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Walid Bannani, Houcine Jaziri

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Sur le plateau du programme d’Attounissia TV

Sur le plateau du programme d’Attounissia TV, «Attasiaa Massa» du lundi soir, le niveau du débat politique entre Ennahdha et Nida Tounes avait dépassé le dessous du plancher des vaches. Face à un Béji Caïed Essebssi accusateur, il y avait un ministre et un député nahdhaouis arrogants, très mauvais avocats de leur cause et qui laissaient apparaître une piètre capacité à gérer le débat politique où les mots et les phrases assassines sont de rigueur. Walid Bannani comme Houcine Jaziri, réagissaient aux piques de Caïed Essebssi, comme réagirait une sainte-nitouche avec sa fausse pudeur, à fleur de peau contre toute pique d’Essebssi ou de Mongi Marzouk de Nida Tounes, sans aucune retenue que nécessiterait le sang-froid de tout homme politique qui se respecte, découvrant ainsi leur faiblesse de parti au pouvoir qui n’arrive pas encore à accepter qu’il y ait un autre que lui sur scène.

Dans son dernier communiqué, comme le reste d’une Tunisie, ébahie mais écœurée, le parti Al Qotb remarque qu’en ce «lundi 24 décembre, en cette veille de Noël, symbolisant le recueillement, le partage, la joie en famille pour nos compatriotes de confession chrétienne, Houcine Jaziri, le secrétaire d’Etat chargé de l’Immigration et des Tunisiens à l’étranger a « brillé de mille feux ». Intervenant au sujet es violences politiques dont a été la cible le meeting de Nida Tounes, à Djerba, samedi après-midi, et imputées aux milices de son parti Ennahdha, H. Jaziri a finalement justifié par des sous-entendus douteux que ces violences étaient dues, entre autres, au fait que le meeting se tenait dans un hôtel appartenant à un juif », comme si c’était un délit de faire travailler un hôtel d’un propriétaire juif dans la Tunisie qu’il espéraient, lui et son parti religieux, uniquement terre d’Islam et non terre de tolérance et d’acceptation et de respect de la différence de l’autre. «Cerise sur le gâteau, en voulant se rattraper, il a souhaité un joyeux Noël à nos compatriotes de confession juive et chrétienne, ce qui lui vaut, ce matin, d’être la risée des médias tunisiens ». Comme il l’avait dit à Marzouk, cette grotesque anecdote, dépassait tout entendement. Ainsi, après le ministre Rafik Abdessalem, qui ne connaissait pas la capitale de la Turquie, voici un secrétaire d’Etat qui ne fait pas la différence entre Noël des Chrétiens et le Yom Kippour des Juifs, ses concitoyens.

En face de ce secrétaire d’Etat qui demandait toujours qu’on lui parle sur le ton du respect dû à son rang de ministre dans un gouvernement «légitime », un Walid Bannani, coléreux jusqu’à l’ivresse, «Out of control» de lui-même et oubliant qu’il représentait, non pas Ennahdha mais tout un peuple, menaçait ouvertement Béji Caïed Essebssi du projet de loi sur l’exclusion politique. «تو تشوف تو نوريك Tu vas voir, je te montrerais de quel bois je me chauffe lorsque sera adoptée la loi», lui lançait-il, vert de rage. La réplique entre hommes politiques de bonne intelligence et dans un Etat démocratique, battait tous les records de manque de savoir-vivre et de mauvais comportement, politique et même social. Et Bannani de découvrir ainsi plus son jeu, comme s’il était le parrain des Ligues de protection de la Révolution, en s’érigeant comme le fervent défenseur de ce qui ressemblait plus aux comités de quartiers inventés par le régime de Ben Ali qu’à des Zorro sur lesquels la révolution pourrait compter en cas de coup dur pour le pays.

Après, c’est Jaziri, le mauvais politicien, loin de ressembler à l’Homme d’Etat dont il se gargarisait à longueur de débat, qui ne peut cacher la honte d’un adhérent d’un parti qui accueille les «Azlem» (Traduisez, les restes du RCD) qu’il dénonce. Cela, lorsque Marzouk montre, photos et noms à l’appui, les assaillants de Nida Tounes à Djerba en citant des personnes et leur appartenance au RCD dissous, avant qu’ils n’arborent la barbe de la rédemption. «Arrêtez, SVP, de citer des noms. Ce n’est pas votre rôle, vous n’êtes pas un informateur», lui lance-t-il, pris en flagrant délit et comme un aveu de culpabilité. Il touchera encore le fond lorsqu’il essaiera de mettre le militant Ali Ben Salem, celui dont les misères vécues n’ont aucune commune ressemblance avec l’exil doré qu’il coulait paisiblement en France au milieu de ses entreprises, en porte-à-faux avec l’animateur qu’il accuse de manipuler le vieux militant pour qu’il blanchisse celui qu’il voulait accuser de l’assassinat de Feu Salah Ben Youssef. Ecœuré, Ali Ben Salem sera le premier à quitter la table lorsque Moez Ben Gharbia mettra fin à son émission dans le brouhaha des deux Nahdhaouis qui voulaient toujours en découdre !

A quelque chose malheur est bon. L’émission de «9 heures du soir», aura eu le mérite de démontrer à ceux qui espéraient qu’Ennahdha se hissera au niveau de la conjoncture et même de l’histoire, avec un grand H, qu’on ne peut redresser la queue d’un chien, comme disait le proverbe tunisien.

Khaled Boumiza.

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