Tunis-Notation de Moody’s :Un coup d’épée dans l’eau!

Tunis-Notation de Moody’s :Un coup d’épée dans l’eau!

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De l’avis unanime des analystes économiques tunisiens

De l’avis unanime des analystes économiques tunisiens, la dernière notation de l’agence Moody’s concernant la note souveraine de la Tunisie et le changement de la perspective de négative à stable n’apportent pas grand-chose à l’économie du pays, d’autant, estiment-ils, que l’on ne pourra pas escompter une évolution des notes ni dans un sens ni dans l’autre sur le court terme du moins.

C’est notamment l’avis de Walid Belhaj Amor, président du Centre tunisien de veille et intelligence économique (CTVIE) qui a déclaré à Africanmanager que la révision de la perspective de la Tunisie de négative à stable signifie qu’il n y’aura pas de changement de perspective à court terme, ajoutant que la situation en Tunisie sera stable et il n y aura ni d’amélioration ni dégradation de l’économie tunisienne.

Cette note traduit, selon lui, l’état des lieux de la situation économique du pays notamment en l’absence de décisions qui donnent de signes positifs d’amélioration de l’économie nationale, soulignant que les Tunisiens attendent à ce jour un programme économique clair, des réformes et des projets de loi, notant , au demeurant, qu’un climat social caractérisé par la multiplication du nombre des grèves et les pertes qui en découlent, accable le secteur tant public que privé.

En revanche, Walid Belhaj Amor a estimé positif le fait que la perspective soit changée à sable, ce qui, ajoute-t-il, est préférable à son maintien.

Il a expliqué que cette perspective accordée à la Tunisie est confortée par le fait que le pays s’est doté d’un nouveau gouvernement élu.

« Une perspective stable cela veut dire qu’on ne doit pas s’attendre à des changements à court terme voire d’ici la fin de l’année 2015, une période durant laquelle, Moody’s doit rendre publique sa nouvelle notification ».

Moody’s peu enclin à améliorer la note !

Dans cette analyse, le président du CTVIE est manifestement logé à la même enseigne que le professeur de finance internationale, Moez Laabidi qui a estimé dans des déclarations à l’agence TAP, que la notation de Moody’s n’aura pas d’impact significatif sur l’économie tunisienne et que le changement de la perspective aura des conséquences minimes sur les investissements directs étrangers , soulignant qu’il faudra attendre au moins le changement de la note pour que les investisseurs étrangers puissent changer sérieusement de comportement.

Ila indiqué que le changement de la perspective prend racine dans un certain nombre de facteurs dont la réussite institutionnelle, avec l’organisation d’élections démocratiques crédibles dignes d’une grande démocratie, la sortie de l’impasse financière, puisque les barrières au financement externe s’estompent, comme l’a bien confirmé la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international et enfin la culture du consensus qui s’est imposée aujourd’hui comme une spécificité tunisienne (par rapport aux autres pays du printemps arabes) et a permis la formation d’un gouvernement d’union nationale où des formations laïques cohabitent avec un parti islamiste, Ennahdha.

Il n’en a pas moins fait remarquer que Moody’s ne semble pas convaincu d’aller vers une amélioration de la note. Il en veut pour preuves le retard pris dans les réformes (secteur bancaire, fiscalité, PPP, …), la multiplication des problèmes sécuritaires et des fondamentaux économiques qui n’arrivent pas à s’extirper du rouge (un taux de croissance de 1,7% pour le premier trimestre, un taux inflation à 5.7%, une forte dépendance des banques du financement de la BCT, un niveau alarmant du déficit courant, un budget criblé de majorations salariales, la faiblesse de l’investissement privé,…)

« Tant que l’audace politique n’est pas au rendez-vous, tant que le discours populiste trouve des adeptes dans la classe politique et tant que le syndicalisme ne déserte pas le terrain des revendications déstabilisantes pour les finances publiques, la dynamique de réforme restera grippée et notre séjour dans le «speculative grade land» risque de durer encore pour une bonne période », a-t-il averti.

L.M.

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