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mercredi 21 octobre 2020
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Tunisie-Gaz de Schiste : Un moratoire et une plainte contre le ministère de l’Industrie

Plusieurs dizaines d’écologistes et d’experts ont manifesté, ce mercredi 7 novembre 2012, devant le ministère de l’Industrie pour protester contre les déclarations du ministre de l’Industrie au journal « Al Maghreb » en date du 2 novembre 2012, faisant état d’ un accord définitif accordé à la société Shell, et ce en dépit du danger que représente cette technique d’exploration et son impact écologique grave sur la santé des Tunisiens. En effet, lors de cette manifestation organisée à l’initiative de l’association « AgricoForest », les protestataires ont appelé à porter plainte auprès du tribunal administratif contre le ministre de l’Industrie pour manque de transparence concernant l’utilisation de cette technique de gaz de schiste. Ils ont scandé plusieurs slogans tels que « Shell dégage », « Non au business gaz », « inutile d’inschister on ne veut pas une gazastrophe », « Ni gaz de schiste ni nucléaire » ou encore « On veut un environnement sain et humain ». Plus précisément, Achref Gharbi, membre de l’association « AgricoForest » a insisté sur le fait que le ministère de l’Industrie n’a pas pris en considération les effets nocifs de cette technique d’exploitation qui va, selon lui, à l’encontre de l’avis du ministre de l’Environnement.

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C’est dans ce cadre qu’Achref Gharbi a appelé à auditionner le ministère de l’Industrie et de l’environnement à l’Assemblée nationale constituante. Il a également appelé à mettre en place une commission formée d’experts tunisiens indépendants, d’experts de l’Environnement, de membres de l’ANC ainsi que de responsables des ministères concernés. Achref Gharbi a insisté, en outre, sur la nécessité de fixer à faire un moratoire à ce sujet et de suspendre par conséquent la licence accordée à Shell quel que soit le mode d’exploration ou d’exploitation.

La responsable à « AgricoForest » a aussi appelé au boycottage des produits Shell afin d’accentuer la pression sur le ministère de l’Industrie pour qu’il abandonne cette technique d’exploration. Un appel a été aussi lancé à l’ANC pour accélérer la promulgation des lois visant la protection de l’environnement et de la santé des Tunisiens.

Nadia Chaabene, membre de l’ANC, a indiqué, quant à elle, qu’il s’agit de pratiques extrêmement scandaleuses et un gouvernement qui défie tout le monde et fait ce qu’il veut tout en reproduisant les mêmes types de pratiques qu’on a vues auparavant, consistant à engager et hypothéquer l’avenir du pays sans aucune concertation ou enquête , alors que les demandes se multiplient, depuis des mois, pour la mise en place d’une commission d’experts et de représentants de la société civile pour engager un débat sur cette question. « Il ne s’agit pas aujourd’hui de dire si je suis pour ou contre, mais plutôt de savoir quels risques on court, quels sont les coûts et les répercussions économiques, en l’absence d’un cadre juridique qui détermine ou qui régisse le secteur des carburants non conventionnels », a-t-elle appelé.

Chaabene a fait savoir aussi que ce n’est pas le gaz qui est remis en cause mais la technique utilisée qui nécessite des quantités énormes d’eau et de produits chimiques.

Selon elle, le gouvernement provisoire est là pour seulement gérer les affaires et conduire le pays jusqu’à la rédaction de la Constituante et l’organisation des futures élections et non pas pour prendre des décisions qui engagent le pays. « Il faut comprendre qu’aujourd’hui, il faut prendre conscience que le gouvernement n’a pas la légitimité pour pouvoir prendre des décisions d’une manière unilatérale et sans concertation. Depuis le 14 janvier, on a rompu avec ce genre de pratiques qui sont extrêmement graves pour le processus démocratique », a-t-elle estimé.

Dhikra Menssi, trésorerie à Agricoforest a également insisté sur le danger de l’exploitation du gaz du schiste sur la santé humaine, animale ainsi que sur la fertilité des terres. Des quantités colossales d’eau seront perdues. « C’est une technique qui utilise plus de 10 mille produits chimiques », a-t-elle indiqué.

Elle a fait savoir qu’il s’agit d’enjeux économiques. « Il ya beaucoup d’argent qui va rentrer grâce à cette technique d’exploitation. Qui va en profiter ? C’est un point d’interrogation », a-t-elle souligné en indiquant que les Tunisiens n’ont pas besoin de cet argent au détriment de leur santé. « Quelle est la priorité ? Est-ce qu’on doit utiliser de l’énergie saine ou se jeter dans les bras de Shell et ses filiales ? On demande un moratoire et l’audition des ministres de l’Industrie, de la Santé et de l’Environnement. Ces derniers qui devraient rendre compte de ce qu’ils font», a-t-elle ajouté.

Chokri Yaich, membre de l’ANC a indiqué aussi à Africanmanager qu’il n’existe pas un cadre juridique et des textes de lois autorisant le gouvernement à accorder des permis d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, obligation qui n’a pas été respectée par le gouvernement. « Il faut avoir un texte de loi clair avec toutes les conditions et toutes les contraintes et les procédures suivies par tous les opérateurs et évoquer les problèmes que ce soit en profondeur ou en surface », a-t-il expliqué.

Sofiane Reguigui, président de l’Association Tunisienne de la transparence a ajouté, de son côté, que le risque énorme est que le gouvernement n’a rien fait pour rassurer la population concernant les mesures qui ont été prises outre le manque de transparence. « On ne comprend pas comment le gouvernement peut s’aventurer sur ce sujet qui fait suscite des polémiques dans le monde même au Canada et aux Etats-Unis qui disposent pourtant d’un cadre juridique, d’institutions de contrôle et d’un ministère d’Environnement très fort et des gens très compétents.

Par contre, en Tunisie, le cadre juridique actuel ne permet pas l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels. « On aurait aimé que le ministère de l’Industrie prenne l’initiative de débattre avec la société civile et les experts. Malheureusement, le gouvernement est en train de prendre des décisions stratégiques, unilatérales et sans transparence ».

Khadija Taboubi

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