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UGTT, UTT, Tunisie

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L’UGTT (Union Générale des Travailleurs de Tunisie) chapeaute une grève à Cogitel à Sfax, l’UTT (Union des Travailleurs Tunisiens) à l’Office des aéroports à Tunis, une nouvelle grève à la Poste tunisienne et une autre  à l’Agence technique du transport terrestre, grève chez les hôteliers, grève chez les agences de voyage, appel à la grève dans les aéroports de Tunis, Djerba et Tozeur et grève aussi et ce n’est certainement pas la fin, aux chemins de fer. Après une petite accalmie, les mouvements sociaux reprennent de plus belle dans «la Tunisie Nahdhaouie». Les grèves se succèdent, à nouveau, en Tunisie depuis l’annonce des résultats provisoires de la Constituante. Le seul trait commun à tous ces mouvements sociaux reste le gâchis qu’ils occasionnent à l’économie nationale.

Il n’est cependant pas fortuit que toutes ces grèves se succèdent à marche forcée, depuis la fin des élections du 23 octobre 2011, et le début des négociations sur la formation d’un nouveau gouvernement. De tout cela, deux constatations doivent être faites, même si on espère qu’elles seront complètement fausses.

Les syndicats se positionnent face à La Kasbah.

D’abord,  les syndicats ouvriers n’ont pas encore inventé un meilleur moyen que les revendications sociales, pour faire pression sur l’appareil économique et demander plus de salaires et partant, s’attirer la sympathie des ouvriers et  s’assurer leur adhésion.

La seconde est que c’est ce moyen de pression qui fait la force des syndicats ouvriers et qui fait d’eux l’interlocuteur obligé des gouvernements dans la gestion sociale de tous les dossiers économiques du pays. Sans cette pression et ce poids social, les syndicats ouvriers ne sont rien pour les politiques. Sans la revendication, les syndicats ne sont rien non plus pour les syndiqués.
Ce n’est qu’à partir de ces deux constatations que l’on pourrait comprendre ce qui fait courir les syndicalistes, après que certains d’eux ont lamentablement échoué à se constituer en partis politiques et à se transformer en force politique viable.

La centrale syndicale ouvrière avait ainsi agi, par les grèves et les sit-in, les revendications salariales et tous genres de «régularisation» sociales, s’abstenant de prendre part à tout gouvernement et ainsi de prendre toute responsabilité politique. Au fil des jours et par le biais de la pression sociale, l’UGTT réaffirmait son poids socio-économique et politique sans le dire, face au premier gouvernement de Mohamed Ghannouchi, comme face aux gouvernements de Béji Caïed Essebssi. Il fait actuellement la même chose face au prochain gouvernement qui sera mis en place. Le message est clair : La Kasbah (siège du gouvernement) ne passera pas sans la Place Mhamed Ali (siège de l’UGTT).  La centrale syndicale ouvrière ne prendra pas de responsabilité gouvernementale et politique, mais ce gouvernement   n’en sera pas moins toujours obligé  de composer avec le syndicat, de prendre préalablement son avis dans tout ce qui se fait. Le message est plus fort : c’est Hammadi Jbali qui est allé voir Jrad et non le contraire.

Jbali va voir Jrad. Que fera-t-il avec Sahbani ?

Prochain premier ministre autoproclamé, Hammadi Jbali ne semblait pas préoccupé outre mesure par la situation sociale du pays et de ses retombées économiques, lorsqu’il était allé voir le SG de l’UGTT. Et au lieu de l’appeler à mieux tenir sa base, Jbali se contente de courtiser la centrale syndicale et de lui proposer de rejoindre, provisoirement,  son gouvernement provisoire, tout aussi provisoire. Au contraire, et à en croire les communiqués de presse qui ont été rendus publics, Jbali et Jrad ont plutôt tenu à mettre en relief le droit syndical et le droit à la grève.

A moins qu’il l’ait déjà fait, en dehors de toute annonce, on ne sait pas encore si Jbali va aussi rendre visite  ou non au concurrent de l’UGTT et quelle sera la réaction d’Ismaïl Sahbani qui a une revanche à prendre et dont l’UTT prend le relais des grèves, chaque fois que l’UGTT y temporise.

Quelques repères économiques, pour conclure. En septembre dernier, le déficit  courant de la Tunisie allait croissant  pour s’établir à 5 % du PIB, la croissance des exportations a baissé de 11 points par rapport à septembre 2010 avec une Europe (Plus de 80 % des exportations) qui s’enlise dans la crise et revoit chaque jour sa croissance à la baisse et les réserves en devises fondent à 115 jours d’importation. La Tunisie compte désormais plus de 700000 chômeurs (…et le chiffre date de janvier 2011) sans compter les citoyens vivant en dessous du seuil de la pauvreté. Au second trimestre 2011, la croissance était négative de -0,5 %. L’indice de la production industrielle, en juin 2011, était négatif de 3,9 % (avec le pic de -28,5 % pour les industries chimiques sous les effets des grèves dans le secteur du phosphate). Une croissance négative est une croissance qui ne crée aucun nouveau poste d’emploi. Tout cela, sans compter l’apparition de tensions inflationniste sur plus d’un produit alimentaire, l’inflation ayant atteint 4,5%, selon les derniers chiffres.

Face à tout cela, politiques et syndicalistes tournent le dos et s’en vont discuter qui dirigera qui et avec l’appui de qui.

Khaled. B.

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