“Tunisia 2020 ” permettra à la Tunisie de retrouver sa place en...

“Tunisia 2020 ” permettra à la Tunisie de retrouver sa place en tant que destination compétitive et d’investissement

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La conférence internationale pour l’investissement (Tunisia 2020) qui se tiendra les 29 et 30 novembre 2016 à Tunis, permettra au pays de retrouver sa place en tant que destination compétitive et d’investissement, a déclaré le ministre de l’industrie et du Commerce Zied Ladhari.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, le ministre a ajouté que le gouvernement œuvrera, à travers cette manifestation, à renforcer ses marchés traditionnels dans le secteur industriel comme la France, l’Italie et l’Allemagne, tout en garantissant son ouverture sur les pays de l’Europe de l’est, l’Asie, les Etats Unis et le Canada.
Q/ : Quelles sont les objectifs assignés à la conférence internationale pour l’investissement (Tunisia 2020) ?
R/ : Cette conférence internationale permettra à la Tunisie de retrouver sa place en tant que destination compétitive et d’investissement qui attirera ” les radars des investisseurs internationaux “, et de modifier l’image d’un pays qui connait des perturbations et des changements politiques.
Cette manifestation aidera le gouvernement à garantir la réussite de la transition économique après celle (transition) politique considérée comme une réussite.
Le défi de la transition économique reste lié essentiellement au renforcement de l’investissement privé seul à même de créer plus d’emplois et de la richesse outre le renforcement de l’exportation et le développement de la valeur ajoutée.
Q/ : Quels sont les secteurs industriels sur lesquels misera la Tunisie au cours de la conférence ?
R/ : Le ministère ouvrera à développer les secteurs innovants à l’instar de l’industrie des composants automobiles et de l’aéronaitiques, en plus des industries pharmaceutiques et du textile industriel qui constituent les priorités du gouvernement d’Union nationale. Ces secteurs sont des secteurs d’avenir qui créent des dizaines d’emplois notamment au profit des diplômés du supérieur, outre de la valeur ajoutée qu’ils génèrent.
Q/ : quelle est la situation actuelle du secteur des composants automobiles ? Et pourquoi un nombre d’entreprises opérant dans ce secteur ont-elles quitté la Tunisie récemment (exemple, l’entreprise américaine Lear Corporation) ?
Le secteur des composants automobiles qui a une grande capacité de création d’emplois (80 mille ), concerne environ 267 entreprises dont 173 totalement exportatrices et 134 entreprises à participations étrangères.
Le secteur a généré des revenus d’une valeur de 6 mille millions de dinars en 2015. La valeur de ses exportations a atteint environ 5250 mille millions de dinars au cours de la même période soit le quart des exportations globales tunisiennes. Sa valeur ajoutée atteint les 30%.
Notre objectif est de booster davantage ce secteur qui connait une croissance grâce à sa capacité de créer des emplois et son contenu technologique. Nous ouvrerons à attirer les industriels internationaux spécialisés dans la fabrication des voitures afin de créer une synergie entre eux et le nombre importants de fabricants de composants automobiles actifs en Tunisie.
S’agissant des entreprises qui ont quitté la Tunisie, leur nombre reste très limité et les causes de leur départ sont expliquées par les choix liés à leur repositionnement au niveau international ou à des mouvements sociaux, outre des problématiques auxquelles elles ont du faire face.
A rappeler que ce secteur vient de retrouver sa vitalité avec une croissance de ses exportations estimée à 15%, au cours du mois d’octobre (par rapport à la même période de 2015).
D’une manière générale, il y a un consensus positif sur les capacités de la Tunisie notamment celles liées à ses ressources humaines qualifiées qui représentent un avantage par rapport aux autres pays concurrents dans la région. Il s’agit en outre de la compétitivité de sa main d’œuvre, la proximité géographique du pays des marchés européens, les facilités logistiques accordées à ces entreprises et l’existence d’une infrastructure de base.
Q/ : Quelle est votre évaluation du secteur des composants d’avions ? Est ce qu’il ya une stratégie pour le développer davantage ?
R/ : Le secteur a connu un développement remarquable et la valeur de ses exportations est passée de 35 millions de dinars (MD) à 500 MD au cours de la dernière décennie. Il emploie actuellement plus de 12 mille personnes et concerne 70 entreprises (9 entreprises de service et 61 entreprises industrielles) actives essentiellement dans la zone industrielle de Mghira.
Nous constatons une hausse du rythme de fabrication d’avions et une augmentation de la demande au niveau mondial et c’est pour cette raison que le secteur revêt une importance pour la Tunisie qui possède tous les attributs économiques lui garantissant la réussite sur ce créneau (position géographique exceptionnelle et des ressources humaines qualifiées, formation….)
Le ministère a conclu un accord avec les industriels et les professionnels en vertu duquel une équipe de travail mixte sera mise en place et se chargera de développer le secteur, de créer des emplois et élargir les opportunités d’exportation, outre la recherche de fabricants internationaux. Autre objectif assigné; élargir le secteur qui devra concerner environ 150 entreprises en 2020.
Q/ : Quelle est la place des industries pharmaceutiques considérées comme un secteur prometteur ?
