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Tunis-Taux de croissance : La BAD apporte de l’eau au moulin du gouvernement Essid, elle prévoit 3% en 2015 et 4,1% en 2016

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Visiblement, les prévisions du taux de croissance de la Tunisie en 2015 fluctuent au gré de leurs auteurs, et ils ne sont pas du petit nombre, à commencer par les experts « maison » qui sont les plus pessimistes, pronostiquant une croissance nulle ou au mieux ne dépassant pas le 1%. Pourtant, les paramètres sur lesquels sont basés les scénarios des uns et des autres sont pratiquement les mêmes, à charge pour conjoncturistes d’en tirer les conclusions les plus proches et qui ont le plus prise sur la réalité. Le ministre tunisien des Finances s’en tient à ses 3%, un taux auquel souscrit le Fonds monétaire international, rejoint en cela tout récemment par la Banque africaine de développement.

En effet, la BAD évoque un taux de croissance de 3% en 2015 et de 4,1% en 2016. Ses experts ont estimé aussi que la baisse des prix du pétrole autour d’un prix moyen de 65 dollars le baril de brut devrait se maintenir en 2015 et jouer de manière positive au moins à deux niveaux. D’une part, cette baisse devrait améliorer la balance énergétique, dont le déficit a atteint 3,6 milliards de dinars tunisiens en 2014, et de l’autre, permettre une stabilisation de l’économie par une diminution du déficit commercial, du déficit courant et une amélioration du déficit budgétaire.

En fait, la BAD prévoit une meilleure maîtrise du déficit budgétaire dans le pays, lequel passerait de -4,7% du PIB en 2014, à -4,5% en 2015, pour se situer au niveau de – 4,2% du PIB en 2016. Même constat pour le déficit courant, qui serait de l’ordre de 6% du PIB en 2015 (-7,9% en 2014) et de -5,5% du PIB en 2016. “La baisse des cours du pétrole devrait, également, contribuer à l’amélioration de la compétitivité et de la situation économique dans la zone euro, déjà favorisée par la baisse de la monnaie européenne par rapport au dollar.

Un contexte favorable qui devrait bénéficier à la Tunisie, notamment sur le plan des exportations et de l’investissement direct étranger (IDE)”, a encore noté la BAD.

Aussi la Banque Africaine a-t-elle recommandé au gouvernement de profiter du contexte favorable créé par la baisse des prix du pétrole pour accélérer la réforme en matière de subventions énergétiques et obtenir de nouvelles marges de manœuvre budgétaires.

Sur le plan des réformes structurelles, “l’existence d’une majorité parlementaire devrait permettre le vote des lois stratégiques demeurées en suspens durant la période de transition (2011-2014) dans le domaine de la réforme du secteur financier, de la concurrence, de la faillite et des partenariats publics privés (PPP)”, note le rapport de la BAD.

Pour ce qui est de l’inflation, la BAD estime qu’elle devrait également refluer en 2015 pour se situer au niveau de 5% (contre 5,5% en 2014) et 4,4% en 2016.

Dans son rapport sur les « Perspectives en Afrique 2015 », la BAD a estimé que « le retour à une plus grande stabilité économique et politique en Égypte et en Tunisie contribue à restaurer la confiance des investisseurs ». La reprise progressive des marchés d’exportation et l’amélioration de la sécurité devraient soutenir la croissance, notamment du secteur touristique, même si les attaques terroristes de mars 2015 à Tunis ont suscité de nouvelles inquiétudes.

Plus généralement, en Afrique du Nord, la croissance reste inégale, constate l’institution financière africaine, les retombées des soulèvements de 2011 se faisant toujours sentir. La situation en Libye est extrêmement instable, avec des luttes de pouvoir entre différents groupes et l’effondrement des structures de gouvernance politique et économique. La production de pétrole a encore chuté au premier semestre 2014 et, malgré un léger redressement au second semestre, la croissance a de nouveau été négative en 2014, sachant que les perspectives sont éminemment incertaines.. En Algérie, la production de pétrole a augmenté pour la première fois depuis huit ans et stimule la croissance, aux côtés du secteur non pétrolier. Au Maroc, la production agricole a diminué en 2014, après les niveaux exceptionnels de 2013, et plombé la croissance du PIB. Mais celle-ci devrait repartir, sous réserve d’une campagne agricole normale et du redressement des marchés d’exportation. La Mauritanie continue d’afficher la croissance la plus forte et la plus stable de la région, sous-tendue par des politiques macroéconomiques et structurelles favorables. La performance de 2014 est essentiellement à imputer, côté offre, au secteur minier (minerai de fer) et à la construction et, côté demande, à la consommation et l’investissement privés. La part exceptionnellement élevée des investissements dans le PIB (environ 45 %) augure bien de l’avenir.

M.L.

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