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Le marché des voitures en Tunisie est entre les mains d’une véritable mafia bien organisée et gare à ceux qui y touchent. C’est peut-être pour cela que les gouvernements successifs de ladite révolution ont laissé faire et n’y ont jamais touché, bien que ces marchands de grosses cylindrées aient pignon sur rue et ne se cachent nullement.

Mercredi 28 février 20018, une journaliste de la chaîne publique Wataniya a essayé d’en filmer quelques uns dans la banlieue nord de Tunis. Ce sont alors cinq trois malfrats, connus dans le milieu du commerce de l’automobile, frauduleusement commercialisé, qui partent à sa chasse dans une grosse voiture, braquent le véhicule de l’équipe télévisée dont la voiture a risqué l’accident, font usage de violence contre l’équipe et essaient de confisquer la caméra.

Plus de 130.000 voitures étrangères, écoulées sur le marché tunisien entre 2012 et 2016, ce qui a engendré un manque à gagner, direct en impôts et taxes diverses, qui avoisine les 1,3 Milliards DT, selon une enquête de l’émission «Ma Lam Youkal » d’Al Hiwar Ettounsi. Un trafic qui est en lien avec des réseaux de vol de voitures à l’étranger et un autre réseau, de vente et d’achat du FCR (Facilité de Changement de Résidence). Pour ce dernier, il y a même un site Internet qui vous propose de «vendre votre FCR rapidement» et des pages de réseaux sociaux. Et cette facilité que donne l’Etat aux Tunisiens résidant à l’étranger d’importer des voitures en franchise d’impôt, une pour chaque conjoint, devient source de revenus pour les uns et source de trafic pour les autres.

Une source sécuritaire, qui préfère garder l’anonymat, nous rapporte l’existence d’équipes spécialisées dans la vente de FCR, qui parcourent les régions du sud pour proposer des sommes d’argent contre l’utilisation de leurs passeports, une fois estampillés à la sortie et à l’entrée des frontières et dans des périodes qui permettent l’accès au FCR, pour importer des voitures à leurs noms, à des personnes qui n’ont jamais voyagé de leur vie à l’étranger.

  • Les victimes tunisiennes de ce trafic témoignent

Un trafic qui a pourtant fait des victimes tunisiennes, qui ont acheté des voitures issues de ce trafic. C’est ainsi que, selon un témoignage requis par l’émission «Ma Lam Youkal» (ce qui n’a pas été dit), qu’une des multiples victimes de ce circuit, Hamed Riahi, un jeune homme de 28 ans, a témoigné avoir «acheté un véhicule en 2014 d’un Tunisien résident à l’étranger pour un montant de 50.000 dinars, pour l’utiliser dans le transport de marchandise. En 2016, il est arrêté et on l’informe que sa voiture est recherchée par les services douaniers et finalement saisie. Il s’est avéré que les documents du véhicule sont falsifiés et la douane impayée».

Il a entamé depuis une procédure judicaire qui s’avèrera compliquée, pour se retrouver un an et demi plus tard devant le tribunal qui le condamne à 15 jours de prison et à verser une amende de 161.000 dinars. Le tribunal l’a en effet considéré comme complice de celui qui a falsifié les documents, bien qu’il ait reçu une carte grise tunisienne.

On apprend aussi, dans cette même enquête télévisée, que Hamed Riahi n’est pas la seule victime de ces réseaux spécialisés dans le vol de véhicules à l’étranger et la falsification de leurs documents, qui ont été démantelés et dans lesquels s’activait un agent de l’ATTT. Des jugements entre 6 et 12 ans ont été émis contre les accusés, selon le même document.

On connait nous-mêmes le cas d’un enseignant, père de famille pénard qui, après l’achat de sa voiture sur le marché parallèle, découvre qu’il avait acheté pour plusieurs dizaines de milliers de dinars une voiture volée. Elle lui sera confisquée par la police et ira à la casse.

  • 997 grosses cylindrées ont été blanchies à l’ATTT

En 2017, selon les propres chiffres de l’ATTT (Agence de transport terrestre), ce sont 2.997 voitures du segment Premium qui ont été importés de manière frauduleuse et leur argent blanchi par la ré-immatriculation et l’accès à la plaque minéralogique commune. Des importations, illégales, qui dépassent ce qu’importent les concessionnaires officiels dans les mêmes marques. Des marques dont les prix sont en plusieurs milliers DT.

Il serait pourtant facile de suivre ces ré-immatriculations à la trace par les informations données à l’ATTT et d’enquêter sur cette nouvelle pratique de blanchiment d’argent pour essayer de tracer d’où vient tout cet argent dépensé dans l’achat de grosses cylindrées sur le marché parallèle, qui a les moyens d’acheter et si ces moyens correspondent à ce qu’ils déclarent en impôts et taxes et même où vont ensuite toutes ces grosses voitures !

Il y a quelques années, un ancien ministre du Commerce avait essayé d’organiser un contrôle «surprise» dans quelques unes de ces officines de vente de voitures. Des responsables et de hauts gradés de différents corps étaient présents à la réunion de coordination. Sur le terrain à leur arrivée, les boutiques étaient à chaque fois vidées et fermées.

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