Quand le sucre vient à manquer, les Tunisiens paniquent…Au début de l’été 2022, le pays était aux prises avec une crise alimentaire qui a secoué bon nombre de ses citoyens comme en témoignent les photos de rayons vides des grandes surfaces, publiés sur la toile, qui donnent la mesure de l’étendue des pénuries. Sucre, boissons gazeuses, jus, yaourts… Des productions suspendues en raison de l’approvisionnement du sucre.
Depuis, le retour à la normale s’est fait sentir, et les rayons des supermarchés ont été approvisionnés pour le plus grand bonheur des consommateurs.
African Manager a contacté le président directeur général de la société tunisienne de sucre (STS), Mohamed Bahri Gabsi, pour évoquer cette pénurie évanescente, et faire cesser le tohu-bohu qui en a découlé.
Un arrêt d’usine programmé
La consommation annuelle en sucre est de 360 000 tonnes par an, dont 160 000 provenant de l’usine de Béja. Les 200 000 restants proviennent essentiellement de l’importation dont une petite quantité produite par l’usine Ben Béchir GINOR dans le gouvernorat de Jendouba.
Pour expliquer l’interruption de la production à l’usine de Béja, Gabsi a évoqué un arrêt programmé, et non un accident. En effet, la société est habituée à arrêter la production de sucre deux fois par an, pour les besoins de travaux de maintenance. Sauf que cette année, l’arrêt a coïncidé avec des vicissitudes liées à un fournisseur dont il a préféré taire le nom, et qui, selon lui, n’a pas honoré ses engagements contractuels.
Quelques problèmes financiers
La STS, comme toute entreprise publique, fait face à quelques problèmes d’ordre financier selon son directeur. Toutefois, « nous essayons de toujours remédier à la situation ; le but est d’assurer la pérennité de l’entreprise ».
Assurer la continuité de la société , c’est également garantir celle de son usine ; une usine datant de 1962 et travaillant sans discontinuer depuis cette date. « Renforcer et moderniser le matériel existant sont les mots d’ordre pour la plus ancienne usine de Béja, et la plus importante également ».
A noter que la Société Tunisienne du Sucre emploie 350 ouvriers d’une manière directe et 300 employés indirects.
La production reprend
En termes d’importation, Gabsi a expliqué qu’une cargaison de 20 000 de sucre a été importée d’Algérie, ainsi que 7000 tonnes d’Inde en cours.
En outre, la production reprendra, demain, mardi 11 octobre 2022, avec une quantité de 650 tonnes de sucre blanc par jour. A noter que la consommation de sucre en Tunisie s’élève à 1000 tonnes par jour, et passe à 1500 tonnes dans les pics.
Il a par ailleurs, affirmé que l’Office tunisien du commerce veille à pourvoir la raffinerie du sucre de Beja en quantités nécessaires de sucre brut.
Le responsable a conclu en rassurant le citoyen tunisien sur la disponibilité du sucre dans les grandes surfaces, et autres commerces s, en paquets de 1 kilo et sacs de 50 kilos.
Il a également souligné que le pays ne rencontrera plus de manque de denrées en sucres pour longtemps.
Il convient de préciser que la Société Tunisienne du Sucre de Béja approvisionnera les marchés tunisiens de 58 mille tonnes d’ici fin décembre 2022 avec une production quotidienne de 650 tonnes/jour.
Pour sa part, le secrétaire général du syndicat de base de la société Zaidane Madani s’est fendu d’une autre assurance non moins significative, à savoir la finalisation par les employés des différentes spécialités des opérations de maintenance et de nettoyage des machines ajoutant que les activités de l’usine se déroulent d’une manière normale ce qui permettra la présence de quantité importante de sucre dans les différents circuits de distribution durant la semaine en cours.








