AccueilLA UNE IDTunis-Pétrole : Le ministre Zakaria Hamad a tout dit…ou presque!

Tunis-Pétrole : Le ministre Zakaria Hamad a tout dit…ou presque!

Le dossier des ressources énergétiques a l’air de devenir brûlant sous toutes ses coutures. Certes la campagne « winou el petrole » y est pour beaucoup avec ses prolongements troublés et troublants, mais, en se saisissant de la question, le législateur-entendons par là l’Assemblée des représentants du peuple- a imprimé une autre dimension à ce qui est devenu en Tunisie LA polémique. Le ministre de l’Industrie, de l’énergie et des mines, Zakaria Hamed, s’en est expliqué mardi devant deux commissions de l’ARP, entraînant dans son interpellation PDG et Directeurs généraux en charge de tout ce qui est ressources énergétiques en Tunisie.

Surtout, il a été question des accusations de putative corruption entachant les contrats des hydrocarbures en Tunisie, tirées des recommandations de rapports d’organismes d’audit. Là, le ministre a affirmé que le rapport de l’équipe de contrôle général des finances, n’a fait aucune observation à propos du contrôle des puits de production, des réservoirs de stockage et des moyens de mesure des hydrocarbures. Il a cependant reconnu que les missions de contrôle complémentaire ont permis de lever les réserves sur les différences entre les quantités des hydrocarbures produites et celles commercialisées, dont le taux ne dépasse pas 1%.

En ce qui concerne l’absence de matériel de mesure de contrôle dans les champs gaziers exploités par les sociétés étrangères, selon des contrats conclus avec la Tunisie, le ministre a fait savoir que le comptage fiscal est toujours assuré et fonctionne régulièrement.

Tout en jugeant légitime la campagne «où est le pétrole?» pour autant que son objectif réel soit de déterminer la valeur réelle des richesses naturelles du pays et de consacrer la transparence, il a exprimé son refus de cette campagne qui vise à perturber l’action du gouvernement, selon ses dires.

Il est visiblement relayé en cela par le rapporteur de la commission de l’énergie et député du Nidaa Tounes à l’ARP, Taïeb Madani qui a estimé que la campagne Winou el pétrole est politique et que certains députés se sont joints à cette campagne soit pour l’orchestrer soit pour y apporter leur grain de sel, affirmant que l’Etat aurait dû négocier les contrats d’exploitation en dinars au lieu du dollar.

Pour lui, le problème du pétrole en Tunisie n’est pas lié aux chiffres relatifs à la production qui ont été présentés mais aux contrats signés avec les sociétés pétrolières, soutenant qu’il n’a jamais mis en doute les chiffres de production mais qu’à titre d’exemple le champ pétrolier Naouara à Tataouine est enveloppé d’opacité.

Au demeurant, Les experts continuent d’y aller de leurs analyses. La dernière en date, on la doit à l’expert international dans le domaine de l’énergie, Ridha Maamoun qui a affirmé dans une déclaration à Africanmanager que « les propos du ministre sont erronés » car, avance-t-il, la Tunisie possède d’énormes ressources naturelles, se déclarant prêt à « dévoiler les affaires de corruption et toutes les vérités s’y rapportant ». A l’appui de ce qu’il soutient, il a affirmé que « près de 450 puits de pétrole sont répartis dans le Sahara tunisien, la Tunisie possède de nombreux puits mais les parties concernées ne veulent pas en parler, car il y a de nombreuses affaires de corruption. Nous avons des documents prouvant des dépassements en la matière, a-t-il affirmé.

A la recherche des instigateurs

Pour l’heure, le dossier demeure cantonné à la sphère politique, et ne semble pas gagner le prétoire comme le bruit en avait couru. Le porte-parole officiel du ministère public, Sofiène Sliti, a affirmé que ce qui a été rapporté sur une information que le Parquet projetterait d’ouvrir à l’encontre des instigateurs de la campagne « winou el petrole » est dénué de tout fondement.

Dans une déclaration à Africanmanager, il a cependant indiqué que toute la vérité serait dite à l’opinion publique si une information judiciaire était diligentée.

Il est à noter que des soupçons pèsent sur des parties qui seraient derrière cette campagne, les mouvements de protestation auxquels elle a donné lieu et les troubles qui ont éclaté dans le gouvernorat de Kébili.

Selon le président du comité de dénonciation de la campagne « winou el petrole », Mondher Guefrèche, le comité est parvenu à disposer de vérités sur ceux qui sont derrière la campagne et qui la financent, pointant du doigt des dirigeants connus du mouvement « Peuple des citoyens » et nombre de députés de l’ARP qui se sont rendus à Douz pour « semer la discorde et inciter au renversement du gouvernement », selon ses dires.

M.L.

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