Tunis : La BIAT en tête du podium, Amen Bank monte, l’ATB...

Tunis : La BIAT en tête du podium, Amen Bank monte, l’ATB en légère hausse!

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Le secteur bancaire tunisien fait encore montre de résilience

Le secteur bancaire tunisien fait encore montre de résilience, et ce en dépit d’un contexte économique, politique et social marquée par l’instabilité et une croissance économique timide, comme en témoignent les derniers chiffres de l’intermédiaire en bourse, Tunisie valeurs. En effet, sur les 9 premiers mois de l’année en cours, les dépôts du secteur ont enregistré une hausse de 4.2% à 44 419MDt. Une progression accompagnée par un renchérissement du coût des ressources suite à une concurrence plus agressive entre les banques de la place, l’augmentation du plancher de la rémunération de l’épargne et la rareté des ressources.

Le trend de croissance devrait, par conséquent, se poursuivre sur le dernier trimestre de l’année, notamment à la lumière de la stabilité politique et la reprise de la confiance.

En termes de chiffres, avec un encours dépassant les 7 000MDt, la BIAT maintient son leadership, devançant de loin le reste des banques, avec une part de marché de 16.6%. Conjugué à cela, la banque bénéficie d’un avantage compétitif de taille par rapport à ses consœurs suite à une collecte très bon marché (coût de ressources estimé de 2.3% pour 2014, le plus faible du secteur) qui lui laisse une plus grande marge de manœuvre au niveau de son taux de sortie, souligne la même source.

Pour sa part, Amen Bank continue son ascension fulgurante. Avec une croissance solide de 15.3% de sa collecte, la banque se classe désormais en deuxième position devant la BNA et la STB. Un reclassement qui reste toutefois à nuancer vu la course aux parts de marché qui la pénalise au niveau de sa rentabilité. A l’opposé de la BIAT, Amen Bank enregistre le coût de ressources le plus élevé de la place (estimé à 4.6% pour 2014).

S’agissant de l’évolution des crédits, il ressort de cette analyse que malgré un climat d’affaires morose, l’activité de crédits a enregistré une croissance de 5.3% depuis le début de l’année. Cette croissance doit être prise avec précaution à ce stade vu la difficulté d’évaluer la qualité de ces nouveaux crédits et la solidité d’une telle croissance. La publication des comptes annuels 2014 sera, cependant, certainement un meilleur indicateur quant à la réactivité des banques face au durcissement récent de la réglementation bancaire.

Il est à signaler, en outre, que malgré les difficultés que connaît la STB, la banque publique maintient sa première place en haut du tableau avec un encours total 7 446MDt. En 2013, 28% des créances de la banque sont classées (2 368MDt).

Le PNB du secteur a enregistré une progression de 7% par rapport à la même période de l’année dernière. Contrairement aux dernières années, la hausse du PNB a principalement émané des commissions et des revenus de placements. En effet, l’impact de la hausse du taux minimum de rémunération de l’épargne (TRE) et la quasi stagnation du TMM ont pénalisé la marge d’intérêt du secteur. Son poids dans le PNB a par ailleurs diminué passant de 58.5% à 55.9% entre septembre 2013 et septembre 2014.

L’effet est particulièrement perceptible pour la BH qui a quasiment doublé ses revenus de placements, lui permettant ainsi de compenser la baisse de l’activité d’intermédiation (-5.3%) et d’afficher une croissance de 12.5% du PNB. Le poids de la marge d’intérêt dans le PNB a ainsi perdu près de 10 points de pourcentage passant de 71% à 60%.

En revanche, la BIAT continue d’afficher le meilleur PNB de la place (349MDt). Grâce à une collecte peu onéreuse, une activité de placement plus agressive, et des niveaux de commissions parmi les plus élevés du secteur, la BIAT devrait franchir, sur l’année pleine, le pallier des 500MDt. Quant à l’ATB, la banque n’a pas profité de sa structure atypique en revenus de placements pour booster son PNB. Pénalisée par une baisse de 14% de la marge d’intérêt, elle n’enregistre qu’une légère hausse de 2.9% de son PNB à 128MDt.

Kh.T

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