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Tunisie : L’habit fait le moine et le Trabelsi fait toujours le voleur, sans enquête ni procès !

Deux informations, touchant indirectement Belhassen Trabelsi, l’homme d’affaires qui ne fait encore l’objet d’aucune action en justice en l’absence de communications officielles à ce propos dans le hall central du Premier ministère, et un commentaire.

Première information :

Depuis quelques jours, un bus fabriqué par une ancienne société de Belhassen Trabelsi, fait encore polémique. Ledit bus, articulé, de la marque allemande MAN, fait partie d’un lot vendu à la société de transport tunisienne, sur cahier des charges et qui ne devaient circuler, selon ce même cahier des charges, que sur les voies urbaines et jamais utilisés pour le transport interurbain.

Tout de suite et sans qu’aucune enquête technique ait définitivement déterminé les responsabilités de chaque partie (chauffeur, société de transport par la maintenance, MAN ou Alpha Bus Tunisie), le ministère tunisien du Transport avait annoncé, dès mercredi, son intention d’entamer les procédures judiciaires en vue de porter plainte contre « Alpha Bus », fournisseur de 300 bus de type « MAN » qui «ont été à l’origine de la multiplication d’accidents dans le transport public en commun, dans le Grand Tunis et les autres gouvernorats du pays».

Dans les rapports de presse sur l’accident, presque tous mettaient l’accent sur le fait qu’Alpha était une société de Belhassen Trabelsi, prélude certainement à un autre dossier contre un groupe qui n’apparait toujours pas sur nul agenda du cabinet d’instruction.

Suite à cette déclaration du porte-parole du ministère du Transport, Alpha Bus Tunisie publie un communiqué où elle répond au ministère du qui semble ainsi avoir trop vite «vendu la peau de l’ours avant de l’avoir abattu, dans cette affaire de l’accident du bus et lui rappelle quatre vérités. Alpha Bus, désormais société confisquée par l’Etat tunisien, rappelle ainsi au ministère du Transport que «nul n’a le droit d’émettre un jugement sans avoir à l’appui des informations avérées. Le ministère du Transport a imputé la responsabilité de cet accident au fabricant de bus alors qu’il n’y a aucun résultat d’enquête officielle prouvant ces incriminations, il est à noter que des témoins oculaires ont affirmé que la route était mouillée, ce qui a causé la perte de contrôle du véhicule et a provoqué l’accident du dérapage du bus ».

L’entreprise nous confirme, par ailleurs, l’état délabré des pneus du bus en question et qui constituent à eux seuls un danger pour un bus articulé utilisé en transport interurbain. Alpha Bus précise aussi que «il n’y a rien qui prouve que les accidents antérieurs avaient la même cause que ce dernier » et que «jusqu’à maintenant, aucun rapport ni jugement n’a été prononcé pour condamner notre société et lui imputer la responsabilité ».

Les spécifications des bus acquis par les sociétés de transport depuis 2001 sont strictement conformes aux cahiers des charges établis par le ministère du Transport et certifiées par des spécialistes à l’échelle nationale et internationale. D’autant plus que plusieurs sociétés de transport locales et internationales utilisent les même bus, sans que soit signalée la présence de ces incidents.

Deuxième information :

Ancien fournisseur, exclusif par contrat signé par les deux parties, de l’ancienne TV7, la société de production audiovisuelle Cactus de Sami Fehri et anciennement de Belhassen Trabelsi, fait depuis la révolution, l’objet d’un va-et-vient judiciaire. Tantôt fermée, tantôt ouverte, tantôt ses comptes gelés et tantôt décongelés pour être aussitôt remis en gel, tantôt «autorisée» [celui qui ne dit rien ne consent-il pas ?!] à diffuser des programmes TV via une société étrangère et bientôt mise en demeure, par un nouveau procès en référé, de fermer ses portes. Le dernier procès en date est fomenté par le service du contentieux de l’Etat, accusant la chaîne TV «Attounissya», de diffusion d’émissions politiques perturbant la bonne marche des élections et diffusant de la publicité politique.

