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Tunisie : Du pas de clerc de Hamadi Jebali à l’explosion des mouvements sociaux

Aux tourments économiques et mouvements sociaux auxquels elle est aux prises, la Tunisie vient ajouter ce qui peut  s’apparenter à une crise politique alors que les tractations en vue de la formation d’un gouvernement issu de la Constituante traînent en longueur, faisant régner un air « quatrième République ».

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Cet état des lieux cultive la singularité de composer une réalité inédite en Tunisie, dans la mesure où il se déploie avant même la formation d’un cabinet censé gouverner le pays à l’enseigne de la stabilité, de la transparence et du consensus. Ce qui est en train de se passer sur l’échiquier politique tunisien fait dire aux observateurs et aux analystes , et même au commun des mortels  que le pays est près de toucher le fond, économiquement, socialement et politiquement, alors que l’on pensait que la Tunisie, une fois les élections du 23 octobre soldées par des résultats transparents et équitables, allait voir enfin le bout du tunnel. Or, il est de plus en plus patent que ce n’est pas le cas, et que ce ne le sera pas avant longtemps, la classe politique née du scrutin de la Constituante cherchant encore sa voie, sans savoir où pouvoir et devoir  aller, soit par inexpérience, soit sous l’effet d’un conflit d’ambitions des principaux partis vainqueurs de l’élection du 23 octobre.

Ce qui ajoute au caractère délétère de cette atmosphère, c’est ce pas de clerc dont s’est rendu coupable le futur premier ministre Hamadi Jebali, en parlant de « 6ème califat éclairé ». Il n’en fallait pas davantage pour susciter cette levée de boucliers et ces remous dont le pays n’a nullement besoin et dont il aurait pu faire l’économie. En tout cas, cette « bourde », car c’en est une,  a vite fait de jeter une ombre sur le fragile consensus qui se dessinait alors que se poursuivaient les consultations entre la troïka Ennahdha, CPR, Attakattol , ce qui a entraîné le retrait du parti de Mustapha Ben Jaafar des trois comités chargés d’élaborer la plateforme politique et économique de la coalition.

Ce faisant, on doit percevoir à travers cet épisode un avant-goût de ce qui attend les Tunisiens sous le régime d’un système parlementaire avec une assemblée constituante à la composition hétéroclite et dont la maîtrise de la chose politique exige de titanesques efforts.

Il est évident que ce tumulte politique vient se greffer sur une situation sociale marquée par une explosion des grèves, sit-in et autres mouvements déclenchés pour des raisons, par endroits, futiles, et dont les conséquences ont tout d’être dévastatrices. Des grèves programmées depuis longtemps, affirme la centrale syndicale comme pour les avaliser. Mais, on ne s’empêche nullement de s’interroger si c’est vraiment le moment d’enfoncer encore plus l’économie du pays  déjà claudicante  sous l’effet de précédentes agitations sociales, et qui est appelée à pâtir de la crise qui est en train de secouer les pays de l’Union européenne, partenaire économique et commercial majeure de la Tunisie.
Que pourrait sortir de ce composé ou plutôt de ce cocktail politico-économico-social explosif sinon le ferment d’une situation , certes nouvelle mais annonciatrice d’un surcroît de déboires et de tourments aussi bien pour les entreprises foncièrement soucieuses de voir la paix sociale enfin s’instaurer pour pouvoir fonctionner, que pour les investisseurs surtout étrangers qui ne voient rien de bon venir dans la foulée du scrutin du 23 octobre, et encore et surtout pour ces centaines de milliers de jeunes Tunisiens qui attendent de trouver du travail , un travail qui se fait encore plus rare pour cause de situation politique et sociale peu amène à la croissance.

Mohamed Lahmar

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