AccueilLa UNEAgrumiculture: Une saison plus figue que raisin!

Agrumiculture: Une saison plus figue que raisin!

Après une saison faste, l’agrumiculture s’apprête à connaître cette année une baisse de production considérable. Les prévisions parlent en effet d’une maigre récolte  essuyant une baisse de 35% marquée principalement par de longs épisodes de forte chaleur. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales à l’origine de la chute de la production d’agrumes.

Le conseiller du Président de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), Bayram Hamada, a expliqué pour  Africanmanager,  ce qui loge derrière cette contreperformance.

Il est vrai, a-t-il dit,  que l’alternance entre une année abondante et une année plus maigre est un phénomène agronomique assez classique en arboriculture, mais il y a des facteurs qui jouent en sa défaveur et les virus et parasites en font partie.

En effet, les vieux vergers d’agrumes à Nabeul au Cap Bon représentent 75% de la production nationale. Sauf que 30% ne produisent plus  et ceci est dû  au grand âge des  arbres et les maladies qui les ravagent.

Pour les  70% qui produisent, mais qui souffrent tout autant, la cause principale réside dans les fortes chaleurs en mai et juin qui ont été décisives lors de la production des oranges.

Certes, fin mai coïncide avec la cueillette de la fleur d’oranger,  mais à cause du pic de chaleur, cela engendre une chute automatique des fleurs d’orangers, sachant que mai et juin représentent le summum de la production d’oranges.

Il n’en demeure pas moins que le facteur le plus important  tient  sans doute au manque d’eau, selon Bayrem Hamada.  « Que l’on veuille ou pas, le secteur des agrumes contribue au cycle économique dans le pays, avec un chiffre d’affaires de 700 millions de dinars, ainsi qu’une main d’œuvre  estimée à 40 mille personnes ». Mais le manque d’eau n’a certainement pas facilité le processus de production.

De plus, l’accord signé entre le ministère de l’Agriculture, les instances régionales et l’UTAP en 2019 concernant la distribution de l’eau pour les cultures  a fini en eau de boudin. Il était en fait prévu que la région de Nabeul aura  35 millions de m3 d’eau en période de sècheresse et 30 et 32 millions de m3, en temps normal. Cet accord a été appliqué pendant deux ans avant de cesser d’être appliqué cette année.

En outre, une stratégie a été mise en place en 2019 également, pour améliorer le secteur des agrumes, en mettant en avant les divers problèmes ainsi que les solutions. Les frais étudiés s’élèvent à 30 millions de dinars pour 10 ans, une somme raisonnable pour « un secteur aussi important, surtout que le citoyen tunisien consomme énormément d’agrumes lors de la saison hivernale », a – il souligné.

Cap  sur l’exportation

Selon Bayram Hamada, la Tunisie  produit environ 40000 tonnes d’orange maltaise, et en exporte  autour de  12000 tonnes, un pourcentage dérisoire comparé à la production.

Aujourd’hui, ces 12000 tonnes ne représentent pas un problème pour le marché des agrumes en Tunisie dès lors que le Tunisien aime consommer toutes sortes d’agrumes et il n’aura aucun problème à le faire cette année.

Mais « nous ne tenons pas à perdre le marché français, et nous sommes habitués à exporter le double de ces chiffres, mais ce qui ne nous freine, ce sont surtout ces lobbies qui veulent  s’emparer du marché. » Ainsi, il a indiqué que l’idéal serait que tous les agriculteurs se mettent d’accord pour exporter leurs produits eux-mêmes, car ces derniers sont capables de produire davantage d’agrumes, quitte à atteindre la surproduction.

Ils seraient plus avertis de conquérir  de e nouveaux marchés d’exportation, car l’orange maltaise n’est pas destinée à Paris par exemple, mais à Marseille et ses alentours.

Les prix en légère hausse

Les prix sont étudiés, selon le conseiller, selon l’offre et la demande. Et au vu du marché local, la hausse des outils de production, ainsi que les causes ayant engendré sa baisse,  a-t- prévu, il est naturel qu’il y ait une légère hausse de prix au niveau de la vente d’agrumes, surtout que l’agriculteur arrive à peine à joindre les deux bouts.

En outre, il a assuré que «l’on ne peut pas aujourd’hui parler de politique de monopole. Et tout producteur qui veut s’emparer du  marché  ferait montre de déloyauté à l’égard même de son pays ».

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