Commentaire :

Comme indiqué plus haut, ces deux informations n’ont de commun que le Trabelsi, Belhassen, qui y était actionnaire et qui ne l’est plus maintenant du fait de la confiscation. Les deux entreprises ont des concurrents dans les deux secteurs, de l’automobile et de l’audiovisuel. Les deux entreprises font déjà courir les «vautours » de la reprise. Les deux entreprises font couler la salive de plus d’un éventuel repreneur parmi ceux qui étaient terrés avant le 14 janvier 2011 et qui cherchent revanche.

«Attounissya » est pourtant une chaîne étrangère où le producteur d’émissions est à 51 % propriété de l’Etat tunisien. Les accusations qui lui sont portées n’en sont pas moins vraies et valables pour le reste des chaînes TV de la place. A lire, ce dimanche, les déclarations de Sami Ben Slama, membre de l’ISIE, chargé de l’information, sur les colonnes d’Assabah, la haute instance des élections n’est pas dérangée outre mesure par ce que diffuse Attounissya et ne s’en est pas plainte. Elle ne le pourrait d’ailleurs pas, car il lui faudrait faire la même chose pour Nessma et pour Hannibal. Force est donc de se poser la question, s’il n’y a pas quelque chose d’autre derrière ce procès et s’il n’y a pas une occulte volonté de tuer tout ce qui avait porté l’empreinte de Belhassen Trabelsi, même si cela met en danger les emplois créés dans un pays qui compte déjà 700 mille chômeurs au moins.

A voir l’absence de toute réaction solidaire des défenseurs des libertés et de la presse et des professionnels de leurs deux secteurs, notamment dans celui des médias où la fermeture d’une autre chaîne TV avait déplacé un ancien ministre aujourd’hui candidat à toutes les élections et qui ne s’indigne plus de ce nouveau coup porté à la liberté d’expression, puisse-t-elle venir de l’étranger [et ils savent tous pourquoi], on se demande si le fait d’avoir été créée par Belhassen Trabelsi et sa famille, une entreprise quelle que soit sa spécialité ne devrait pas se donner elle-même la mort pour que le nouvel Etat tunisien de la Révolution, ne lui inflige pas hara-kiri !

Fore est aussi de constater, dans le cas d’Alpha Bus, que le ministère du Transport a trop vite sauté sur l’occasion, celle d’une entreprise ayant appartenu au même Trabelsi, pour les bons points politiques d’un effet d’annonce, sans enquête, ni justice, simplement parce que c’est une entreprise que certains aimeraient mettre à genoux pour la reprendre au moindre coût. Tout le monde et les experts des accidents routiers connaissent le manque de maintenance dans les bus de la Transtu, l’incivisme de ses conducteurs et ont dénoncé cela dans plus d’un rapport.

Le ministre du Transport ne saurait-il tout cela qu’il ne saurait être un bon politicien. A moins qu’il ne veuille simplement éviter une confrontation avec un syndicat qui avait déjà bloqué la circulation à Tunis lorsque l’un de ses adhérents conducteurs a été mis en détention par suite d’un accident mortel !

Si cette tare rédhibitoire, celle d’avoir appartenu à Belhassen Trabelsi, devrait réellement être invoquée, il faudrait alors faire une croix sur Mosaïque FM, sur Karthago Airlines et sur la trentaine d’autres entreprises qui lui ont appartenu !

Haro donc sur une Révolution qui accuse et «tue» [les entreprises, sources d’emplois et de richesses pour toute l’économie], sans procès ni justice. Haro sur des révolutionnaires, entre guillemets, qui essaient d’utiliser une noble cause pour de vils desseins.

Haro enfin sur une autorité qui voit tout cela et laisse faire !

Khaled Boumiza.

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