Tunis : ’’Winou El Petrole’’ met le feu aux poudres …et à...

Tunis : ’’Winou El Petrole’’ met le feu aux poudres …et à la toile

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Prise de conscience ou phénomène de société éphémère ? La campagne

Prise de conscience ou phénomène de société éphémère ? La campagne “Winou El Petrole”ne finit pas depuis son lancement voici quelques jours d’interpeller les Tunisiens et surtout les responsables du secteur de l’énergie, pétrole et gaz singulièrement, qui sillonnent les plateaux de télévision pour expliquer à l’opinion publique ce qu’il en est exactement, chiffres à l’appui. Pendant ce temps, sur la toile, on assiste à une explosion de posts et de réactions qui donnent la mesure de l’importance que revêt la question aux yeux des Tunisiens.

Les organisations et associations de la société civile ne sont pas en reste. L’UGTT vient de s’y exprimer par le truchement de son secrétaire général adjoint de l’UGTT, Noureddine Taboubi qui a appelé à l’adoption du principe de la transparence en ce qui concerne toutes les ressources naturelles du pays , ajoutant qu’il est du droit du peuple de se poser des questions et du devoir des responsables et des entreprises en charge du secteur de livrer la vérité telle qu’elle est.

Il a, au demeurant, égratigné le déficit de communication qui entache le secteur des hydrocarbures, affirmant que la vérité, toute la vérité sur le secteur doit être portée à la connaissance du citoyen sans détour ni dissimulation de l’étendue réelle du potentiel énergétique du pays. Bien plus, il a exigé que tous les dossiers soient portés sur la place publique pour que l’on soit édifié sur le sort réservé aux revenus générés par ces ressources et leur affectation à un développement régional équitable, selon ses dires.

L’organisation “I Watch” (Ana Yakidh), elle, a annoncé qu’une pétition virtuelle est lancée pour revendiquer la réalisation d’un audit global des entreprises pétrolières sous l’égide d’une commission parlementaire indépendante.

L’organisation œuvrera à collecter, le maximum de signatures pour inciter le gouvernement à réaliser un audit global des comptes dans le secteur du pétrole, a affirmé Youssef Ben Belgacem, directeur de la section gouvernance au sein de l’ONG, précisant cette démarche vise à rétablir la confiance entre le citoyen et l’Etat.

Il a ajouté que ” la présentation des résultats des audits aux citoyens en toute transparence et clarté” constitue la solution idéale pour dissiper les doutes quant à la légalité des contrats pétroliers signés par l’Etat tunisien.

Un flagrant déficit de communication !

Badiî Ben Mabrouk, le président de l’Association tunisienne de transparence dans l’énergie et les mines (ATTEM), a, dans une interview à Africanmanager, reconnu l’existence d’un déficit de communication dans le secteur de l’énergie, précisant, toutefois, que, dans l’évaluation globale du secteur énergétique, la Tunisie a un classement moyen mais qui aurait pu être meilleur, en raison précisément de l’absence de communication et de divulgation de l’information.

« Il y a une lacune et un gap entre ce qu’attend la société civile et les données du gouvernement et des opérateurs actifs dans le domaine », a précisé le président de l’ATTEM, avant d’expliquer que cette carence en communication induit une incompréhension et ouvre la porte à la spéculation, laquelle ne mènera qu’à la tension sociale, selon ses dires.

Toutefois, il a reconnu que « la non communication et la non divulgation de l’information dans le secteur de l’énergie n’est pas due à la mauvaise foi ni à une volonté de dissimuler les choses, mais plutôt à une attitude de mutisme et de conservatisme irritée de plusieurs années voire de l’époque colonialiste ». « L’Etat et l’administration ont l’habitude de garder l’information pour eux », a-t-il dit.

Le président de l’ATTEM a, néanmoins, indiqué que les mentalités ont changé et qu’il est temps de dévoiler les vraies informations et les chiffres réels pour qu’il n’y ait plus de malentendu.

Il a cité, dans ce cadre, les interrogations et les revendications exprimées sur le réseau social, Facebook, des revendications qu’il qualifie de légitimes par rapport au manque d’information et de communication.

C’est ainsi qu’il a appelé les entreprises actives dans le secteur de l’énergie à communiquer d’une façon convenable et pertinente et de dire à l’opinion publique ce qu’il en est et lui communiquer les chiffres réels.

M.L.

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