L’agence de notation Fitch Ratings estime qu’une élection sans accrocs de l’assemblée constituante tunisienne ce week-end et un large accord sur une nouvelle constitution sont des développements importants pour la révision de la perspective négative attribuée à la Tunisie au titre de sa note «BBB-».
La perspective négative est largement basée sur les incertitudes politiques, et les dommages causés à l’économie par les troubles politiques semblent gérables.
Fitch devrait attendre que la nouvelle constituante convienne de la durée de son mandat, désigne un gouvernement intérimaire et un président et commence à réaliser des progrès vers une constitution écrite, avant de reconsidérer la perspectives de notation. Si les progrès tardaient, Fitch devrait attendre que des élections sous la nouvelle constitution lui fournissent une plus grande clarté sur les politiques du nouveau gouvernement.
Les retards de la transition politique et l’élection éventuelle d’un gouvernement avec un mandat solide pouvant l’habiliter à mettre en œuvre de saines politiques économiques et fiscales signifieraient que l’ investissement sera plus lent à se rétablir, menant à une croissance plus faible, un chômage plus élevé, un déficit budgétaire plus important et un climat économique moins favorable à des réformes démocratiques.
L’économie a souffert pendant et aussitôt après le changement de régime, avec une croissance négative du PIB. Le tourisme et l’investissement ont été les plus affectés. Un effet d’entraînement d’une chute de 45% des recettes en devises provenant du tourisme s’est traduit par une baisse des réserves du pays en devises étrangères. L’environnement économique actuel est également susceptible de conduire à une nouvelle augmentation des prêts non performants dans un secteur bancaire déjà tendu.
Cependant, l’économie de la Tunisie commence à montrer des signes de reprise. Le directeur de l’Institut National des Statistiques a annoncé récemment que le PIB réel a augmenté de 1,5% en moyenne annuelle au 3ème trimestre et le secteur des exportations se porte bien. Une stabilisation de la situation en Libye pourrait bénéficier à son voisin étant donné les relations commerciales étroites entre les deux pays.
A l’instar d’autres pays du Moyen-Orient où sont intervenus des changements de régime, la Tunisie devrait bénéficier d’une importante aide financière extérieure. Le Fonds monétaire international estime que la croissance réelle du PIB en Tunisie pourrait atteindre 7% en 2016 si un financement externe d’environ 5 milliards de dollars par an est utilisé à bon escient. Ce serait suffisant pour relever les nombreux défis économiques du pays, y compris le chômage des diplômés du supérieur.








