AccueilLa UNETunisie : Le jeu sournois d’une troïka en décomposition !

Tunisie : Le jeu sournois d’une troïka en décomposition !

Jamais, remaniement ministériel aurait fait si mal et causé autant de dégâts à un pays au sortir d’une Révolution qui portait, pourtant, en elle, les ingrédients d’un parcours censé être sans faute. Ce jeu de chaises musicales est devenu, au fil des mois, l’abcès de fixation de tout l’échiquier politique en Tunisie et le sujet de prédilection de l’opinion publique. Troïka et opposition en ont fait leur tasse de thé et le brandon de leurs guerres intestines.

Seulement, à chaque fois que l’on est sur le point d’annoncer le remaniement, il se produit un événement, impondérable ou recherché, qui remet tout en question, et ramène le processus à la case départ, envenimant encore plus la situation politique et fatalement le reste, autrement dit l’économique et le social qui s’en ressentent au premier chef, et si dramatiquement.

En reprenant presqu’à l’identique les épisodes de ce pathétique feuilleton , les partis de la troïka , Ennahdha en tête, ont précipité le pays dans une crise d’autant plus dévastatrice qu’elle frappe de paralysie tout ce qui est censé porté un espoir de relance à la faveur de laquelle, le pays pourrait enfin fixer ses choix et s’investir dans l’œuvre qui le mènerait à bon port. A une enseigne telle que le cours de la transition s’est trouvé en panne, et, dans la foulée, tout ce qui s’y apparente qu’il s’agisse de constitution et les institutions y afférentes, ou des programmes économiques de divers ordres, et surtout le volet social et son expression première le chômage.

C’est à se demander si ces messieurs qui nous gouvernent sont bien conscients des turpitudes qu’ils sont en train de commettre et s’ils réalisent les ravages de l’aveuglement dont ils n’ont de cesse de faire montre. Sans qu’il y ait lieu de s’attarder sur le gâchis en termes de temps et d’énergie auquel a donné lieu l’inanité des manœuvres auxquelles se livrent les partenaires de la coalition au pouvoir, plus précisément Ennahdha et le CPR, il doit relever du salut public qu’un terme soit mis de toute urgence aux querelles de clocher qui empestent la vie politique autant qu’à ces procédés presque puérils dont ils font usage pour imposer des diktats et autres formes de pressions pour obtenir gain de cause et placer les leurs dans des maroquins ministériels.

L’impasse politique dans laquelle se trouve actuellement la Tunis ne fait honneur ni aux uns ni aux autres, tant elle renseigne sur les motivations politiciennes qui les guident et les ambitions électoralistes qui les dévorent, comme s’il s’agissait d’un butin qu’il faut se partager au détriment de l’intérêt national et de l’ordonnance de tout le processus politique, économique et social. Le sort du pays serait-il alors tributaire du bon vouloir de ces ultras d’Ennahdha plus attachés à des convictions politico-religieuses éculées et intransigeantes, qu’à permettre au pays de sortir enfin de l’ornière et engager son take-off. Le dernier conclave de la Choura et les décisions qui en ont émané, outre qu’ils sont passés à côté de la plaque, ont bouché tous les horizons et pulvérisé les chances d’un modus vivendi et même d’un gentleman agreement à même de conduire à une détente si minime doit-elle. Et n’étant nullement en reste, le CPR continue de placer la barre très haut, imposant des conditions impossibles, tirant prétexte du contentieux induit par l’attribution des ministères régaliens, pour damer le pion à son partenaire islamiste et le déposséder des atouts qu’il a en main. Les observateurs ont bien raison d’y voir un jeu sournois et stupide qui ne mènera nulle part sauf à une dérive dont personne ne peut calculer les sinistres conséquences.

Autant dire que l’apocalypse est devant nous, si les uns et les autres s’obstinent à faire prévaloir leurs points de vue et ukases sans se soucier des attentes des Tunisiens et répondre à leurs problèmes par des approches consensuelles où le sens de l’Etat a le dernier mot et d’où sont bannis ces calculs de basse politique dont le dessein premier et dernier est de se bien positionner en prévision des prochaines élections dont, du reste, personne ne sait quand elles auront lieu et sous quelle enseigne elles seront organisées.

Ces incertitudes, jumelées à d’autres et à une situation sociale exécrable constitueront, à ne pas en douter, les ingrédients d’une situation explosive dont les effets rejailliront inéluctablement sur tout le pays, alors que les indicateurs économiques donnent froid au dos, avec un déficit budgétaire abyssal, des exportations qui peinent à bouger, un investissement quasiment en panne et des perspectives de croissance médiocres.

Le tableau se noircit encore plus quand on constate que personne n’est capable de sursaut salutaire, et surtout pas cette assemblée nationale constituante faisant parallèlement office de pouvoir censément législatif qui a, ostensiblement d’autres chats à fouetter et qui s’enlise dans des menées en tous points nocives.

Mohamed Lahmar

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