AccueilLa UNETunis : C’est mal parti pour Abdelwaheb Maatar.

Tunis : C’est mal parti pour Abdelwaheb Maatar.

Le ministre qui a créé 100.000 nouveaux postes d’emplois en une seule année, a, certes, moins d’un mois, dans son nouveau poste au commerce. On ne l’a pas encore entendu annoncer qu’il va réduire l’inflation à 0%, mais les premiers indices, en matière de maîtrise des prix, donnent à croire qu’il pourrait être en voie de perdre le pari des prix comme il a déjà perdu celui de l’emploi. Mais voyons d’abord les chiffres.

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Quelques jours avant de prendre possession du fauteuil de son prédécesseur, l’inflation était déjà à 5,8%. Béchir Zaafouri et ses équipes du ministère du Commerce, avaient même réussi à la faire reculer de quelques points, la ramenant ainsi de 6 %, en janvier 2013, à 5,8 %, en février de la même année. D’un mois à l’autre, tout ou presque avait augmenté dans le panier de la ménagère, même s’il est toujours vieux de plus de 7 ans, ce qui introduit une assez large marge d’erreur sur les chiffres de l’INS (Institut National de la Statistique). Ces chiffres de l’inflation «made in INS », sont aussi faussés par le fait que la corbeille de l’INS inclut les prix réglementés par l’Etat et qui ne bougent que peu. Tout cela fait dire aussi à plus d’un expert que le vrai chiffre de l’inflation dépasserait les 10 %.

La plus importante hausse en matière de prix, entre février et mars 2013, a été celle du groupe aliments et boissons. Le glissement y a été de 8,8 %. A l’exception des volailles, tout a augmenté, entre mars 2012 et mars 2013. Tout en tenant compte de la différence entre les prix officiels et les prix pratiqués, c’est l’INS lui-même qui indique que les prix des viandes ont augmenté de 13,3 %. Dans certaines zones, tel que nous l’avions constaté de visu, le prix de la viande ovine approche les 30 DT le kilo. L’INS indique aussi, qu’entre février et mars 2013, les prix des huiles alimentaires ont progressé de 12,7 %, ceux des légumes frais de 11,2 %, ceux des œufs, laits et dérivés, de 9,3 %.

Cette tendance, haussière annuelle, semble continuer et d’un mois à l’autre entre février et mars de l’année en cours, presque touts les produits du groupe alimentaire, enregistrent une hausse comme le montre notre tableau. Et de n’importe quel angle de vue des chiffres de l’INS à propos des prix du couffin de la ménagère, on ne remarque que les augmentations dans le reste des groupes de produits.

Les prix des vêtements et chaussures ont, certes, baissé de 0,1 % entre février et mars sous l’effet de la prolongation des soldes. Mais ces mêmes prix ont grimpé de 7,5 % au cours du 1er trimestre 2013, comparé à la même période de 2012. Par rapport à mars 2012, les prix du transport ont augmenté de 6 %, où on retrouve l’effet des dernières augmentations des prix des carburants et la hausse des prix des voitures. Le groupe transport a augmenté de 1,9 % et de 4,6 % d’un trimestre à l’autre. Même le groupe santé s’est inscrit à la hausse, de 0,1 % d’un mois à l’autre et 1,6 % d’un trimestre à l’autre.

Tous ces chiffres, de celui de l’inflation qui est à un 6,5 % jamais atteint depuis une décennie, à celui des glissements mensuels qui ne s’arrêtent plus, veulent dire, à notre sens, que l’inflation s’inscrit désormais dans une hausse structurelle. On imagine en effet mal, que le mois d’avril ou ceux d’après, puissent apporter un retrait de 3 point de l’inflation. Cela, d’autant plus qu’en partie, cette inflation est importée notamment par la baisse de la valeur du dinar tunisien.

Avec une inflation, hors énergie, de 4,7 %, une inflation dont un glissement des prix réglementés de 7,6 % a été le déclencheur de l’envolée, il nous semble, en effet, difficile d’inverser le trend haussier et de revenir ainsi, en un mois ou plus, à un taux de 3 ou 4 %.

Un Conseil des ministres a dernièrement annoncé une batterie de mesures visant la maîtrise des prix et la protection du pouvoir d’achat du citoyen. Décision a ainsi été prise d’augmenter les prix des produits agricoles sensibles et signer des conventions avec les producteurs pour le gel des prix, d’assurer l’approvisionnement en produit national, le recours à l’importation, le cas échéant, et de mettre en place un programme de constitution de stocks. Des mesures, fallait-il le dire, qui ne s’attaquent nulle part aux vraies causes de la hausse. En premier lieu, la contrebande par des groupes qui s’approvisionnent directement auprès des producteurs et qui dérégule l’offre et pèse sur la demande, tirant les prix vers le haut. En second lieu, il y a la hausse des coûts des intrants, comme l’électricité et les carburants. Il est important, à ce propos, de signaler que l’indice des prix de vente industriel s’inscrivait, depuis janvier 2013, à la hausse. Cette hausse était de 3,4 % pour les 2 premiers mois de cette année, avec même un pic de +6,1 % pour les produits agroalimentaire !

Tout ceci rend la tâche ardue et même impossible, au nouveau ministre du Commerce. A en croire le site Arabesque, il y aurait été, quelques jours après sa nomination de l’inflation de son cabinet. Sitôt installé dans son nouveau maroquin de ministre du Commerce, Abdelwaheb Maattar a nommé six conseillers. Pour l’instant, le ministre et ses conseillers, ne réussissent pas à dompter les prix. Attendons la confirmation pour avril.

Khaled Boumiza.

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