Face à la sécheresse qui sévit dans le pays, le gouvernement a pris une batterie de mesures, assez drastiques, faut-il le dire, pour atténuer les rigueurs de cette situation, par bien des côtés inédite en Tunisie. Car le mois de mars a été marqué par une rareté des précipitations dans toutes les régions.
Le ministère de l’Agriculture a ainsi, ces derniers jours, décidé une coupure d’eau généralisée dans tout le pays, à travers un système de quotas, notamment durant la nuit à partir de 21h à 4h du matin.
Ila expliqué que sa décision intervient à cause des années de sécheresse qui se sont succédé et à la baisse des apports en eau dans les barrages, ce qui a impacté les réserves en eaux qui ont enregistré un niveau jamais atteint et se répercute négativement sur la nappe d’eau profonde.
Outre la coupure d’eau, il est interdit, entre autres, de laver sa voiture car la priorité est à la rationalisation. De ce fait, les stations de lavage se retrouvent menacées de fermeture. Cette décision est accompagnée d’une série de mesures, mais aussi de plusieurs sanctions envers les contrevenants allant jusqu’aux peines privatives de liberté conformément aux dispositions du Code des Eaux, soulèbe des interrogations quant à son application sur terrain.
Le vice-président de la Chambre nationale des gérants et propriétaires de stations-service, Ali Ben Yahia, s’est dit stupéfait, et a mis en garde contre les répercussions négatives de la décision prise par le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques concernant l’interdiction de l’utilisation de l’eau potable pour le lavage des voitures.
10 000 emplois menacés
Il a déclaré à African Manager, que cette décision entraînera une augmentation du taux de chômage parmi les 10 000 travailleurs dans ce secteur. « Nous sommes avant tout des citoyens, nous avons des principes et respectons les décisions du gouvernement, mais il faudrait que ce dernier sache que le secteur se retrouvera ainsi ébranlé ».
En effet, selon le responsable, les stations-service enregistrent un bénéfice brut de 3%. Autrement dit, pour compenser, ils ont recours aux dérivés, tels que la vente d’huiles et d’accessoires pour voiture, ainsi que les fameux lavages qui assurent le maintien du secteur.
« Etant donné que l’été 2023 s’annonce difficile, nous nous retrouvons dans une position délicate car nos bénéfices sont générés surtout durant la période estivale », a-t-il avancé.
A cet effet, Ben Yahia a indiqué qu’une réunion est prévue entre les propriétaires de stations-service dans les jours qui viennent, et qu’une autre aurait lieu avec le président de l’Utica, Samir Majoul.
Il a, par ailleurs, appelé le gouvernement à intervenir et à trouver des solutions plus efficaces pour préserver ses ressources hydriques, car selon ses dires, la Tunisie souffre de sécheresse depuis quatre ans, et le gouvernement n’est pas intervenu pour prévenir ce que nous vivons actuellement. « Il n’y a que des autorités de haut niveau qui puissent arrêter l’hémorragie », a-t-il affirmé.
Solutions urgentes
Au rayon des solutions, certains experts proposent au préalable une appréhension philosophique de l’élément eau.
Il faut sécuriser en priorité l’eau car c’est une ressource nationale. L’eau est quelque chose de rare et de précieux. Il faut la protéger et en contrôler l’accès et l’usage.
En urgence, les experts insistent sur l’enjeu de travailler sur la recharge des nappes souterraines. Ils considèrent que le plus grand réservoir d’eau est le sol qui permet de retenir l’eau pour la production pluviale.
Concernant les forages anarchiques, ils suggèrent d’appliquer la loi et de fermer les forages illicites, et préconisent, également, la suppression des cultures grandes consommatrices d’eau (tomates, fraises…), et surtout la responsabilisation des consommateurs en augmentant la tarification et en rationalisant la consommation.









Le vice-président de la Chambre nationale des gérants et propriétaires de stations-service, Ali Ben Yahia, n’a rien compris du déficit d’eau potable enregistré dû à cette sècheresse depuis quelques années sans que l’Etat assurait une planification raisonnable et une gestion de consommation rationnelle. Pour les stations de services il y a un nouveau concept de lavage par hydrogène plus efficace et sans répercussion sur la mécanique de la voiture qui n’aime pas l’usage de l’eau. Un seule seau d’eau pourrait laver la voiture sans gaspillage. Je n’ai jamais laver ma voiture dans une station de service pour éviter non seulement le gaspillage mais aussi garder en bon état de la mécanique de la voiture Tôlerie, roulement, plaques de freinage, moteur,…
La décision de l’Etat est une décision judicieuse et si on veut il n’y aura pas de répercussion négative sur l’emploi. Il ne faut pas chercher la solution facile pour gaspiller l’eau.
Il y a une autre solution qui consiste à la récupération de l’eau du lavage des voitures par des techniques de recyclage du bassin et son utilisation à postiori. Il faut être créatif pour préserver cette ressource rare.