R/ : Ce secteur qui emploie actuellement environ 5200 personnes, dont une majorité de cadres, enregistre une moyenne de croissance annuelle de 12%. Son chiffre d’affaires a atteint 725 MD en 2015 (dont 6% pour la médecine vétérinaire) et la valeur de ses exportations est estimée à 70 MD . L’industrie locale fournit 48% de la consommation locale de médicaments.
Notre objectif pour la conférence ” Tunisia 2020 ” est de créer une dynamique économique dans le pays pour reconquérir la confiance des investisseurs partenaires traditionnels et de mieux faire connaître la destination Tunisie auprès des nouveaux investisseurs outre d’entamer un dialogue direct avec les décideurs en Tunisie.
Q/ : Comment expliquez-vous le fait que le gouvernement mise sur le textile alors que le secteur fait face à plusieurs difficultés ?
R/ : Effectivement les entreprises non exportatrices opérant dans ce secteur font face à nombre de difficultés, mais pour celles exportatrices, elles ont pu préserver leur position et ont même réalisé une avancée qui reste toutefois peu significative au niveau du volume et de la valeur des exportations.
Le gouvernement œuvrera à booster ce secteur qui reste essentiel pour l’économie nationale et prendra les dispositions nécessaires afin de le préserver parce qu’il représente le tiers des emplois industriels et reste capable d’attirer les grandes entreprises étrangères notamment dans les régions.
Q/: Comment expliquer le manque d’engouement des hommes d’affaires tunisiens pour l’investissement en Tunisie?
R: L’attention a été portée, au cours de ces dernières années, sur le politique, le pays étant passé par une phase de transition et comme toutes les phases de transition dans le monde elle a comporté des difficultés en plus d’un état d’attentisme.
Toutefois, l’expérience de la transition politique réussie, l’édification d’un Etat de droit, la consolidation des entreprises et des réformes structurelles dans le modèle économique ainsi que les nouvelles réformes législatives et juridiques, permettront de conférer plus de crédibilité à la Tunisie. Un retour à la stabilité actuellement sera assuré outre le rétablissement de la confiance des investisseurs étrangers.
Au cours de la prochaine période, le gouvernement accordera une importance majeure à l’aspect économique et présentera toutes les incitations nécessaires à sa réussite.
Q/: Quel plus offrira le gouvernement aux investisseurs par rapport aux pays concurrents dans la région?
R:L’Etat a mis en place une nouvelle plateforme pour encourager l’investissement à travers la promulgation, récemment, de la loi de l’investissement en plus du démarrage de plusieurs réformes législatives et juridiques pour offrir toutes les garanties aux investisseurs en vue de la création de projets, selon les normes internationales.
Par ailleurs, des incitations financières et fiscales seront offertes à l’investissement dans les secteurs prioritaires et les zones de développement régional, de manière à impulser l’investissement et à améliorer la compétitivité du site Tunisie.
Q/: Pourquoi introduire des projets d’aménagement de nouvelles zones industrielles à un coût élevé dans le cadre du plan quinquennal alors que plusieurs experts reprochent le manque de conformité des zones industrielles actuelles aux normes internationales?
R/: Au contraire, il y a une forte demande pour les zones industrielles lesquelles couvrent actuellement une superficie de cinq mille hectares. Ces dernières sont aménagées et limitrophes des ports et aéroports. Elles offrent également les garanties nécessaires à l’investissement et le gouvernement œuvre à intensifier la création d’autres zones afin de répondre aux besoins et demandes des investisseurs.
L’infrastructure de base est devenue une condition sine qua non pour renforcer la compétitivité de la destination tunisienne, d’où l’orientation du gouvernement vers sa consolidation surtout dans les régions intérieures.
Le ministère consacrera par conséquent les deux tiers des investissements programmés à l’aménagement de zones industrielles dans les régions de l’intérieur en vue de leur développement et afin d’y créer la plateforme adéquate à l’attraction des investissements, l’objectif étant de créer des emplois.
Q/: L’Etat a programmé dans le cadre du plan quinquennal des investissements d’un montant de 60 milliards de dollars, quelle sera la valeur des projets prévus dans le secteur de l’industrie?
R/: Le gouvernement compte créer une dynamique pour attirer les investisseurs vers la Tunisie qui a besoin de grands investissements dans le secteur privé, vu la capacité de celui-ci à créer une forte valeur ajoutée et à générer plusieurs postes d’emploi. Les autorités œuvreront à réaliser des investissements de l’ordre de 100 milliards de dinars dans ce secteur et essentiellement dans les secteurs exportateurs.
Cependant, nous ne pouvons pas obliger les investisseurs à investir dans certains domaines et exclure d’autres.
Q/:Quels sont les pays intéressés par l’investissement dans le secteur industriel tunisien?
R/:La Tunisie a des partenaires tradionnels, à l’instar de la France, l’Italie et l’Allemagne dans le secteur de l’industrie mais le gouvernement s’attèlera au cours de la conférence “Tunisia 2020” à s’ouvrir sur les pays de l’Europe de l’Est, l’Asie, les USA et le Canada.
Q/:Comment le gouvernement tiendra-t-il ses promesses vis-à-vis des investisseurs tunisiens et étrangers?
R/:Le gouvernement veillera à offrir un climat d’affaires propice à l’attraction des investisseurs et toutes les incitations nécessaires à la faveur de la coopération de toutes les parties, à savoir les acteurs économiques, sociaux et politiques, indépendamment de toutes les sensibilités et divergences, pour que le défi de la transition économique devienne une responsabilité nationale et puisse être relevé.

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