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Tunisie : Et si ce n’était qu’une seule année pour que la Tunisie ne soit plus Nahdhaouie ?!

Les électeurs tunisiens ont voté à 41,7 % pour le parti islamiste d’Ennahdha qui prend ainsi sa revanche sur un régime, celui de Ben Ali, qui l’avait éparpillée entre l’étranger et les prisons. De l’aveu même de ses dirigeants lors de leur dernière conférence de presse, Ennahdha ne représente cependant que 1,5 millions des 7,5 millions d’électeurs et des 11 millions d’habitants. Et si l’on croit de précédentes déclarations d’Ennahdha lorsqu’on lui posait la question sur ses finances, s’attribuant 1 million d’adhérents. Loin de vouloir remettre en cause les résultats des élections de la Constituante, mais par simple déduction mathématique et par extrapolation, on en retient donc que seuls 45 % de ceux qui sont en âge de voter l’ont fait, que la majorité d’Ennahdha est très relative surtout si on la comparait aux 11 millions des Tunisiens et enfin, que ce parti islamiste n’a, en fait,  convaincu que 500 mille votants dans toute la République et que plus de 30 % des votants ne seront pas représentés dans la Constituante.
Quelque part, cela contribue à relativiser la «claque» reçue par toute la société tunisienne et redonne l’espoir d’un pouvoir laïc en Tunisie et de forces politiques, plus équilibrées et réellement représentatives de la population. La marge pour «mieux faire», pour la population tunisienne et ses  partis politiques après remise en question et en cause, existe donc encore.

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Petit à petit, avec de petites phrases égrenées au fil des déclarations des différents membres du parti Ennahdha, se profilent quelques traits de ce que sera la Tunisie de l’après Ben Ali. On retiendra ce «Nous avons signé et nous allons honorer notre signature» de Rached Ghannouchi lors de sa conférence de presse de vendredi, à propos de la durée d’une année du mandat de la Constituante. On retiendra aussi ce «Pourquoi pas» de Hammadi Jbali, mercredi 26 octobre 2011 sur la TV nationale, à propos du référendum pour la Constitution.

On pourrait ainsi comprendre que le parti de la nouvelle majorité a enfin décidé de ne pas s’arrêter à l’entêtement du CPR de Moncef Marzouki, à inscrire la nouvelle Constituante dans la durée, lorsqu’il revendiquait «trois années au moins». On comprendra aussi qu’Ennahdha accepte enfin le principe de soumettre son projet de Constituante au vote populaire du référendum, ce texte étant un texte constitutif et non de simple gestion et qui devra gérer la vie politique tunisienne pour des décennies.

Tout ceci dit, si nous avons ainsi bien compris, la nouvelle période de transition [même avec les travers dans lesquels semble tomber, volontairement ou non Ennahdha], ces élections ne seraient pas une si mauvaise chose.

Les élections du 23 octobre 2011 pourraient ainsi ne représenter qu’un entraînement, une répétition grandeur nature, pour celles qui détermineront vraiment le nouveau régime que voudra le Tunisien, le nouveau parlement que voudra, réellement, le Tunisien dans sa diversité et le nouveau président de sa République. Dans une année ainsi, les Tunisiens seront à nouveau appelés à voter et à choisir leurs représentants dans le Parlement et peut-être aussi à élire ses élus locaux, en dehors de la confusion entre Constituante et pouvoir, mais sur la base de programmes réels.

Deux hics cependant. D’abord, cette question du référendum qui n’a pas été définitivement réglée. Le Président de la haute instance de la révolution, Iyadh Ben Achour, n’était pas, samedi sur Hannibal TV, d’accord sur le référendum, oubliant que les élections du 23 octobre avaient trompé l’électeur sur sa finalité qui n’était QUE la constituante, mais sur des programmes politiques et économiques de gouvernement. Ennahdha a dit son mot sur SA constitution et sa vision n’est que celle de 45 % des votants et encore moins de la population. Ensuite, le souvenir qu’Ennahdha n’a jamais été d’accord sur le «Pacte républicain» que lui proposait, il y a quelques mois, la Haute instance de protection des objectifs de la révolution. Cela jette encore un voile de soupçon sur ses réels objectifs et ainsi sur les réelles perspectives qu’elle voudrait dessiner pour la Tunisie dont elle a pris le pouvoir par une courte majorité.

K. Boumiza

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