AccueilLa UNETunisie : Et maintenant, que va faire la Constituante pour l’économie ?

Tunisie : Et maintenant, que va faire la Constituante pour l’économie ?

C’est maintenant chose faite. La Tunisie de l’après Ben Ali a démocratiquement élu sa Constituante. Ce n’est  là en principe que le premier pas et qu’il devrait y avoir une seconde élection, législative et présidentielle. D’ici là et même si Béji Caïed Essebssi assure qu’il n’y aura pas de vide politique, l’urgence restera de former le premier gouvernement d’union nationale ou plus exactement le premier gouvernement de la cohabitation entre les différents partis politiques qui composent  la Constituante. Ce sera là, à notre humble avis, le second test de la démocratie tunisienne.

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L’agence de notation Fitch le sait qui souligne que «l’élection et la formation d’un large consensus à propos de la nouvelle constitution sont des facteurs importants pour la révision de la notation de la Tunisie » et Fitch Rating n’était pas la seule à abaisser la note souveraine de la Tunisie. Standard & Poors et Moodys sont dans ce cas et n’en penseraient pas moins.

Tout le monde sait cependant que la vraie et seule réussite de cette Révolution tunisienne sera la remise sur pied de l’économie tunisienne et la remontée de sa croissance, seul levier possible pour créer de l’emploi et réduire le chômage.
«La croissance économique nationale a subi un violent coup d’arrêt au premier trimestre, à -3,3% en glissement annuel, après s’être établie sur un rythme de croisière à 3% l’an durant les quatre trimestres de 2010. Le freinage de l’économie nationale a touché tout le système productif non agricole avec une contraction de l’activité aussi bien dans les branches industrielles que dans les services. Le secteur minier et extractif aura été le plus touché avec des conséquences sur les branches chimiques et de raffinage en aval, tandis que parmi les services, l’hôtellerie et restauration ainsi que le transport auront subi les plus forts replis », indique une dernière note de l’Observatoire de la conjoncture économique (OCE).

«Le climat conjoncturel s’est relativement éclairci», dit encore cette note, confirmée par l’annonce d’un redressement de 1,5 % de la croissance au cours du troisième trimestre 2011. L’OCE précise cependant que «l’économie nationale devra croître à un rythme moyen de 3,3% par trimestre durant la seconde moitié de l’année afin d’éviter une récession qui serait la première depuis 1986».

Une question se pose donc. Qui, parmi tous les partis en place en Tunisie, a la recette miracle pour redresser la croissance et toute l’économie de la nouvelle Tunisie ?

Premier élément de réponse. Peu, très peu de partis présents à la Constituante ont présenté de véritables programmes économiques. Pour ceux qui l’ont fait, «aucun d’entre eux n’est chiffré à ce stade. Or il est facile d’annoncer des réformes si l’on n’est pas obligé d’expliquer en même temps comment on compte les financer et quel impact concret elles auront sur la richesse nationale à court et à moyen terme», affirmait à juste titre, vendredi, l’économiste Elyes Jouini dans une interview à l’agence TAP.

Jusqu’à présent, en effet, ce sont des promesses, rien que des promesses, parfois aussi farfelues que ceux qui les ont annoncées aux électeurs, comme une croissance de 7 %, le pain à 100 millimes, le revenu de 10 mille DT par habitant, les 500 mille postes d’emploi ou encore les 5000 DT à ceux qui se marient. «Les Tunisiens ne sont pas naïfs au point de croire que le problème du chômage peut être résolu en un claquement de doigts », ajoutait l’économiste qui développera par la suite l’importance de la fiscalité. Même si on reste de simples néophytes en la matière, nous pensons que la fiscalité est un élément clé de toute politique économique.

Aucun parti ne s’est pour l’instant prononcé sur la question de l’accord de partenariat avec l’Union européenne, une région qui reçoit  80 % des exportations tunisiennes. Rares sont les  partis en place qui se sont prononcés sur le modèle économique à suivre par la nouvelle Tunisie. Aucun n’a osé se prononcer sur la question des confiscations et de l’avenir des entreprises confisquées. Très peu ont osé parler de réconciliation nationale, pourtant élément essentiel pour tranquilliser toutes les parties de la scène économique et permettre à la nouvelle Tunisie d’ouvrir une nouvelle page de son histoire.  Restera aussi à ce que ceux qui tiendront le pouvoir et ceux à qui ils délègueront ce pouvoir, notamment le gouvernement qui sera mis en place, qu’ils soient en face d’une politique économique claire et aux actions précises, mais aussi et surtout qu’ils soient nantis des pouvoirs nécessaires pour agir et faire redémarrer la machine économique tunisienne. Des décisions économiques, stratégiques, doivent être rapidement prises par la nouvelle Constituante et appliquées, comme un remède urgent, par le nouveau gouvernement qu’elle nommera pour l’économie tunisienne. L’indécision d’une nouvelle transition sera trop chère à payer.

Khaled Boumiza

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