AccueilLa UNETunisie : La troïka troque ses fauteuils contre l’intérêt national !

Tunisie : La troïka troque ses fauteuils contre l’intérêt national !

Le Chef du gouvernement Hamadi Jebali n’a pas fini de diviser la classe politique avec son initiative de formation d’un gouvernement de compétences nationales composé de technocrates dont les membres ne pourront pas se présenter aux prochaines élections. Plus particulièrement, son initiative n’a pas remporté l’adhésion de la majorité à l’assemblée nationale constituante, notamment les élus de son propre parti, Ennahdha, bien qu’elle ait été saluée par la plupart des Tunisiens, à l’heure où le pays se débat dans d’épineux problèmes sur tous les plans : politique, social, sécuritaire et économique.

En effet, une récente enquête menée par l’agence « Tunisie Sondage » auprès d’un échantillon de 1220 personnes a montré que la majorité des Tunisiens, soit 71% estime que la composition d’un nouveau gouvernement peut faire sortir le pays de la crise tandis que seulement 19% des répondants pensent que le gouvernement de technocrates ne va pas résoudre les problèmes.

Le sondage a montré aussi que la majorité des Tunisiens, soit 52% estiment que le Chef du gouvernement peut piloter convenablement la période à venir et peut bien mener le pays à bon port.

Une initiative qui « rend service à Ennahdha »

Loin des chiffres et des sondages, Kamel Ayadi, expert en matière de stratégie de lutte contre la corruption a indiqué, dans une déclaration à Africanmanager, qu’il soutient avec beaucoup de conviction l’initiative de Hamadi Jebali, comme solution pour sortir de la crise actuelle et former un minimum de consensus et de confiance au sein de la société. « Je crois que l’initiative de Hamadi Jebali met en avant l’intérêt suprême de la nation. Mais à bien l’analyser, cette initiative rend aussi un service énorme au parti d’Ennahdha qui est devenu le cible de virulentes attaques et de vives rancœurs parmi la grande majorité de l’opinion publique nationale et internationale.

Selon lui, Ennahdha a perdu en une année ce que les partis perdent au moins pendant une décennie d’exercice de pouvoir. « Je crois que le parti d’Ennahdha va bondir sur cette occasion comme on s’accroche à une planche de salut pour redorer son blason, desserrer l’étau qui se referme autour de lui et apaiser les rancœurs de la société. Je suis profondément étonné qu’Ennahdha ne le voie pas sous cet angle. Cette absence de lucidité chez Ennahdha me fait réellement peur », a-t-il expliqué.

Ils veulent continuer à être au pouvoir !

Kamel Ayadi a souligné, en outre, que l’initiative de Hamadi Jebali rend aussi un service au processus de transition qui demande plus de sérénité et de consensus.

En ce qui concerne les partis qui rejettent cette initiative, il a précisé que ceux qui fustigent cette initiative le font par calcul politico-politicien ou par intérêt personnel afin de conserver leurs postes.

Au sujet de l’initiative de Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates, Kamel Ayedi a déclaré : « J’espère qu’il résistera ou au moins qu’il ira jusqu’au bout de ce qui est possible. Je pense qu’il est déterminé à le faire puisqu’il a le soutien des personnes sages et des institutions indépendantes de l’Etat ».

Il a ajouté que l’initiative de Jebali sert le pays sans porter préjudice à quiconque, sauf à ceux qui veulent continuer à être au pouvoir pour l’utiliser à des fins soit individuelles soit partisanes.

Mustapha Tlili , membre du Comité directeur de la Ligue Tunisienne de Défense des droits de l’Homme (LTDH), partage le même point de vue que celui de Kamel Ayadi, précisant que l’initiative de Hamadi Jebali est une initiative pour sortir le pays de la crise et calmer la colère du peuple.

Il a précisé que l’opposition, l’UGTT ainsi que la société civile ont vivement salué la décision du Chef du gouvernement et l’ont considérée comme une initiative pour faire sortir la Tunisie de la crise et redonner confiance aux Tunisiens.

Primat de l’intérêt personnel !

Mustapha Tlili n’a pas caché son étonnement quant aux réactions des membres d’Ennahdha qui viennent de refuser la décision de Hamadi Jebali faisant fi des attentes et des espérances des Tunisiens, ce qui laisse entendre, selon lui, que ceux qui sont hostiles à la décision de Hamadi Jebali nourrissent de fortes craintes sur leur intérêt personnel au détriment de celui de la Tunisie.

Il a ajouté que la détente politique reste tributaire des décisions de Hamadi Jebali.

Il ya lieu de signaler, dans ce cadre, que la décision de Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates n’a pas plu uniquement à la société civile mais aussi à l’opposition. Mahmoud Baroudi a appelé à soutenir la formation d’un gouvernement de compétences nationales afin d’arracher le pays à la crise.

Yassine Ibrahim a précisé, de son côté, que son parti, Al Joumhouri soutient le gouvernement de compétences. « Si ce gouvernement est indépendant des partis, et nous permet d’arriver aux prochaines élections, nous allons le soutenir et nous appellerons nos partenaires, les autres partis, à faire de même », a-t-il précisé.

Khadija Taboubi

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