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mardi 29 septembre 2020
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Tunisie : Le gâchis de Yazaki. Un coup dur pour l’image d’un pays où il fait bon investir !

Alors que certains de ses anciens employés font sit-in dans l’enceinte de l’entreprise japonaise demandant son retour et que d’autres l’accusent  d’avoir juste mis à profit cette conjoncture tunisienne pour appliquer un plan déjà préparé de fermeture de l’une de ses usines en Tunisie, Yazaki revient à la charge, par le biais de son avocate en Tunisie, pour donner des éclaircissements sur sa position sur laquelle elle ne semble pas vouloir revenir.

L’entreprise japonaise balaie d’un geste les critiques qui lui sont adressées  «du type que cette fermeture a été improvisée et prise à la hâte car programmée d’avance, et qu’il a été procédé à l’amplification de simples protestations de la part des ouvriers afin d’en faire un alibi pour la fermeture de l’usine, qui était en fait programmée d’avance », et précise que «la décision par la société de fermer cette unité n’a aucunement été une décision improvisée, prise à la légère.
Il s’agit d’une décision prise suite à la certitude de ne plus parvenir à travailler dans des conditions propices à un déroulement normal et continu de l’activité de notre entreprise liée à ses clients par des contraintes drastiques».Le communiqué de l’entreprise, dont copie nous été envoyée par son avocate, indique que «si notre entreprise a déployé tous les efforts et les moyens pour la réalisation de l’objet de l’investissement pour lequel elle a été créée, et a payé un lourd tribut durant la période exceptionnelle par laquelle est passé le pays afin de soutenir la continuité de la vie économique, elle ne l’a fait que dans l’espoir de pouvoir traverser avec succès cette conjoncture difficile qui conduirait à un retour à l’ordre et à la sécurité, afin que l’entreprise retrouve à nouveau des conditions normales de travail. Mais à notre grand regret, cet espoir n’a cessé de s’amenuiser de jour en jour». Le communiqué dresse  ensuite le triste bilan que font chaque jour ceux qui s’inquiètent pour les perspectives de l’investissement étranger en Tunisie, en indiquant à juste titre que «plusieurs mois après la révolution, les routes ont continué à être coupées, les travailleurs empêchés de travailler, les grèves sauvages à être répétitives, ce qui a conduit à une baisse d’implication des travailleurs au sein de l’entreprise. Il ne se passait pas un mois sans un arrêt de la production, ce qui a conduit à une paralysie totale des moyens de production au sein de notre unité industrielle, et ce suite à une grève ouverte décrétée par les travailleurs, à compter du 14 décembre 2011».

Elle ajoute, et c’est nous en sommes sûrs le cas de plus d’une des entreprises étrangères qui avaient fini par baisser les bras et partir, que Yazaki «consciente de la conjoncture exceptionnelle par laquelle est passé le pays, a géré la plupart des revendications des travailleurs avec une grande souplesse, et ce dans le but d’assainir le climat social et d’éviter tout ce qui est de nature à perturber le bon déroulement du travail. C’est pour cette raison qu’elle a pris, en février 2011, la décision d’augmenter les salaires bien au-delà du minimum légal et de la moyenne des salaires servis dans le secteur d’activité de l’entreprise. L’entreprise a aussi pris la décision de prendre en charge une partie de la main d’œuvre, bien que non indispensable, ce qui lui coûte mensuellement environ 200 mille dinars». Et même si Yazaki termine son communiqué en affirmant «sa volonté indéniable, malgré toutes les difficultés, de poursuivre son effort afin de réaliser ses programmes d’investissement dans la région et espère pouvoir bénéficier de conditions propices à la réalisation de ces programmes», il n’en demeure pas moins que ce départ portera un coup dur à l’image de la Tunisie, terre d’investissement.

Cela, d’autant plus que le cas Yazaki n’est pas le seul et que le nombre de ceux qui ont déjà plié bagage pour des cieux, socialement plus cléments et des environnements d’investissements plus fréquentables, dépasse déjà les 120 entreprises. Le nouveau Chef de gouvernement qui indiquait, jeudi, devant la Constituante qu’il n’acceptera plus les grèves sauvages et les sit-in à répétion, devrait tirer les conclusions de cette fermeture et de ses raisons inacceptables qui ont déjà fait le tour du monde et déjà impacté l’image d’une Tunisie où il fait bon investir. Jbali devrait même faire vite pour faire régner l’ordre et la discipline dans le monde du travail, remettre les syndicats au pied et appliquer la loi à ceux qui ne travaillent pas et refusent que les autres travaillent.

N’est-ce pas ceux-là qui sont les contre-révolutionnaires ?Un conseil pour le nouveau chef de gouvernement et la Constituante : Pourquoi pas une loi contre les sit-in  à l’intérieur des usines et outils de production ou des administrations et qui empêchent le bon déroulement du travail des autres et empêchent l’économie de tourner comme en barrant les routes ?La grève et le sit-in, c’est bien. En abuser, ça craint  et la cote d’alerte est désormais atteinte !

K. Boumiza

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