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jeudi 6 août 2020
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Quand le Tunisien se met à ruiner méthodiquement l’environnement !

Dan son acception la plus communément admise, une révolution est un changement, un bouleversement important et brusque dans la vie d’une nation. Elle lui substitue de manière irréversible un ordre nouveau à la faveur le peuple émerge avec un esprit, une culture et des modes qui le fonde à voir autrement et mieux son avenir.

Si , au plan politique, tel est l’itinéraire que la Révolution en Tunisie est en train d’emprunter nonobstant les convulsions qui forcément s’y attachent, il est cependant un domaine où le pays se signale par un désastreux bond en arrière, c’est celui de l’environnement où les atteintes sont si récurrentes et si dévastatrices qu’on en arrive à nourrir les pires frayeurs au sujet  ce démon qui a vite fait d’habiter nos concitoyens.

Les dégâts parlent d’eux-mêmes : plus de deux mille hectares de forêts tunisiens, déjà rares, ont été incendiés ou déboisés, des parcs nationaux tels que Bouhedma Ichkeul et Châambi, abritant une diversité de faune et de flore sauvages menacées, ont été attaqués et saccagés et des déchets, de tous genres, prolifèrent dans les quartiers résidentiels.

Des  zones industrielles entières, des champs agricoles et des établissements industriels déversent, sans traitement préalable, leurs rejets polluants dans la nature, « profitant d’une quasi-absence de contrôle des administrations centrale et locale ». Il s’agit également des sit-in interminables qui ont bloqué l’accès aux installations de traitements des déchets, y compris le centre de traitement des déchets spéciaux.

Ce funeste inventaire est dressé par deux groupes écologistes, le Réseau Associatif pour la Nature et le Développement en Tunisie (RANDET) et le Groupe Eco-constitution, groupe d’écologistes militant pour l’intégration de lois environnementales et écologiques dans la nouvelle constitution. Un état des lieux jumelé à un cri d’alarme et un appel comminatoire pour «  sauver l’environnement en Tunisie, exposé aujourd’hui à de nombreuses menaces ».
Dans un communiqué dont TAP a reçu copie, l’un et l’autre  ont rappelé « les nombreux actes de vandalisme et les comportements irresponsables dont ont été victimes, durant les derniers mois, les ressources naturelles ainsi que l’environnement des villes et des campagnes en Tunisie ».

Mais ce qui ajoute au dramatique de la situation, c’est cette passivité dont font montre les autorités publiques « face à une situation de continuelle dégradation de notre espace de vie et de risques réels auxquels sont exposées nos ressources naturelles et notre santé ». Sont ainsi pointés du doigt le secrétariat d’Etat à l’Environnement et les organismes publics concernés  qui demeurent « passifs et incapables » de dissuader les exactions et autres débordements à l’encontre de l’environnement.

Pourtant, il est de leur responsabilité première de faire preuve de fermeté et de sévir avec la plus grande sévérité contre toutes ces atteintes au cadre de la vie et à l’architecture environnementale du pays en réprimant les infractions, certes, mais encore en communiquant et en informant le public sur la gravité de la situation.

Le tort est manifestement partagé avec les collectivités locales, les partis politiques (qui ont d’autres chats à fouetter), les organisations de la société civile et les médias dont la couverture et la mobilisation pour la question environnementale reste « largement en deçà de la gravité de la situation ».

Les deux groupes d’écologistes exhortent tout ce beau monde, instamment et sans plus tarder, à lancer  une action de communication concernant les dégâts actuels que subit l’environnement et  à sensibiliser à l’urgence d’une mobilisation nationale citoyenne pour faire face à la situation.

Concrètement, ils réclament la mise en place de «  comités d’éco-vigilance dans les communautés urbaines et rurales », alors que les collectivités locales et les forces de sécurité, les entreprises économiques et les établissements scolaires universitaires sont appelés  à assumer leur responsabilités respectives, en traquant toute agression contre l’environnement, en organisant des actions de dépollution, en encourageant l’éducation environnementale à travers l’organisation de campagnes de propreté avec la participation des élèves, des étudiants et du personnel enseignant et administratif.

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