Rached Ghannouchi lance déjà la précampagne de son parti

Rached Ghannouchi lance déjà la précampagne de son parti

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Rached Ghannouchi vient de livrer

Rached Ghannouchi vient de livrer, dans un article publié, mardi 12 novembre, sur le site Aljazeera net, sa vision de la situation et ses propositions pour en sortir .

L’article , publié à la veille de la reprise du Dialogue national , prévue pour le début de la semaine prochaine , nous fait savourer le style inimitable de Rached Ghannouchi , plein d’allégories , d’images rhétoriques , donnant l’impression que le verbe soigné compense les carences de l’analyse et le manque d’objectivité dans l’approche .

L’article n’apporte rien de nouveau pour le Tunisien averti, hormis deux idées ramassées . L’une porte sur la nature politique de la crise actuelle , “elle ne se rapporte ni à la sécurité, ni à l’économie , ni à la justice mais purement à la politique” dit-il de manière claire .L’autre porte sur une prédication assez étonnante de la part du leader du parti majoritaire qui paraît tenir toutes les ficelles entre les mains : si la crise n’était pas traitée de manière judicieuse, elle pourrait aboutir à un renversement de la situation pour le compte de la contre-révolution , ou à une somalisation du pays .

Deux sujets d’importance majeure sont évoqués de manière évasive: la gestion calamiteuse du gouvernement et le terrorisme, qui expliquent , pourtant ,en grande partie ,la crise politique actuelle . La crise n’est pas le résultat de cette gestion calamiteuse, mais d’un déséquilibre issu des élections d’octobre 2011 , qui a divisé la classe politique en gouvernement et opposition .Il rappelle que ce schéma incompatible avec les exigences des périodes transitoires pendant les révolutions , Ennahdha a voulu l’éviter à tout prix , mais lui a été finalement imposé du fait du refus de plusieurs partis de faire partie du gouvernement issu des élections . Le terrorisme est cité une seule fois dans l’article, et traité dans sa dimension régionale, au moment où le leader islamiste s’attarde un peu plus sur ce qu’il appelle la menace de soulèvement sécuritaire qui prend pied dans la crise politique et sociale. Dénonçant l’agenda de ce soulèvement qui ne cesse d’œuvrer à isoler le gouvernement et créer les conditions d’un scénario à l’égyptienne, il finit par accoler ce projet au Front populaire.

Après avoir donné sa version de l’évolution de la situation, depuis les élections du 23 octobre , il affirme que la responsabilité de la crise incombe aux partis qui ont préféré se ranger dans l’opposition en une période transitoire qui ne le permet pas , et avance que l’issue de la crise nécessite des garanties à tout le monde et surtout à la majorité qui détient le pouvoir .

Il énumère les sacrifices consentis par la majorité, depuis l’assassinat de Chokri Belaid, en février 2013 . Elle a cédé les ministères de souveraineté à des hommes neutres, et a annoncé par le biais de Ali Laârayedh, « de manière courageuse et sage » sa volonté de quitter le pouvoir , depuis le coup d’envoi du Dialogue national .

Il juge positivement l’initiative du Quartet , mais avance que sa mission ne peut réussir que si on tient compte du souci premier de la majorité qui gouverne .Elle ne veut céder la présidence du gouvernement qu’à une personnalité neutre et connue vraiment pour sa probité , forte de caractère et dont le passé doit être jalonné des exploits de la lutte contre le despotisme . Ce casting correspond justement à Ahmed Mestiri, et dénote que le parti islamiste tient toujours à cette candidature controversée.

Le message principal de Rached Ghannouchi est bien clair : nous avons gouverné le pays, l’opposition porte la responsabilité de l’échec de notre exercice de pouvoir, et doit nous faire le maximum de concessions pour nous rassurer.

Se dédouaner des tares des deux ans de pouvoir et avoir les garanties requises vise à entrer dès maintenant dans la précampagne électorale avec le maximum d’atouts.

Aboussaoud Hmidi

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