était ministre du Plan] su dire non à Ben Ali et où il était largement plus rémunéré qu’à la BCT. L’homme avait su aussi défendre l’indépendance de la banque des banques, face à l’hégémonie du gouvernement, lorsque Hamadi Jbali avait voulu mettre l’institut d’émission sous la tutelle directe du gouvernement. Serait-ce à ce genre de responsable que s’adresseraient ces fausses accusations de l’UGTT ? Serait-ce, en effet, la centrale syndicale derrière cela ou y aurait-il d’autres personnes, parties ou partis ? Ou serait-ce simplement que Mustapha Kamel Nabli paierait ainsi sa résistance au gouvernement Jbali ?

Nous ne défendons personne, nous relatons des faits et nous nous posons des questions !

On s’arrêtera aussi, dans le communiqué de la FGBEF si tant est qu’il serait l’unique motif de la tentative avortée de dégager le gouverneur de la BCT, sur cette étrange demande que soutient l’UGTT. «Le Gouverneur a refusé de consacrer une part des recrutements aux enfants des employés qui ont échoué dans leur scolarité», s’indigne, en effet, le communiqué de la FGBEF pour expliquer le mouvement social qu’il a soutenu au sein de la BCT.

Alors que des centaines de chômeurs diplômés secouent chaque journée les instances gouvernementales pour revendiquer de l’emploi, la Centrale syndicale s’arroge la latitude de soutenir ceux qui voudraient que la plus haute instance bancaire et financière du pays devienne un héritage à partager entre les employés de la BCT et leur progéniture et recruterait, non des diplômés, mais ceux qui n’ont même pas terminé leurs études, pour être les contrôleurs et les scrutateurs du secteur bancaire.

Le communiqué de la FGBEF explique aussi sa grève et la tentative de dégager le Gouverneur et son adjoint [qui a par ailleurs été blanchi par la BCT et la commission de lutte contre la corruption, d’une fausse accusation de corruption qui ne serait en réalité qu’un investissement exempté d’impôt fait par l’intermédiaire de la bourse, selon un document dont nous avons pris connaissance], par l’annulation du privilège du «bon d’achat» accordé chaque année aux retraités de la BCT et évoque ce privilège comme «un acquis à défendre». On aurait aimé voir aussi l’UGTT défendre les acquis de tout un peuple en matière de paix sociale face aux grèves sauvages, l’acquis du droit au travail face aux sit-in !

Tout cela, tant les demandes ne concernent en rien celles  des Tunisiens qui avaient donné leurs vies pour la Révolution, nous amène à nous poser  la question de savoir si ce sont là les véritables raisons qui auraient poussé quelques employés à envahir le 8ème étage de la BCT pour demander le départ de son Gouverneur ? Un épisode social qui intervenait au moment même où Tunisie et BCT recevaient une délégation du FMI venue évaluer les perspectives économiques du pays et qui donne ainsi une piètre image d’une Tunisie voulue terre d’investissement.

 On se demanderait aussi s’il n’y aurait pas d’autres personnes mécontentes qu’il n’ont  pas voulu intervenir auprès de certaines banques en leur faveur alors qu’il défendait la responsabilité des propres dirigeants de ces banques, s’il n’y aurait pas d’autres motifs, moins nationalistes et d’une tendance moins avouable et s’il n’y aurait pas enfin d’autres objectifs tout aussi moins avouables ? Il n’en demeure pas moins que l’UGTT porte à elle seule la responsabilité de toutes ces questions, en apposant son logo et en donnant son accord à ce genre de demandes qui ne servent en rien les principes portés par ses pères fondateurs dont elle affiche les portraits  à chacune de ses réunions !

Khaled Boumiza

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