AccueilLa UNETunis-Essid : Emplois fictifs et dilapidation de l’argent public (vidéo)

Tunis-Essid : Emplois fictifs et dilapidation de l’argent public (vidéo)

A la vue de certains chiffres des dépenses de l’actuel gouvernement de Habib Essid, on serait presque tenté de reprendre le fameux «j’accuse» d’Emile Zola. On ne parle pas ici des dépenses pour les fleurs, comme en était friand un autre ancien locataire de La Kasbah. On ne parle pas non plus du salaire à vie de chef de gouvernement ou de son pléthorique gouvernement de 47 personnes sans compter les conseillers. On parle ici des énormes sommes d’argent ordonnées et dépensées par le gouvernement Habib Essid pour des personnes qui n’y auraient normalement pas droit, en tout cas pas au titre où elles leur sont données. Jugez-en !

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Un milliard de dinars du budget de l’Etat est ainsi alloué aux aides «improductives», dont 300 millions de dinars pour les travailleurs de l’environnement, 265 millions de dinars pour ceux des chantiers et 330 millions DT pour «Amal nouvelle formule».

«Dépenses inutiles ou rémunération de gens inactifs sans aucune création de valeur ni d’entreprises » se demandait il y a quelques jours Hassan Zargouni de Sigma, dans un Post sur sa page fb et où il compare ces sommes à «un appel pour d’autres candidats à l’assistanat et un frein au développement.

Forte tête syndicaliste pourtant, Adnane Hajji a été plus explicite et plus direct à ce sujet. «Depuis leur création, ces société d’environnement n’ont aucune activité. Ce sont des employés qui ne travaillent pas et des sociétés fictives. Ce qui est plus grave, c’est que ces employés ont été augmentés avec des salaires de 550 DT au bas mot et s’adonnent à côté à d’autres activités» a-t-il dit. Cela s’appelle du travail fictif et le gouvernement devrait être questionné à ce propos. Sinon pourquoi traîner en justice d’autres personnalités pour des délits similaires ?

Partenaire, de taille, au gouvernement de Habib Essid, le leader du parti Ennahdha Rached Ghannouchi est lui aussi contre cette cabale salariale. «Nous croyons donc que ces augmentations de salaires doivent prendre en compte les possibilités et les capacités du pays. Et j’estime qu’il faudrait désormais revenir à ce qui était appliqué sous le gouvernement Hédi Nouira où les augmentations salaires étaient liées à celle de la productivité. On ne peut pas nier que la production soit en forte baisse, avec un employé qui ne travaille pas plus de 20 minutes la journée, alors que tout le monde demande des augmentations. Cela ne peut nous amener qu’à endetter encore plus le pays et à quémander des aides à l’étranger et partant mener le pays à la faillite. Qu’est-ce qui resterait alors ? Mettre le pays en hypothèque?», se demandait-il la semaine dernière au micro de la radio nationale.

(Voir la vidéo)

Plus de 220 MDT d’augmentations salariales déguisées ont été signées par le gouvernement Essid au profit des enseignants du secondaire. Une enveloppe similaire est attendue pour ceux de l’enseignement de base, si on ne compte que ce seul corps de métier, celui des enseignants. Plus de 270 MDT d’augmentations salariales sont aussi attendues, au titre des prochaines négociations salariales, UGTT/Gouvernement, encore faut-il que le syndicat ouvrier accepte la proposition des 45 DT, faite la semaine dernière par le gouvernement qui aurait juré, selon des sources syndicales, de ne pas en démordre, et que le secrétaire général Houcine Abassi n’arrivera pas à faire plier Essid sous les menaces d’autres grèves.

En face, c’est un Etat qui s’endette et n’arrêtera pas de sitôt. Intervenant il y a une semaine sur les ondes de la Radio publique tunisienne, le ministre des Finances Slim Chaker a lancé cette boutade, cependant véridique. «Je suis un ministre réel, qui dépense un budget virtuel» a-t-il dit en évoquant les capacités financières de l’Etat tunisien. Selon les derniers chiffres de la Banque Centrale de Tunisie, l’endettement, national et international, de la Tunisie à la mi-mars, représentait 51,5 % du PIB. A fin février 2015, l’exécution du budget de l’Etat tunisien pour l’exercice 2015, donnait déjà la mesure de l’énorme gâchis des deniers publics.

A cette date, en effet, les dépenses de gestion de l’Etat représentaient plus de onze fois celles d’investissement. Des dépenses de gestion où les salaires représentaient plus de la moitié (7 à 800 MDT par mois). Manifestement donc, le gouvernement Habib Essid est en train de gaspiller de l’argent public et cela s’appelle de la mauvaise gestion ! Un salaire qui ne produit aucune valeur ajoutée, c’est du gaspillage. Une augmentation salariale qui n’a pas sa contrepartie en augmentation de la production et en amélioration de la productivité, est une mauvaise gestion. Essid pourrait essayer d’arguer que cela sert à «acheter» la paix sociale. On lui rappellerait alors que l’UGTT ne vous a jamais rien promis de tel et que Houcine Abassi vous a maintes fois assuré qu’il ne contrôlait plus sa base !

Khaled Boumiza

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